vendredi, 15 juin 2007
Lectures de vacances
Le temps de la dispersion plus ou moins générale approche. Donc pour que les vacances ne soient pas une "vacance", il me plairait que chacun indique ici les lectures qu'il envisage pour l'été...
Un titre bien sûr ou deux...
Cela peut donner des idées et permettre de partager à la rentrée.
Je récapitulerai les éventuelles suggestions et publierai la liste tout l'été.
Je commence !
Je lirai "Lolita" de Nabokov pour en parler avec Gaspard et "La Douceur" de Christpohe Honoré pour vérifier qu'un jeune écrivain peut me réconcilier avec la littérature française contemporaine.
Et je suis sûre de pouvoir partager en septembre avec Ashab (qui me l'a conseillé) et Myster qui est un inconditionnel.
Et vous ? Que lirez-vous ?
11:25 Publié dans Au jour le jour | Lien permanent | Commentaires (12) |
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jeudi, 14 juin 2007
Berges du Rhône
Les berges du Rhône étaient, à Lyon, occupées par des parkings. Elles ont été réaménagées en promenades très agréables, inaugurées mi-mai.
Pourqoi pas un lieu de pique-nique entre blogueurs lyonnais (et leurs amis) ? Qu'en penses-tu Ashab ?
Sur cette dernière photo, on aperçoit l'Hôtel-Dieu ancien hôpital du XVIème siècle où Rabelais a exercé comme médecin. L'hôpital est encore en activité avec un service de maternité très renommé, spécialisé dans les naissances à risques.
17:30 Publié dans Chronique lyonnaise | Lien permanent | Commentaires (12) |
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mercredi, 13 juin 2007
Parabole taoïste
Un vieillard vivait avec son fils dans un fort abandonné, au sommet d'une colline, et un jour il perdit un cheval. Les voisins vinrent lui exprimer leur sympathie pour ce malheur et le vieillard demanda :
"Comment savez-vous que c'est un malheur ?"
Quelques jours plus tard, le cheval revint, suivi de plusieurs chevaux sauvages, les voisins revinrent le féliciter de cette chance et le vieillard répliqua :
"Comment savez-vous que c'est une chance ?"
Entouré de tant de chevaux, le fils se mit à les monter et un jour se cassa la jambe. De nouveau les voisins s'approchèrent pour exprimer leur sympathie et le vieillard répondit :
"Comment savez-vous que c'est une malchance ?"
L'année suivante il y eut une guerre et, parce que le fils du vieillard était boiteux, il évita d'aller au front.
Attribué au philosophe taoïste Liezi ( 450/375 avant J.-C.) et cité par Lin Yutang dans "L'importance de vivre"
Chacun interprétera selon son humeur : Sagesse ou fatalisme ?
19:40 Publié dans Âme chinoise | Lien permanent | Commentaires (19) |
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mardi, 12 juin 2007
Caramel et Vanille
Dans la série mes voisins sont sympas, ma voisine.
Elle a recueilli le 21 mai deux bébés hérissons dans une de ses jardinières : la mère avait dû être dérangée. Ils ouvraient à peine les yeux et pesaient 100 grammes. Grâce aux conseils de SOS Hérissons, elle les élève depuis ce jour. Bien que ce soit une espèce protégée les services municipaux n'ont pu les prendre en charge.
Elle les a donc nourris au lait maternisé, à la seringue d'abord puis au biberon.
Actuellement, ils sont assez grands pour manger des croquettes et pèsent 230 grammes. A 600 grammes ils pourront être relâchés dans la nature.
Je vous présente Caramel et Vanille. Caramel, un mâle est le plus foncé, Vanille est une femelle ... Elle est franchement blonde.
06:20 Publié dans La Saga des hérissons | Lien permanent | Commentaires (20) |
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lundi, 11 juin 2007
Anna Politkovskaya
Anna Politkovskaya condamnée au silence à perpétuité
Anna Politkovskaya réduite au silence pour avoir parlé.
