Ville éternelle (jeudi, 11 juin 2009)

On ne raconte pas Rome, d'autant que j'y suis restée si peu de temps.

Très étonnée de prime abord car je m'attendais à découvrir une grande ville trépidante comme Milan que je connais bien. Étonnée donc par cette  grande ville aux allures provinciales, un peu comme Lyon, ayant assez peu le visage d'une capitale.

J'ai été séduite plus que tout par la ville antique, avec  l'impression de retrouver mes versions latines sur lesquelles j'ai pourtant sué péniblement. Le S.P.Q.R    (Senatus Populus Que Romano) m'a presque tiré des larmes... et pourtant j'en ai visité des ruines romaines, dans des pays très différents, mais ici on est au coeur même de notre identité. J'ai été  également très sensible au charme romantique des ruines et là, c'est Chateaubriand que j'ai retrouvé.

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"Rien n'est comparable pour la beauté aux lignes de l'horizon romain, à la douce inclinaison des plans, aux contours suaves et fuyants des montagnes qui le terminent. Souvent les vallées dans la campagne prennent la forme d'une arène, d'un cirque, d'un hippodrome ; les coteaux sont taillés en terrasses, comme si la main puissante des Romains avait remué toute cette terre. Une vapeur particulière, répandue dans les lointains, arrondit les objets et dissimule ce qu'ils pourraient avoir de dur ou de heurté dans leurs formes. Les ombres ne sont jamais lourdes et noires ; il n'y a pas de masses si obscures de rochers et de feuillages, dans lesquelles il ne s'insinue toujours un peu de lumière. Une teinte singulièrernent harmonieuse marie la terre, le ciel et les
eaux : toutes les surfaces, au moyen d'une 
gradation insensible de couleurs, s'unissent par leurs extrémités, sans qu'on puisse déterminer le point où une nuance finit et où l'autre commence. Vous avez sans doute admiré dans les paysages de Claude Lorrain cette lumière qui semble idéale et plus belle que nature ? Eh bien, c'est la lumière de Rome !"

Lettre sur la campagne romaine

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"tout porte à Rome l'empreinte de la durée : j'ai vu la carte de la ville éternelle tracée sur des rochers de marbre du Capitole, afin que son image même ne pût s'effacer."

Les Martyrs

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Rome de la Dolce Vita soluble dans la Ville éternelle ? Certainement pas, complice plutôt.

 

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Mais comment font-elles, les belles romaines, pour déambuler ainsi chaussées sur les pavés ? à les croiser, on se sent mal à l'aise dans ses baskets de touristes. Nous nous sommes d'ailleurs promis, avec d'autres compagnes de voyage, de revenir entre femmes juste pour faire les élégantes.

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Mais il est vrai que parfois l'accident est inévitable et que la malheureuse chaussure se retrouve blessée et abandonnée au voyeurisme d'une touriste étrangère qui se dit : "il y a une justice."
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Bien sûr, vous devez penser que j'ai vu la ville par le petit bout de la lorgnette et vous préféreriez que je vous raconte mon extase à la chapelle Sixtine : mais extase il n'y pas eu, juste le souci de ne pas m'évanouir dans la foule : la contemplation du plafond de Michel-Ange en a été perturbée.

J'ai aimé aussi la villa Médicis, cette France au coeur de Rome avec bien sûr un brin d'envie sous les fenêtres de Frédéric Mitterrand et des 26 pensionnaires privilégiés qui occupent les lieux.

 

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Ravie aussi de découvrir que l'acanthe n'était pas qu'un motif décoratif des chapiteaux de temples grecs mais aussi une très belle fleur. Sauvage qui plus est. Oui, vraiment le petit bout de la lorgnette.

 

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