vendredi, 04 avril 2008
Les Ados et le rock

J'ai découvert récemment ce jeune groupe de rock, les BB Brunes. Cela m'a fait plaisir de voir que des Ados aimaient encore le rock, la musique rebelle. C'est plutôt la nostalgie des adolescents
que j'ai éprouvée en les écoutant.
Contente que des jeunes aiment encore le rock car beaucoup le considèrent comme une "musique de vieux".
Il paraît que les adolescentes sont en délire à leurs concerts. Il faut reconnaître que le chanteur est vraiment trop mignon. Ils me font craquer et me rappellent ma jeunesse.
Heureusement, tous les jeunes ne se limitent pas à la musique électronique. Ceci dit, je n'en suis pas a acheter leurs albums mais peut-être que ma petite-fille dans quelques années...
"Dis mamie, tu m'apprends à danser le rock ?"
Finalement si je commençais mercredi prochain ?
09:50 Publié dans D'une génération à l'autre | Lien permanent | Commentaires (16) | Envoyer cette note
vendredi, 21 mars 2008
Sommet européen au coin du feu
Retour de Nîmes où j'ai passé trois jours chez une amie.
Magnifique ce TGV qui m'a permis de parcourir en une heure un quart une distance qui nécessite plus de deux heures en voiture, si on respecte la vitesse.
Mistral et soleil, donc un froid que je n'avais pas prévu : je me suis gelée.
Tous vos commentaires à propos des extraits de lettres de mon grand-père montrent à quel point nous sommes sensibles à ces questions de mémoire. Merci l'Europe, c'est pour moi le sentiment qui me domine à l'évocation de ce douloureux passé.
Mon amie, professeur d'Histoire encore en activité, a invité un soir une jeune collègue allemande, enseignant pour une année en France, dans le cadre d'un échange de professeurs.
Conversation passionnante au coin du feu avec cette jeune femme. Malgré son jeune âge, 37 ans, elle nous a dit avoir souffert d'un manque d'identité car, pour elle, l'identité allemande était impossible, trop marquée par un passé honteux et culpabilisant. Elle nous a expliqué qu' on avait pour la première fois sorti les drapeaux allemands sans arrières pensées à l'occasion de la dernière coupe du monde de foot. Quant à mon amie qui se rend régulièrement en Allemagne avec ses élèves, elle est chaque fois sidérée que les lycéens allemands lui demandent si nous, Français, nous leur en voulons encore !
C'est pour moi incroyable que des gens, nés si longtemps après la guerre, aient encore ce genre de préoccupation.
Je pense que nous sous-estimons la souffrance de certains Allemands pour assumer leur passé.
Nos chefs d'Etat successifs ont eu raison de privilégier l'axe franco-allemand et il faut vraiment espérer que cela continue.
15:47 Publié dans D'une génération à l'autre | Lien permanent | Commentaires (16) | Envoyer cette note | Tags : modem, lyon, mai 68, vive la vie
lundi, 17 mars 2008
Hommage à mon grand-père
En ce jour d'hommage au dernier poilu, je pense à mon grand-père, tué au début de la guerre avant la naissance de mon père.
Il était chez les Zouaves, la famille l'appelait Zouzou car il avait fait deux ans de service militaire dans ce régiment à Bizerte.
Quand il est parti en août 1914, il était marié depuis trois mois et avait 23 ans.
J'ai relu ses deux dernières lettres, l'une à ma grand-mère, l'autre à une tante.
Extraits.
