vendredi, 24 février 2012
L'écriture impuissante devant les canons...
On a l'impression que ça ne sert à rien... Mais...
Extrait d'un message transmis par un prêtre syrien que vous avez peut-être reçu...
Connaissant la Syrie, je confirme : c'est un peuple de paix...
Mon peuple, qui a fait face à la mort le torse nu et en chansons est en ce moment même assujetti à une campagne de génocide. Nos villes rebelles sont dans un état de siège sans précédent dans l'histoire mondiale des révolutions. Le personnel médical est empêché de secourir les blessés, les hôpitaux de campagne sont bombardés de sang-froid et détruits, l'entrée est interdite aux organisations de secours, les lignes téléphoniques sont coupées, et la nourriture et les médicaments sont bloqués, si bien que la contrebande d'un sac de sang ou d'une tablette de Setamol dans les zones touchées est considéré comme un crime digne d'emprisonnement dans des camps de détention, dont les détails vous horrifieront un jour.
Dans toute son histoire moderne, le monde n'a pas connu de tels vaillance et courage, que ceux manifestés par les révolutionnaires Syriens dans toutes nos villes et villages. Le monde n'a pas non plus connu un tel silence, et une connivence dans le silence qui est dès à présent considéré comme une complicité dans le crime et l'extermination de mon peuple.
Mon peuple est un peuple de paix, de café, de musique que j'espère vous savourerez un jour, de roses, dont j'espère qu'un jour le parfum vous parviendra, afin que vous sachiez que le cœur du monde est aujourd'hui exposé au génocide et que le monde entier est complice dans le versement de notre sang.
Je ne peux rien dire de plus dans ces moments difficiles, mais j'espère que vous agirez par solidarité avec mon peuple de la façon que vous jugerez appropriée. Je sais que l'écriture est impuissante et nue devant les canons, les tanks et les missiles russes qui bombardent nos villes et nos civils, mais je n'ai aucune envie que votre silence aussi, soit complice du meurtre de mon peuple.
KHALED KHALIFA – DAMAS”
10:18 Publié dans Au jour le jour | Lien permanent | Commentaires (8) |
Facebook |
Imprimer
jeudi, 23 février 2012
À propos de l'abattage rituel...
Fille d'un vétérinaire rural, je suis très sensible à cette question qui s'est invitée récemment dans la campagne électorale française, malheureusement avec le Front National : c'est vrai, l'abattage rituel des animaux de boucherie manque de transparence.
Si Marine Le Pen fait un regrettable amalgame, elle part d'un fait réel dont je me suis entretenue récemment en Haute-Savoie avec un beau-frère également vétérinaire.
Cela fait un certain temps que la Fédération des vétérinaires européens essaie d'attirer l'attention des pouvoirs publics sur l' abattage rituel qui entraîne la souffrance animale.
Les vétérinaires ont lutté, depuis plusieurs décennies, pour améliorer le confort des animaux de boucherie, aussi bien dès leur élevage que dans leur transport, puis lors de l'abattage par l'étourdissement qui anesthésie. Et même selon ce procédé, ceux qui visitent les abattoirs en reviennent bouleversés.
Que dit la loi ?
Elle impose l'étourdissement avant l'abattage d'un animal mais accepte le rituel religieux pour la viande hallal et casher, sans cet étourdissement.
Si la Fédération des vétérinaires européens s'est émue de cette question c'est parce qu'en effet, pour des raisons économiques, parce qu'il est difficile d'arrêter une chaîne d'abattage, on tue plus d'animaux selon le rituel de l'égorgement que n'en consomment les pratiquants des deux religions concernées. Donc le surplus est écoulé avec l'ensemble de la viande, en particulier dans les super-marchés...
Que demande la fédération des vétérinaires européens ?
Tout simplement que le mode d'abattage apparaisse sur l'étiquette des barquettes de viande pour en informer les consommateurs.
Jusqu'à ce jour le gouvernement a fait la sourde oreille, mais avec la polémique soulevée par le Front National il sera peut-être contraint de prendre cette mesure en considération.
Sur cette vidéo on voit la différence entre les deux modes d'abattage...
18:56 Publié dans Au jour le jour | Lien permanent | Commentaires (5) |
Facebook |
Imprimer
lundi, 20 février 2012
L'Apartheid et après...
Autant le dire : je n'avais pas trop l'intention de parler de mon séjour en Afrique du Sud qui a occupé une bonne partie du mois de janvier : j'ai peur de lasser avec mes comptes-rendus de voyage...
Mais celui-ci était particulier car j'ai avec ce pays des liens familiaux et amicaux. La famille, c'est un neveu chercheur à Johannesburg et l'ami c'est Solly que nous connaissons depuis plus de vingt ans.
J'avais découvert ce pays en 1989, juste avant la libération de Nelson Mandela. Nous l'avons retrouvé vingt ans après l'abolition de l'apartheid... Comment ne pas être saisis par les changements qui ont transformé cette grande nation ? Certes tous les problèmes ne sont pas réglés : avec 50% de chômeurs, l'Afrique du Sud a de grandes difficultés économiques à résoudre.
L'apartheid est un régime politique qui a été produit par NOTRE civilisation occidentale et plus particulièrement européenne. Cette civilisation dont monsieur Guéant est si fier.
C'est pourquoi j'ai eu envie de le rappeler dans cette note.
L'apartheid est très certainement le pire régime politique de l'époque contemporaine.
Il alliait la dictature-qui concernait toute la population- et la discrimination raciale.
Dans le récent et très intéressant musée de l'apartheid à Johannesburg, ce qui m'a particulièrement impressionnée c'est le nombre des lois, élaborées entre 1948 et les années 80 pour régir l'apartheid. Une sophistication extrême...
Entrée du musée de l'apartheid à Johannesburg.
Selon son ticket, on entre par une porte réservée aux Noirs ou aux blancs
Mais ce qui impressionne aujourd'hui c'est le phénoménal travail de réconciliation qu'ont fait tous les sud-africains pour parvenir à vivre ensemble. Certes la cohabitation n'est pas facile : Solly qui habite Cape Town, la grande ville blanche, peut en témoigner... Mais il prouve aussi qu'aujourd'hui c'est possible, quand on est noir, de réussir professionnellement parmi les blancs.
Selon Georges Lory, spécialiste de l'Afrique du Sud que nous avons pu rencontrer chez mon neveu, les jeunes de moins de vingt ans, qu'ils soient blancs ou noirs, ne veulent plus entendre parler de l'apartheid : ils veulent tourner la page, regarder vers l'avenir... Pour Solly il faut entretenir la mémoire...
Maison de Mandela
à Soweto
transformée en musée.
Concert de Johnny Clegg
à Cape Town
C'est une légende vivante en Afrique du Sud.
09:54 | Lien permanent | Commentaires (6) |
Facebook |
Imprimer