La vérité tue.
Comment pourrait-on exprimer tout ce qui bouillonne en nous : la colère, le désespoir, la tristesse, la rage, le sentiment d’impuissance ?
Comment dire cette envie d’hurler et en même temps cette pesanteur, cet engourdissement de la volonté devant une telle violence, devant un tel arbitraire, une telle impunité ?
Quels mots pour raconter le dégoût que nous inspirent la guerre en Tchétchénie, les morts, les disparus, les destructions, et, terrible, le déni de cette barbarie, les plaies vives recouvertes d’enduit, de peinture et de plâtre dans un Grozny transformé en chantier géant ?
Car les mots sont des armes, c’est bien connu, et ils peuvent tuer, ou plutôt condamner à mort. Ils l’ont prouvé, le 7 octobre 2006, en plein centre de Moscou. Une femme qui venait de faire ses courses portait ses sacs de provisions dans son appartement. Mais à la sortie de l’ascenseur l’attendait un meurtrier. Une balle dans la poitrine, une autre dans la tête. Vivante, morte.
Elle était journaliste. Immédiatement, quelques minutes après la découverte de celle qui n’était plus une femme vivante mais déjà un cadavre, l’information était transmise, publiée – et on ne parlait d’Anna Politkovskaya plus qu’au passé.
Elle était journaliste. Elle était courageuse. Elle était surprenante. Elle était dérangeante. Dès 2000 elle a ouvert non pas une autoroute, mais un chemin, un sentier pour les journalistes et les autres, avides de vérité, vers la Tchétchénie dévastée une deuxième fois en dix ans par la guerre. Elle a montré que c’était possible d’y travailler en dehors des sentiers battus, à ses risques et périls, bien sûr, mais de parvenir tout de même à recueillir la vérité et la restituer, à briser le huis-clos dans lequel les autorités voulaient maintenir le conflit.
Elle a prouvé que l’humain, avec toutes ses faiblesses et avec toute sa grandeur, peut résister à la machine infernale, au rouleau compresseur du pouvoir armé et décidé à en finir avec l’ennemi auto-proclamé, en l’occurrence avec les Tchétchènes dans leur ensemble. Elle a sans relâche dénoncé les crimes commis par l’armée russe en Tchétchénie contre des civils, au nom de la lutte anti-terroriste, mais aussi par les combattants tchétchènes, puis par les hommes de Kadyrov, l’homme fort de Tchétchénie depuis plusieurs mois maintenant, premier ministre, autocrate et héritier de son père Akhmad Kadyrov, président tchétchène pro-russe assassiné en mai 2004 à Grozny, devenu un mythe fabriqué de toutes pièces.
Que nous reste-t-il devant ce crime ? Evitons de pleurer sur notre sort, pensons plutôt aux proches, à la famille et aux collègues d’A. Politkovskaya. Et tâchons d’apporter tout notre soutien à ceux qui, comme elle, se battent pour que la vérité soit dite, sorte, éclate. Pour que les meurtriers, leurs commanditaires, et tous ceux qui avaient intérêt à ce que cette femme se taise pour toujours ne dorment pas sur leurs deux oreilles. Pour dire à ceux qui ne se disent pas concernés combien il nous semble vital de se battre pour la justice. Et contre la barbarie.
Pour que ce meurtre, la mort de cette grande femme ne reste pas impunis, faisons en sorte de ne jamais l’oublier, de convertir la rage qui nous emplit aujourd’hui en un désir toujours plus accru de savoir.
Bleuenn Isambard.
Merci à Bleuenn pour ces deux textes, des 9 et 11 juin.
Bleuenn, qui parle russe couramment, a passé plusieurs années en Russie et en Tchétchénie avec "Médecins du monde".
Je suis heureuse et honorée de l'avoir accueillie sur ce blogue.
Rosa
07:20 Publié dans Coups de coeur | Lien permanent | Commentaires (6) |
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