28 10 1914
Ma chère Marie
... Ne te fais pas de mauvais sang, jusqu'à présent, je n'ai pas eu froid et il n'a fait que de petites pluies qui du reste ne nous mouillent pas car depuis un mois nous sommes dans des tranchées couvertes, qui nous abritent de la pluie du ciel et de la pluie des obus. Avec ça nous avons des couvre pieds (petites couvertures grises) et nos manteaux et toile de tente que nous utilisons comme couverture. Nous sommes dans des bois et nous nous ennuyons ferme. Comme distraction un obus de temps en temps, une partie de cartes. La nuit, oh! pas toutes, réveil au coup de fusil. On tend l'oreille, le fusil chargé. Si ça vient à droite ou de gauche, rien à faire, ça se rapproche, les balles sifflent au-dessus de nous, feu !! et vas-y, on tue dans un noir d'encre. Cessez-le feu ! On n'entend plus rien, les sentinelles reprennent leur faction et on se recouche.
Voilà la vie.
Le matin, pas tous les jours, il y a les lettres et à ce moment-là je fais des envieux car moi j'en ai toujours grâce à ma chère petite femme que j'aime tous les jours davantage pour son courage à supporter les épreuves de la vie.
Pauvre chérie, quel souci tu as dû avoir jusqu'à maintenant avec la campagne.
(...) Nous pouvons encore être heureux que la guerre ne se passe pas chez nous.
Maintenant que le blé est semé tu seras plus tranquille et le repos t'est nécessaire."
L'autre extrait à une tante a été écrit la veille de sa mort.
6 11 1914
Chère tante,
"Je profite d'un moment où les boches ne nous envoient pas d'obus pour, du fond de mon trou, vous écrire 2 mots. Aujourd'hui, temps splendide, ça donnerait envie de regarder la campagne mais si on lève trop la tête, paf ! une balle, ça rend prudent. De notre côté, dès qu'un casque se montre on ne se prive pas de le percer et...ce qu'il ya dessous, les boches ont beau avoir le crâne épais, quand ils sont bien touchés, ça saute comme un couvercle de gamelle. J'en ai vu 2 ou 3 comme ça, c'était pas beau à voir.
(...) Y-a-t-il déjà des blessés à St-Didier ? J'espère que non. Tous les blés sont-ils semés ? Est-ce que mon mulet prenait des allures bourgeoises à la charrue ?
(...)Et vous comment allez-vous ? Bien, j'espère. Surtout pas de mauvaises idées Chère Tante, vous verrez qu'on reviendra. Voici trois mois qu'on est en campagne, et je pense bien que quand on en aura fait autant ça sera fini. Cette guerre à mon avis ne cessera pas par l'écrasement complet d'une armée mais par la misère et la faim dans la population civile. C'est une guerre d' usure et l'allemagne s'usera avant nous.
Après au retour, vous pouvez croire qu'on aura de la joie de revoir ses foyers. En attendant ce jour béni je vous embrasse affectueusement."
Il a été tué le 7 novembre 1914.
19:08 Publié dans D'une génération à l'autre | Lien permanent | Commentaires (17) | Envoyer cette note | Tags : lyon, vive la vie
mercredi, 12 mars 2008
Il me voit en sorcière
Suite au jeu des tags, Bruno de la Prairie au lucioles s'est vengé.
"Hip Hop
J’ai été tagué par Rosa. Elle m’a eu par surprise. Il faut dire que je ne l’avais pas reconnue, avec son Baggy rose fluo, sa casquette Hip-Hop, ses Nike flambantes neuves et son T-shirt à l’effigie de son rappeur fétiche, GONz’ Hy UeZ Man (que personnellement, je ne connais pas, mes compétences en la matière étant assez rudimentaires).
Donc elle est arrivée avec sa bombe de peinture Bleue, et s’est mise à me barbouiller, comme si j’étais un vieux mur gris défraîchi en bordure de RER. Puis elle a enfourché un balai de sorcière, et s’en est retournée chez elle en volant, secouée d’un rire hystérique, en m’ayant auparavant jeté un sort me condamnant à rester tartiné de peinture jusqu'à la fin de mes jours, à moins que je ne livre à mes lecteurs sept vérités sur moi, connues de moi seul.
