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jeudi, 08 mars 2018

Journée de la femme et printemps des poètes

Journée de la femme qui devient exclusivement journée de revendication de l'égalité entre homme et femme.

Il fut un temps très lointain où certes l'égalité n'existait pas mais où la femme était mise sur un piédestal.

Je parle de la Littérature courtoise du Moyen-âge.

Bien sûr je n'exprime aucune nostalgie et suis contente de vivre à mon époque.

Mais j'avoue que je préférerais qu'on m'écrive des poèmes plutôt que de diriger une entreprise du CAC 40.

Amours me fait desirer
Et amer
De cuer si folettement
Que je ne puis esperer
Ne penser
N'ymaginer nullement
Que le dous viaire gent
Qui m'esprent
Me doie joie donner,
S'amours ne fait proprement
Telement
Que je l'aie sans rouver.

S'ay si dur à endurer
Que durer
Ne puis mie longuement;
Car en mon cuer vueil celer
Et porter
Ceste amour couvertement,
Sans requerre aligement,
Qu'à tourment
Vueil miex ma vie finer.
Et si n'ay je pensement
Vraiement
Que je l'aie sans rouver.

Mais desirs fait embraser
Et doubler
Ceste amour si asprement
Que tout me fait oublier,
Ne penser
N'ay fors à li suelement;
Et pour ce amoureusement
Humblement
Langui sans joie gouster.
S'en morray, se temprement
Ne s'assent
Que je l'aie sans rouver.

Guillaume de Machaut

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jeudi, 04 janvier 2018

La littérature française est en deuil

L'année 2018 commence mal pour la Littérature française.
On apprend ce matin le décès, dans un accident de voiture, de Paul Otchakovsky-Laurens, fondateur de la maison d'édition POL créée  en 1984, qui  a permis la découverte et l'éclosion de nombreux talents. Bien que son capital soit détenu en majorité par les éditions Gallimard, cette maison d'édition avait une vocation moins commerciale et son directeur une plus grande liberté dans ses choix d'auteurs.
Quelques uns de ces écrivains m'ont particulièrement marquée.
Bien sûr le très célèbre Emmanuel Carrère, pour ses "romans russes" dans lesquels il revient sur les origines de sa mère Hélène Carrère d'Encausse. On retiendra "Un Roman russe" et "Limonov".
Il a par ailleurs édité le journal de Charles Juillet, écrivain d'origine lyonnaise, dont la carrière littéraire a commencé fort tard.

Un autre grand écrivain, bien que peu connu du grand public, a eu son oeuvre publiée chez POL : Frédéric Boyer. Tous ses romans mais aussi ses deux très belles traductions "Les Aveux", traduction des Confessions de Saint-Augustin et "Rappeler Roland", très belle oeuvre autour de La Chanson de Roland.

Mais l'auteur que j'ai découvert chez POL, et qui m'a le plus enthousiasmée  est certainement Atiq Rahimi. Cet écrivain d'origine afghane est arrivé en France en 1984 comme réfugié politique et écrit en français.
Il a offert à POL son seul prix Goncourt avec Syngué sabour. Pierre de patience.
Ce livre magnifique fait parler une jeune femme assise au chevet de son mari inconscient et lui raconte sa vie, ses confidences avançant progressivement vers l'inavouable. Atiq Rahimi a réalisé lui-même son adaptation en film.
Autre très beau roman d'Atiq Rahimi, "Maudit soit Dostoïevski," qui reprend la trame de "Crime et châtiment" mais en l'adaptant à la réalité afghane d'aujourd'hui.

La littérature est en deuil, un deuil douloureux car il faudra que la maison d'édition POL trouve un successeur à la hauteur, faisant comme Paul Otchakovsky-Laurens, preuve de hardiesse pour découvrir des talents pas forcément destinés à des succès commerciaux.

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lundi, 01 janvier 2018

Bonne année

Bonne année à vous, amis fidèles... On dit qu'au début d'une nouvelle année on prend des bonnes résolutions. Ce serait bien que je prenne celle d'écrire régulièrement.

