samedi, 10 février 2007
Le jeu et la règle
J'ai joué aux dominos avec ma petite-fille de trois ans... Domino pour jeunes enfants, illustré d'animaux... Elle adore ce jeu mais entend y jouer à sa manière... Non par envie de gagner car cet intérêt lui échappe encore totalement... Pour des raisons plus subtiles...Patiemment je lui explique qu'il faut respecter des règles sinon le jeu n'est pas possible...
Règle du jeu... règles de la vie.
Règle constructive, règles contraignantes.
Et après les règles il y a la loi ...qui m'a toujours posé problème...
Rosa
18:15 Publié dans D'une génération à l'autre | Lien permanent | Commentaires (0) |
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Charles Juliet (suite)
J'ai déjà exprimé mes raisons d'aimer Charles Juliet...
Une visiteuse a présenté "Lambeaux".
Pour ma part, je vais revenir sur son journal mais je pense que la clé de son oeuvre, parce que la clé de sa personnalité, est dans "L'année de l'éveil" où il fait le récit de ses quatre années passées aux enfants de troupe, dans l'école militaire d'Aix en Provence...
Charles Juliet dans son journal revient, à plusieurs reprises, sur sa conception du rôle de l'écrivain...
Voilà un passage qui me paraît significatif...
"Il est des écrivains qui révèlent une incontestable singularité, mais cette singularité ne renvoie à rien, elle est pauvre, anecdotique, fermée sue elle-même. Pourquoi cela ? Parce que ces écrivains sont encore ligotés par le moi, parce qu'ils s'assèchent à l'intérieur de ses limites, qu'ils n'écrivent que pour se raconter, s'ébattre en eux-mêmes, qu'ils n'accèdent pas à la pensée-laquelle est prise de distance, possibilité d'élucider les significations du vécu, connaissance de soi et d'autrui.
Le vrai écrivain est celui dont la singularité parle à chacun. En se renonçant, il a dénudé en lui cette part commune à tous, il s'est révélé semblable à des milliers d'autres hommes, il est devenu partie de l'ensemble. Ainsi, il a acquis le droit d'écrire, il est un microcosme."
Traversée de nuit
12 janvier 1965
17:20 Publié dans Souvenirs de prof | Lien permanent | Commentaires (7) |
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jeudi, 08 février 2007
Ma grand-mère
En vacances, je suis dans le pays de ma grand-mère... Je pense toujours beaucoup à elle et c'est l'occasion de ré-éditer ce billet pour évoquer son image.
Le dessert dominical est sacré et aujourd'hui j'ai fait une tarte aux pommes.
Chaque fois je pense à ma grand-mère car c'est elle qui m'a enseigné l'art de la pâte brisée, comment émietter finement le beurre juste ramolli dans la farine...
D'ailleurs j'utilise toujours son rouleau à pâtisserie...
La vie de ma grand-mère tient en une année : 1914
En mars elle s'est fiancée, en mai elle s'est mariée, en août mon grand-père est parti à la guerre, en novembre il a été tué : elle avait vingt-ans.
Elle fut une femme courageuse, elle a continué durant toute la guerre à envoyer des paquets aux compagnons de son mari dans les tranchées...
Elle fut une mère rude et exigeante pour mon père, rêveur et nonchalant.
Elle fut une grand-mère merveilleuse qui m'a fait aimer les fleurs, les vieilles chansons de sa jeunesse " Nous irons écouter la chanson des blés d'or..." et la politique !
Elle aimait débattre, elle vénérait De Gaulle mais détestait les Américains !
Elle est morte il y a trente ans mais elle ne m'a jamais quittée. De temps en temps je m'assieds, elle est à côté de moi et nous causons.
Pour moi c'est ça l'Eternité.
19:50 Publié dans D'une génération à l'autre | Lien permanent | Commentaires (8) |
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Grands-parents passeurs...
"Auparavant, les grands-parents savaient qu'ils ne connaîtraient que les premières années de leurs petits-enfants. Aujourd'hui, ils peuvent imaginer les accompagner jusqu'à l'âge adulte. La durée de vie a augmenté de plus de trente ans depuis les débuts du XXème siècle. Au milieu du XIXème siècle l'homme mourait lorsqu'en moyenne l'un de ses fils atteignait l'âge de 14 ans. Désormais les générations cohabitent plus qu'elles ne succèdent purement et simplement comme dans le passé. Il s'agit tout simplement de vivre ensemble.(...)
A 56 ans une personne sur deux a au moins un petit-enfant ; à 66 ans la proportion grimpe aux trois-quarts.
Si la fréquence des liens entre les grands-parents et leurs petits-enfants s'est accentuée, le contenu des relations s'est modifié. Elles se sont assouplies. Elles ne sont plus fondées sur sur la politesse et le respect...
Aujourd'hui il faut séduire ses petits-enfants...Les relations sont plus démonstratives, fondées sur l'échange, la complicité, la tendresse...
Il faut se faire accepter par ses petits-enfants, les séduire car les grands-parents ne sont plus respectés pour leur expérience ni leur sagesse...
Les grands-parents ne sont acceptés que s'ils sont capables de relations vraies. Ce qui rend les choses difficiles car il faut témoigner sans tromper, dire vraie sans choquer...L'adolescence demande donc une adaptation supplémentaire.(...)
Pourtant les adolescents ont encore plus besoin que les jeunes enfants de leurs grands-parents... Ils acquièrent la possibilité et la volonté de discuter avec les adultes mais il ne leur est guère facile de le faire avec leurs parents.
Pour maintenir le contact, certains rituels comme les fêtes de famille, ont leur importance. La répétition de ces rituels fait prendre conscience aux adolescents que les grands-parents sont les garants d'une certaine permanence comme des repères.
Les grands-parents sont irremplçables : ils sont ceux qui donnent aux ados envie de continuer le parcours de la vie..."'
D'après Isabelle Vial
Panorama
19:20 Publié dans D'une génération à l'autre | Lien permanent | Commentaires (2) |
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mercredi, 07 février 2007
Charles Juliet
Je lis actuellement "Traversée de la nuit", un des tomes du journal de Charles Juliet... Ecrivain discret, très loin des médias et du parisianisme culturel, il a publié fort tard : il devait avoir plus de cinquante ans quand est paru "L'année de l'éveil", roman autobiographique qui l'a fait connaître. Il a occupé une place d'honneur dans les listes d'oeuvres complètes du Bac, en raison de la qualité de son écriture mais aussi parce qu'il touche les adolescents même les plus réfractaires à la lecture...Maintenant l'autobiographique n'est plus objet d'étude au programme et c'est fort dommage.
J'aime cet écrivain dont la prose est superbe, juste, sans fioritures inutiles... C'est un homme tourmenté, mal remis des douleurs de l'enfance, un écrivain de l'intériorité d'une spiritualié exigeante bien que sans Dieu... Il fait partie des rares écrivains qui, à travers l'autobiographie, atteignent l'universel.
Lire aussi "Lambeaux" très beau roman consacré à sa mère...
Rosa
00:10 Publié dans Souvenirs de prof | Lien permanent | Commentaires (2) |
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