J’ai désespérément essayé, à coup de gant de crin et de savon de Marseille de me débarrasser de cette maudite peinture, mais sans résultat. Je me vois donc dans l’obligation de me livrer à sept confidences, pour en terminer avec cette malédiction.
1) je connais un tour de magie très chouette : je verse un verre d’eau dans un grand vase, et il se transforme en un bouquet de 60 roses rouges, qui prennent aussitôt leur envol sous forme de 60 flamant-roses multicolores
2) quand je joue du saxo, le soir, il arrive souvent qu’une petite mésange vienne se poser sur le pavillon de mon ténor, et chante sur ma musique
3) je ne sais pas compter au delà de 1 765 324 652
4) dans mon jardin, il y a un chêne qui change de place toute les nuits. Au début, je n’y croyais pas, mais j’ai effectué des mesures…il n’y a aucun doute.
5) mon chat a battu Capablanca aux échecs. J’en ai la preuve.
6) je sais jongler avec sept flocons de neige en même temps
7) quand il pleut, mes cheveux poussent. Si je n’y fait rien, se mettent à fleurir.
Schfloupfff !!! La peinture à disparue. Ouf. Rosa est une sorcière qui tient parole. Pour ma part, je suis nul en Hip-Hop et en tag…je vous laisse donc libre de vous auto-taguer…"
J'aurais dû penser que le chevalier masqué de La Prairie aux Lucioles ne se laisserait pas dévoiler.
00:20 Publié dans D'une génération à l'autre | Lien permanent | Commentaires (4) | Envoyer cette note | Tags : vive la vie, mai 68, lyon
dimanche, 09 mars 2008
Commencer la semaine en douceur
J'ai encore des pavés à lancer car ma page pour écrire des notes sur Hautetfort est TOUJOURS en panne et je dois être la seule à avoir encore des problèmes. Mais ce sera pour plus tard.
Un petit mot s'est glissé dans ma tête ce week-end, tout en douceur et tout de douceur.
Samedi soir, j'avais à la maison ma petite-fille, bientôt quatre ans, et mon frère.
Au moment où elle est allée se coucher, mon frère lui a dit : "Fais-moi un mimi".
J'ai eu l'impression de ne plus avoir entendu ce mot, familier dans mon enfance, depuis une éternité.
Pourquoi les mots meurent-ils, eux aussi, surtout quand ce sont des mots de tendresse et de douceur ?
18:23 Publié dans D'une génération à l'autre | Lien permanent | Commentaires (16) | Envoyer cette note | Tags : lyon, vive la vie
jeudi, 21 février 2008
Parce que la vie continue...
Anne-Sophie Zika est une jeune photographe qui vit à Lyon. Elle est talentueuse et d'une grande sensibilité , très attentive aux autres.
Anne-Sophie vient de passer plusieurs mois dans une maison de personnes âgées avec lesquelles elle est entrée en empathie.
Le résultat est ce très émouvant diaporama dans Libé-Lyon.
http://libelyon.blogs.liberation.fr/carte_blanche/annesophie-zika.html
Le message est clair : la vie continue
jusqu'au bout.
Comme je suis nulle en informatique, vous trouverz le lien actif en commentaire avec les excuses de Rosa.
09:35 Publié dans D'une génération à l'autre | Lien permanent | Commentaires (17) | Envoyer cette note | Tags : ViVE LA VIE, 2008, Mai 68, Lyon
lundi, 18 février 2008
L'inventaire d'Annie
Annie Ernaux, dont je suis une lectrice fidèle depuis de nombreuses années, vient d'inventer un genre nouveau et original en Littérature :
l'autobiographie collective.
Notez la contradiction entre "autobiographie" et "collectif" et pourtant c'est vrai avec son dernier ouvrage "Les Années"qui vient de paraître chez Gallimard.