Et vous ? Les vôtres !!!!

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mardi, 19 décembre 2017

Le temps qui passe...

Un nouveau Noël, une nouvelle année, fêtes ou jalons du temps qui passe ?

Quand j'ai commencé ce blog, je n'avais pas encore 60 ans, la fin de la jeunesse.

Cette année j'en ai eu 70, la vieillesse, inutile de se leurrer, de se raconter des histoires. Je ne me plains pas : je suis encore active et en bonne santé.

Roso est toujours présent même si le geste se ralentit.

Une chance que j'apprécie.

Et pourtant je n'aimerais pas revenir en arrière.

Je trouve à cet automne de la vie, temps des activités choisies, libéré de contraintes, beaucoup de charme.

J'espère qu'il en sera de même pour la dernière étape.

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dimanche, 17 décembre 2017

Les gardiennes, le livre

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Le film de Xavier Beauvois "Les gardiennes" est absolument superbe et m'a donné envie de lire le roman qu'il a adapté, avec beaucoup de finesse et une grande humanité.

DSC_0145.JPGCe roman est passionnant et profondément touchant. Son auteur, Ernest Pérochon, était instituteur, né dans un milieu rural à la fin du XIXème siècle quelque part en Vendée. Il a été vaguemestre pendant la guerre de 14/18 où il a failli mourir d'une crise cardiaque.

Je reconnais y retrouver mon ADN familial à plus d'un titre.

L'histoire est donc celle du film même si Xavier Beauvois a réduit le nombre des personnages se concentrant sur ceux qu'il a jugés les plus intéressants.

En 1915, début de l'histoire, ne famille de paysans nantis souffre comme les autres familles du départ des hommes pour maintenir le travail de la ferme.

Cette famille est dominée par une femme, déjà âgée surtout pour cette époque, Hortense Misanger, appelée la Misangère car à cette époque on féminise les noms de famille et surnommée la grande Hortense.

On peut dire que c'est la gardienne en chef pour les siens et pour tout le village.

Le roman débute par le poids de la responsabilité que les hommes partis se battre font peser sur leurs femmes.

"Il écrivait :

Vous devez travailler pour que les soladts ne manquent de rien ; vous devez travailler jusqu'à l'épuisement de vos forces, jusqu'à en mourir s'il le faut... La souffrance et la mort ne comptent pas plus pour vous que pour les combattants."

Contrairement à ce qui a pu être dit, pas plus le roman que le film ne suggère la moindre notion féministe. C'est l'exigence à l'état brut des hommes qui veulent retrouver en état leur bien.

La Misangère se soumet parfaitement à ces prescriptions qu'elle approuve complètement car elles correspondent à son caractère.

"D'abord, il lui semblait juste de durement peiner parce que les autres souffraient et que le travail est frère de la souffrance ; mais surtout les hommes s'acharnant aux oeuvres de destruction et de mort, la tâche première des femmes, qui est de conservation, lui apparaissait confusément avec son importance essentielle. Jeunes ou vieilles, les femmes étaient les gardiennes ; gardiennes du foyer, gardiennes des maisons, de la terre, des richesses, gardiennes de ce qui avait été amassé effort des âges pour faciliter la vie de la race, mais aussi gardiennes de ce qui pouvait sembler futile et superflu, de tout ce qui faisait l'air du pays léger à respirer, gardiennes de douceur et de fragile beauté."

C'est ainsi qu'Hortense Misandier mène son monde à la baguette, femmes et valets, sans aucune pitié pour la fragilité et la faiblesse. Même son mari plus vieux et impotent subit ses rudoiements. Ainsi a-t-elle le plus profond respect pour les femmes qui travaillent durement et un grand mépris de celles qui se relâchent.

C'est ainsi que la Misandière se trouve confrontée à des travailleurs défaillants : ses valets, des incapables, une fille qui pense davantage à faire la belle qu'à travailler au champ, une belle-fille courageuse mais souvent malade.

