mardi, 07 mai 2013
Le silence à Cîteaux
Lu récemment ce passage du récit "Ponce Pilate" de Roger Caillois.
"La récompense est rarement à la hauteur des sacrifices consentis. De la sorte, ceux-ci conservent leur valeur mais aussi leur rareté. Chacun se décourage, adopte peu à peu une conduite plus prudente, plus égoïste. Il laisse se détériorer en lui une intransigeance qu'il ne recouvrera jamais plus. Il continue d'en ressentir le besoin. Beaucoup cherchent alors dans l'art ou dans quelque raffinement extérieur, des substituts destinés à leur donner le change. Ils espèrent y trouver l'équivalent de la pureté et ou de la perfection, de l'absolu qui les avaient d'abord séduits dans un domaine plus secret et plus exigeant. Ils s'imaginent poursuivre désormais un idéal parallèle dans un univers étanche, exempts de sursauts, de périls, de confusions, où il n'est plus nécessaire de se désavouer ni de payer de sa personne. Un tel repli apparaît d'ordinaire comme le fruit de la sagesse et de l'expérience, mais le coeur n'est pas dupe."
Voilà bien formulé un de mes sujets de préoccupation...
Ce que je prends pour tolérance, sagesse, n'est-t-il pas un repli confortable pour assurer la tranquillité de mes vieux jours ? Faut-il vraiment se battre jusqu'à son dernier
souffle ?
Je vais avoir le temps d'y réfléchir pendant quatre jours à l'Abbaye de Cîteaux. Dans le silence, loin de ce vacarme actuel stérile et pollueur, qui brouille les esprits et les consciences.

Très belle réflexion sur le silence découverte sur le blogue de
14:40 Publié dans D'une génération à l'autre | Lien permanent | Commentaires (8) |
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