Incontestablement c'est une autobiographie. L'auteure fait le récit de sa vie appuyé sur deux jalons : les photos, qui la montrent aux différentes étapes de son existence, et les repas familiaux, témoins de l'évolution des moeurs et des mentalités sur ces 67 dernières années. Mais sur cette trame biographique solide, Annie Ernaux n'utilise pas la première personne. Jamais de "Je". Soit la troisième personne, quand elle observe "la dame de la photo", soit le "on" ou encore le "nous".
Et voilà pourquoi son autobiographie est collective.
Annie Ernaux est née en 1940, en Normandie. Sa préoccupation est de nous rendre, en s'appuyant sur des images et uniquement sur des images, l'évolution de notre univers.
Quand je dis le "nôtre" je pense bien sûr au mien même si je suis plus jeune, née ailleurs et dans un autre milieu. Mais c'est l'album de toute une génération.
Elle nous invite à feuilleter cet album de photos commun, depuis l'après-guerre, période de ses premiers souvenirs, jusqu'à l'élection du président actuel.
Album d'une génération dont elle dit "qu'elle ne serait pas certaine de connaître l'an 2000."
Le fil directeur : l'évolution inexorable vers ce qu'elle appelle "l'ordre marchand" qui peu à peu prend le pas sur la religion, la culture, la morale et récemment les convictions politiques.
Grignotage lent et insidieux auquel nous avions pensé échapper en 68, mai 81 et 89 avec la chute du mur de Berlin. "Ordre marchand" qui s'est quand même imposé.
Elle ne juge pas, elle observe avec une patience d'entomologiste.
Son enfance, (la nôtre ?) une France rurale (oui, encore) et pauvre. "Tout devait faire de l'usage.... Rien ne se jetait"
Une France immobile.
"La France était immense et composée de populations distinctes par leur nourriture et leurs façons de parler, arpentée par les coureurs du Tour dont on suivait les étapes sur la carte Michelin punaisée au mur de la cuisine. La plupart des vies se déroulaient dans le même périmètre d'une cinquantaine de kilomètres. Quand s'élevait à l'église le grondement vainqueur du cantique "Chez nous soyez reine" on savait que chez nous désignait là où on habitait, la ville, au plus le département."
Puis arrivent les années 60 avec ce qu'on ignore être le début de la société de consommation : c'est au contraire une marche heureuse et quasi béate vers le Progrès.
"On n'en revenait pas du temps gagné avec les potages express en sachet, la Cocotte-Minute et la mayonnaise en tube...."
"Les gens ne s'ennuyaient pas, ils voulaient profiter."
Mais, déjà
"La profusion des choses cachait la rareté des idées et l'usure des croyances."
Annie Ernaux poursuit ainsi cette marche vers le triomphe du matériel mais aussi des différentes formes de libérations. Elle fait revivre les décennies de la fin du XXème siècle. Elle restitue minutieusement ces images de la vie quotidienne et des événements historiques car, dit-elle, les images sont condamnées à disparaître.
Et nous arrivons pas à pas à ce triomphe de "l'ordre marchand" dont elle écrit également
"Le temps commercial violait de plus belle le temps calendaire. C'est déjà Noël soupiraient les gens devant l'apparition au lendemain de la Toussaint des jouets et chocolats dans les grandes surfaces, débilités par l'impossibilité d'échapper durant des semaines à l'enserrement de la fête majeure qui oblige de penser son être, sa solitude et son pouvoir d'achat par rapport à la société - comme si une vie entière aboutissait à un soir de Noël."
Et c'est ainsi que s'impose une conclusion quelque peu pessimiste
"Dans le brassage des concepts il était de plus en plus difficile de trouver une phrase pour soi, la phrase qui, quand on se la dit en silence, aide à vivre."
10:25 Publié dans D'une génération à l'autre | Lien permanent | Commentaires (8) | Envoyer cette note | Tags : VIVE LA VIE, 2008, Mai 68
jeudi, 31 janvier 2008
2008... un mois.