Son secours viendra de Francine Riant, une servante vaillante et dure à la tâche qui aurait tout pour lui plaire. Mais  pour son entourage une fille de l'assistance est forcément une fille de rien. Francine est l'autre personnage fort de ce roman, une image lumineuse, même dans sa détresse quand les coups portés deviendront plus durs, et ils sont nombreux ces coups, tant la méchanceté et la jalousie vont l'accabler.

Comme dans le film, son amour naissant sera brutalement interrompu par une terrible injustice. Mais la résilience comme on dit aujourd'hui, sa force d'âme sont encore plus fortes que dans le film, Francine  s'en sort,  tournée vers l'avenir, transcendée par la vie qu'elle porte en elle.

Le roman se termine comme il a commencé,  sur le personnage de  la Misandière qui n'est plus la grande Hortense mais une vieille femme, détruite par les remords et abandonnée de tous.

Un très beau roman dont l'écriture savoureuse restitue la ruralité ancienne, celle de mes grands-parents. Ernest Pérochon est aussi à l'aise avec l'imparfait du subjonctif qu'avec le langage des paysans de ce temps :"cent soixante boisselées d'une terre sèche mais grenante", les emblavures ou emblaver, muser...

"Ce n'est pas un mince travail que de rentrer du foin au pays du Marais. Il faut le prendre sur le pré, le porter à la conche, dresser la batelée, conduire le chargement à la perche par les fossés étroits, parfois même le haler à bras."

En revanche si on a tendance à idéaliser cette société disparue comme un idéal d'humanité, on déchante. Si en effet, par nécessité, une grande solidarité se manifeste pour l'entraide dans les travaux des champs, jalousie et méchancetés dominent les relations au sein du village.

Pas de nostalgie donc pour une époque révolue.

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lundi, 11 décembre 2017

Fin d'année

Pour Doume

Pour différentes raisons l'approche de Noël me rend nostalgique.

Dans quelques semaines ce blog aura onze ans et comme pour beaucoup d'amis de la blogosphère l'enthousiasme n'est plus au rendez-vous.

Et pourtant je regrette cet entraînement à l'écriture.

Récemment le très beau film  de Xavier Beauvois "Les gardiennes" m'a donné envie de reparler de ma grand-mère.

Je réédite donc ce billet qui lui était consacré car ce film m'a beaucoup fait penser à elle.

Le dessert dominical est sacré et aujourd'hui j'ai fait une tarte aux pommes.
Chaque fois je pense à ma grand-mère car c'est elle qui m'a enseigné l'art de la pâte brisée, comment émietter finement le beurre juste ramolli dans la farine...
D'ailleurs j'utilise toujours son rouleau à pâtisserie...
La vie de ma grand-mère tient en une année : 1914
En mars elle s'est fiancée, en mai elle s'est mariée, en août mon grand-père est parti à la guerre, en novembre il a été tué : elle avait vingt-ans.
Elle fut une femme courageuse, elle a continué durant toute la guerre à envoyer des paquets aux compagnons de son mari dans les tranchées...
Elle fut une mère rude et exigeante pour mon père, rêveur et nonchalant.
Elle fut une grand-mère merveilleuse qui m'a fait aimer les fleurs, les vieilles chansons de sa jeunesse " Nous irons écouter la chanson des blés d'or..." et la politique !
Elle aimait débattre, elle vénérait De Gaulle mais détestait les Américains !
Elle est morte il y a trente ans mais elle ne m'a jamais quittée. De temps en temps je m'assieds, elle est à côté de moi et nous causons.
Pour moi c'est ça l'Eternité.

 

 

samedi, 20 mai 2017

Surprenant ?

"La guerre est une chose trop grave pour être confiée à des militaires."

Avait dit Clemenceau.

Pourrait-on le parodier aujourd'hui en disant : l'armée est trop importante pour être laissée aux hommes ?

En tout cas cette découverte m'a fait plaisir...

Trump n'a qu'à bien se tenir.

Sur la même longueur d'ondes que mon ami Doume

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