Vandalisme à Lyon sur une oeuvre d'art (mercredi, 20 avril 2011)

Une colonne de casseroles de 7 mètres de haut, réalisée par l'artiste camerounais Pascale Marthine Tayou, a été vandalisée mardi soir dans l'église Saint-Bonaventure...

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L'artiste :

Pascale Marthine Tayou est un artiste camerounais vivant en Belgique. L'exposition que lui consacre le Musée d'Art Contemporain de Lyon est en partie hors les murs. Les oeuvres de l'artiste sont ainsi exposées dans différents endroits de Lyon qui ne sont pas particulièrement destinés à recevoir des oeuvres d'art.

Le lieu :

Une des oeuvres de Pascale Marthine Tayou est accueillie à l'église Saint-Bonaventure, au coeur de la presqu'île, au centre de Lyon. C'est un sanctuaire et non une église paroissiale. C'est un lieu d'accueil où des prêtres assurent des permanences pour des confessions ou des entretiens.

Mais c'est aussi un lieu qui propose de nombreuses activités culturelles, musique, accueil d'expositions. L'église est actuellement animée par une communauté d'oratoriens.

L'oeuvre :

Jouant sur les mots, l'oeuvre qui était exposée jusqu'à ce qu'elle soit démolie par un illuminé, s'appelle " La colonne Pascale". C'est une pile de casseroles de 7 mètres de haut située en face de l'entrée.

 Le recteur de Saint-Bonaventure, Luc Forestier a écrit un très beau texte à son sujet...

Extraits :

"Même si son titre joue volontairement sur une ambivalence, il y a un rapprochement possible entre le prénom de l'artiste et le sommet de la vie chrétienne qu'est la fête de Pâques...Car l'une des interprétations possibles de la colonne pourra noter au moins deux éléments de convergence entre l'oeuvre installée et ce qui nous rassemble autour de la mort et de la résurrection de Jésus-Christ.

D'une part, le rappel d'une forte verticalité est particulièrement pertinent dans un bâtiment qui, au fur et à mesure des ajouts, est très large. La colonne pascale montre bien la juste posture chrétienne, qui est d'être debout-et non écrasé par son péché ou les forces de l'histoire- face à Dieu et face aux autres. (...)

D'autre part, le deuxième élément, plus intime encore, entre la "colonne Pascale" et ce que l' Église célèbre à Pâques tient au matériau choisi pour constituer la colonne. Il n'y a pas qu'un renvoi qui pourrait sembler exotique à la culture africaine, dont il est quand  même temps de prendre conscience de son importance pour notre pays, mais il y a surtout l'usage d'éléments du quotidien que l'accumulation conduit à transcender. Ces casseroles-il faut bien choisir le mot le plus banal pour honorer la démarche- ces casseroles empilées renvoient aux incertitudes actuelles sur la capacité des humains, et non de la Terre, à suffire à leur subsistance, tout en désignant le lieu même où s'actualise pour nous le relèvement de l'humanité. Car la source et le sommet de notre rassemblement se trouve dans un repas ritualisé, qui renvoie au dernier repas de Celui qui a librement engagé son existence dans le don de lui-même. Et la taille même des ustensiles choisis conduit à penser à un repas qui dépasse toujours le petit groupe, mais qui annonce le festin ultime de l'humanité tout en exigeant de nous un partage qui est toujours le signe de la maturité humaine."

(...)

Luc Forestier, prêtre de l'Oratoire, recteur de Saint-Bonaventure

 

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Pascale Marthine Tayou



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