Inspirée par l'anniversaire de mai 68 j'avais promis de compléter l'inventaire de 2008. Comme je me suis limitée à vos commentaires, ce n'est pas exhaustif.
J'ai tenté un classement !
Les 400 ans du Québec et mai 68, c'est fait...
Alors.
Côté SPORT...
avec la contribution de Pierre Ulm et du Faucon.
1968 : les JO d'Albertville.
1968 toujours, la première victoire, en rugby, du XV de France au tounoi des cinq nations.
1998:
BLACK, BLANC, BEUR....
Dix ans déjà.
2008 : les JO de Beijing.
Des jeux qui risquent de montrer la suprématie des Chinois.Du point de vu culturel, avec la contribution de Pierre et de Stéphane.
C'est varié !
Honneur aux centenaires,
encore vivants...
Germaine Tillon, une des premières ethnologues, et Résistante
et Claude Lévi-Strauss
qui pour moi a été la grande découverte en Terminale
"Le monde a commencé sans l'homme et il s'achèvera sans lui."
Claude Lévi-Strauss
Les défuntes,
nos "mères"
Françoise Dolto et Simone de Beauvoir même s'il faut aussi savoir "tuer" sa mère.
Pour ma part j'ai pris beaucoup de recul par rapport à l'une et à l'autre.


Il y aura aussi
les 50 ans de notre constitution...
en attendant la sixième
Puis je cite en vrac car ça me touche moins,
les 150 ans de l'apparition à la grotte de Lourdes,
les 70 ans des choeurs de l'Armée rouge
les 350 ans de la mort de Cromwell
événements rappelés par Stéphane.
Et pour ceux qui ont gardé une âme d'enfant :
les Schtroumpfs et les Legos ont 5O ans
Je termine par le plus important
il y aura 50 ans que Rosa est entrée en sixième-sur examen à l'époque- pour apprendre rosa, rosa, rosam...
19:15 Publié dans D'une génération à l'autre | Lien permanent | Commentaires (10) | Envoyer cette note | Tags : Vive la vie, 2008, mai 68
mardi, 15 janvier 2008
Hommage aux babyboomeuses
On n'est jamais si bien servi que par soi-même : c'est connu !
Ballade des Dames du temps jadis
Dites-moi où, n'en quel pays,
Est Flora la belle Romaine,
Archipiades, ne Thaïs,
Qui fut sa cousine germaine,
Echo, parlant quant bruit on mène
Dessus rivière ou sur étang,
Qui beauté eut trop plus qu'humaine ?
Mais où sont les neiges d'antan ?
Où est la très sage Héloïs,
Pour qui fut châtré et puis moine
Pierre Esbaillart à Saint-Denis ?
Pour son amour eut cette essoine.
Semblablement, où est la roine
Qui commanda que Buridan
Fût jeté en un sac en Seine ?
Mais où sont les neiges d'antan ?
La roine Blanche comme un lis
Qui chantait à voix de sirène,
Berthe au grand pied, Bietrix, Aliz,
Haramburgis qui tint le Maine,
Et Jeanne, la bonne Lorraine
Qu'Anglais brûlèrent à Rouen ;
Où sont-ils, où, Vierge souvraine ?
Mais où sont les neiges d'antan ?
Prince, n'enquerrez de semaine
Où elles sont, ni de cet an,
Que ce refrain ne vous remaine :
Mais où sont les neiges d'antan ?
François Villon
Messieurs, Cathy et moi attendons votre ballade aux belles blogueuses...
11:10 Publié dans D'une génération à l'autre | Lien permanent | Commentaires (21) | Envoyer cette note | Tags : VIVE LA VIE
lundi, 14 janvier 2008
Les (pas encore) bronzés font (si peu) du ski
Un week-end comme je n'aimerais pas trop en subir cette année.
Je ne vais pas me plaindre car ça peut passer pour un week-end de luxe mais je raconte.
