jeudi, 24 janvier 2013
Zero dark thirty
On sait qu'il y a une polémique à propos de ce film de Kathryn Bigelow, réalisatrice américaine, sur la traque de Ben Laden pendant dix ans par la CIA.
Cela peut se comprendre aux Etats-Unis mais je pense que c'est un film à voir.
Ce n'est pas un documentaire mais une fiction : Maya, une jeune femme recrutée par la CIA dès la sortie du lycée, fait de la traque de Ben Laden une affaire personnelle.
Et elle réussit.
Il lui faut mettre en oeuvre beaucoup d'opiniâtreté et de persévérance pour réussir là où les autres agents de la CIA semblent avoir renoncé. Ce film a une tonalité très féministe, à l'américaine. On ne sait pas pourquoi Maya s'acharne : à tout moment on s'attend à une révélation du genre "un membre de ma famille a été tué le 11 septembre 2001" Mais rien de tout ça : pendant huit ans elle poursuit ce but bien au-delà de ce qu'on lui a demandé. Pour ses collègues c'est une emmerdeuse.
C'est vrai que c'est une femme qui n'a rien d'autre dans sa vie que cette tâche : pas d'amours, ni de famille, ni d'amis. Quand elle dîne au restaurant avec une collègue, elle lit des messages sur son téléphone... La froideur avec laquelle elle travaille pourrait la faire passer pour inhumaine si, dans les dernières images, on ne voyait une larme couler sur son visage.
Ce personnage m'a beaucoup intéressée et il me semble que la réalisatrice a mis beaucoup d'elle-même.
La polémique est née des scènes de tortures au début du film. Je comprends que les Américains aient du mal à admettre que certains renseignements permettant de retrouver Ben Laden aient été obtenus sous la torture mais le film le présente comme un fait.
Il n'y a ni éloge ni dénonciation de la torture.
Pas de voyeurisme non plus, ni de complaisance malsaine dans la description de ces scènes d'extorsion d'aveux.
Au contraire, la réalisatrice a introduit une dimension artistique à ces images, des contre-jours qui évoquent les clairs-obscurs des peintres, créent une distance permettant de supporter la réalité. Il y a même des vues quasiment christiques superbes.
Un film qui comptera.

17:33 Publié dans Ciné-club, Coups de coeur | Lien permanent | Commentaires (1) |
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mercredi, 23 janvier 2013
La Thérèse
J'ai vécu mon enfance dans un village de Haute-Savoie. C'était un univers terriblement clos. Fermé, et cette finitude me désespérait. D'où le sentiment aujourd'hui d'avoir vécu une enfance ennuyeuse, pas malheureuse, mais ennuyeuse. D'aussi loin que je me souvienne je n'éprouvais qu'un seul désir : partir.
Être ailleurs...
C'est sans doute la raison pour laquelle les gens que j'ai côtoyés dans ce périmètre limité à la maison, l'école et l'église, lesquelles étaient côte à côte, prennent dans les souvenirs un certain relief.
Nous vivions sous la coupe des adultes : pas tant celle de nos parents qui étaient finalement moins présents que les parents d'aujourd'hui, mais de tous les adultes que nous rencontrions dès que nous mettions le nez dehors.
Tous se sentaient autorisés à nous remettre dans le droit chemin. Il y avait les bienveillants et ceux qui l'étaient moins, voire pas du tout.
Comme la Thérèse.
Célibataire, elle vivait comme c'était la coutume à la campagne : chez ses parents, nos voisins. Séche, maigre, acariâtre, elle était redoutable la Thérèse. Régulièrement elle remplaçait la garde-barrière au passage à niveau. Passage obligé sur le chemin de l'école. Nous étions en bande et quand on arrivait devant la Thérèse qui nous attendait de pied ferme, plantée à côté de la barrière, c'était la panique dans nos rangs. Elle avait toujours une réflexion vacharde ou une taloche à distribuer... Cela rassurait nos parents !
09:15 Publié dans D'une génération à l'autre | Lien permanent | Commentaires (1) |
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mardi, 22 janvier 2013
Great man
Mandela a célébré ses 94 ans.
Je souhaite à mes amis Sud-Africains de le garder encore longtemps.

17:52 Publié dans Au jour le jour, D'une génération à l'autre | Lien permanent | Commentaires (0) |
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