La Vaine attente (samedi, 06 mars 2010)

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Attention...Première de couverture trompeuse.

Pas tout à fait.

Ce roman de Nadeem Aslam, Pakistamais vivant en Angleterre, débute dans une maison dont on comprend qu'elle sera le lieu symbolique d'un affrontement entre barbarie et culture.

Chez Marcus Caldwell, vieil Anglais ayant épousé une Afghane, belle et intelligente, les livres sont cloués dans le plafond pour échapper aux talibans. Les murs qui avaient été superbement décorés de fresques délicates, ont été volontairement maculées de boue pour la même raison.

Tout le livre parle d'horreur et de violence.

L'histoire ? C'est la recherche des morts et des disparus, qui tous passent par cette maison.

Lara, une Russe, est à la recherche des traces de son frère  venu faire la guerre dans les années 80 mais qui avait déserté. La révélation de sa mort sera terrible.

Sa route croise celle de Marcus car le soldat russe avait fait un enfant à Zameen, fille de Marcus, disparue elle aussi.

Marcus, vieil homme seul : sa femme est morte, tuée par l'islamisme radical. De sa fille, il ignore les causes et le lieu de sa disparition mais cherche l' enfant qu'elle a eu devenu jeune homme.

David, l'ancien de la CIA le cherche aussi car il a aimé sa mère...

Casa, un jeune homme endoctriné dès l'enfance cherche à accomplir ce que Allah veut de lui et c'est épouvantable.

Le puzzle se renconstitue au fil des pages, construisant sous nos yeux la violence monstrueuse d'un pays qui semble n'avoir jamais rien connu d'autre. Horreur bestiale, insupportable, inhumaine mais sans aucune description voyeuriste, juste posée par petites touches, par suggestions  qui font frémir... Les soldats russes violent les femmes et torturent les hommes mais, à leur tour pris dans l'engrenage, se font massacrer de façon barbare ou désertent sans aucune chance de survivre. Les Américains soutiennent les pires monstruosités commises  par les combattants afghans, futurs talibans, sur les civils, par anticommunisme. Ils vont même jusqu'à les aider à répandre l'Islam radical en distribuant des Corans. Les talibans envoient au martyr des enfants endoctrinés dès leur plus jeune âge, arrachés ou achetés à leurs parents.

Aucune place pour l'innocence dans ce roman.

On ne sait même pas si Marcus retrouvera son petit-fils...

Aucune trace de rédemption, sauf peut-être à la fin, où la tête d'un bouddha protégée par Marcus retrouve sa place au musée de Kaboul...

Seule la nature toujours présente et magnifiquement observée par Nadeem Aslam permet de respirer et apporte de la paix dans l'inhumanité : des oiseaux qui gazouillent sans se lasser, un lac aux eaux calmes qui se teintent du sang humain comme pour l'effacer, des aubes douces et tendres ...

Peut-être pour nous rappeler que l'Afghanistan est un des plus beaux pays du monde.

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