Monsieur Cybermamie, comme l'appelle le Faucon, est un passionné de ski. Avec toute cette neige en montagne, cela fait plus d'un mois que les spatules le démangent ! L'aubaine (pour lui) est venue sous forme d'un week-end organisé à Val Thorens par son comité d'entreprise, institution obsolète dont je m'étonne que notre président n'ait pas encore songé à la supprimer.
Pas d'excuses donc le week-end étant largement financé.
Choix de la station fait par les "d'jeunes" de l'entreprise : cette station d'altitude est une usine à skier sans rien d'autre, station exclusivement fréquentée par les moins de 40 ans comme j'allais en faire l'expérience.
Déjà, le samedi il faut se lever à six heures et je n'en ai plus l'habitude... Arrivée au car "au radar", j'ai juste le temps de repérer un autre couple de notre génération.
Il pleuvine à Lyon et en montagne la neige tombe dru.
Début des difficultés, la gendarmerie impose les chaînes à notre chauffeur qui renâcle. Les 30 derniers kilomètres se feront à 20 kms heures et nous arrivons pour déjeuner.
Toujours ça de gagné.
Mais à l'accueil de la résidence hôtelière qui nous héberge, mes pires craintes se confirment.
L'entrée est envahie par des groupes de jeunes, garçons et filles, tous immenses, assurés, en terrain conquis. Aucun francophone tous parlent anglais, allemand ou néerlandais. J'ai écrit "groupes" mais j'ai plutôt l'impression de hordes : le temps des invasions barbares serait-il revenu ?
Malgré le mauvais temps, monsieur part skier et madame fait les lits puis bouquine.
Après ski, le temps étant toujours déplorable, tentative vers le bar de la résidence. Il est tenu par une jeune serveuse vêtue d'un "baggy" qui laisse voir la raie des fesses : elle ne parle pas un mot de français. Mon mari me traite de grincheuse parce que je refuse de passer ma commande en anglais, "il faut s'adapter". Moi j'estime que dans mon pays j'ai le droit de demander un thé en français et que ça ne fera pas de mal à la donzelle d'entendre de temps en temps quelques mots de français.
Repas du soir très sympa avec un menu savoyard et des serveurs très sympathiques, les seuls francophones avec nous...
Après dîner, monsieur Cybermamie a envie de suivre ses compagnons skieurs dans un bar à bière.
Nous sommes, là encore, les seuls français. La musique pilonne les oreilles, on ne peut pas parler mais j'apprécie l'absence des fumées de cigarettes, ce qui n'empêche pas le bar d'être bondé.
Au réveil, le paysage entrevu nous annonce que la journée sera belle. Ouf ! Car il faut vider les lieux avant 10 heures. Pour l'immédiat le souci est de faire un petit déjeuner correct : les hordes de jeunes sont passées avant nous et n'ont pratiquement rien laissé.
Ou plutôt si !
Des montagnes de déchets dans les assiettes, un gaspillage inouï de nourriture qui m'écoeure.
Et qui dégoûte aussi un jeune serveur car, me dit-il, "c'est tous les jours ainsi".
Finalement j'aurai pour la journée une compagne d'infortune venue elle aussi accompagner son mari. Et la journée passera tant bien que mal avec une promenade sur l'unique chemin pour piétons, un repas en terrasse que nous prolongeons le plus possible, au milieu des nouveaux riches d'Europe de l'Est, encore plus "bling-bling" que notre président, visiblement heureux d'être là.
Petite gâterie avant le départ, un passage à la coopérative laitière pour acheter l'excellent Beaufort d'été : je n'aurai pas tout à fait perdu mon week-end.
Dans le car du retour, je suis distraitement les commentaires des résultats sportifs de rugby et de foot en me disant que des femmes comme celles de ma génération : on n'en trouve plus !
08:55 Publié dans D'une génération à l'autre | Lien permanent | Commentaires (8) | Envoyer cette note | Tags : Vive la vie







