dimanche, 18 janvier 2009
Nous avons passé le Cap Horn

Cette nuit les Olibrius sur le bateau Utopia ont passé le Cap Horn. Xavier nous a rejoints. Tout le monde était sur le pont...Ce n'est plus une course en solitaire... PAG hésite encore...depuis le cap, il nous observe avec sa longue vue pour vérifier si les anges nous accompagnent. Tu peux venir, PAG, ils sont bien là...Le point par le capitaine Yves.
Voila c'est fait, il ne reste plus qu’à remonter l'Atlantique, environ 1 mois, mais quelle nuit !!!!
Je ne sais pas ce que Nono avait mis dans les épinards mais c'était l'euphorie totale.
Alsa gambadait tout autour du pont en hurlant Amaury ! Amaury !
Nono lançait les assiettes par dessus bord et Doume les dégommaient aux bouchons de champagne,
Rosa faisait le Guignol derrière la grand voile,
Louis Paul calligraphiait tout cela,
Xavier, qui n'avait embarqué que la veille, nourrissait les poissons, dommage !!!
Philippe Lavil et le Grand Jacques swinguaient sur le bout-avant en hurlant "Hamster Dame !"
Même l'Ernesto est passé nous apporter des cigares.
Et moi, moi qui ne suis que moi, je beuglais à tue tête UTOPIE !!!!
Quelle formidable aventure humaine que cette petite bande de Z'olibrius Utopiques !!!
Un peu d'explications de texte en réponse à quelques énigmatiques messages que seul Alsa a semble-t-il su décrypter.
L'anneau d'or : c'est le signe distinctif que les Cap-horniers avaient le droit de porter en boucle à l'oreille gauche.
Pisser au Vent : Le bord au vent est le coté, le bord, du bateau qui reçoit le vent. L'autre est sous le vent. Mais ce bord est aussi le bord naturel d'aisance or il prend aussi les paquets de mer, vous imaginez la suite ...
Aussi, les Cap-horniers avaient tellement pris de vague que ce n'était pas un petit pipi qui leur faisait peur, mais au sec.

11:31 Publié dans Au jour le jour | Lien permanent | Commentaires (48) | Tags : vendée-globe, lyon |
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vendredi, 16 janvier 2009
Sur la colline qui prie
Le jardin de mes voisins à 9 heures du matin.
Foutu mois de janvier. Mais c'est déjà la mi-temps.
Il y a des jours où on est content que le temps passe.
10:32 Publié dans Image du jour | Lien permanent | Commentaires (37) |
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jeudi, 15 janvier 2009
Femme d'un autre temps
Si on m'avait dit, dans les années 70, quand je militais-terme peut-être excessif, disons quand j'étais très proche-
dans un mouvement "frère" du MLF.
Souvenir souriant : on y organisait, entre autres, des cours de mécanique-auto. Un monsieur charmant guidait nos mains empruntées vers les bougies, le delco et autres curiosités que nous étions très fières d'approcher, comme dans un rite initiatique qui nous aurait donné accès à des mystères interdits.
Inutile de vous préciser que je n'ai jamais eu l'occasion de faire usage de ces connaissances précieuses, sinon pour étaler mon savoir chez le garagiste, au temps où les voitures avaient encore de la mécanique. Ce qui est toujours le cas de mon antique R5.
Donc si j'avais dû lire, à cette époque où j'étais abonnée à "Femmes en Mouvement", très belle revue féministe, ce texte de Georges Navel, j'aurais ricané. Aujourd'hui je le trouve délicieux. Comme la vie nous transforme.
"De temps à autre, un dimanche après-midi, le sergent-major en permission venait passer quelques heures à la maison. Marie l'accueillait dans la grande chambre, elle portait une longue jupe noire, un corsage à col montant et à manches longues. La courbe de sa coiffure un peu bouffante adoucissait son aspect d'institutrice d'orphelinat. Assise, près de la fenêtre, elle brodait. Le beau militaire, assis à distance, couvait de tendres regards la jeune fille qu'il avait rêvé de prendre pour épouse. Embarrassés l'un et l'autre la conversation languissait. Sur un guéridon recouvert d'un napperon brodé, ma mère avait déposé des tasses à café et des verres à liqueur."
Extrait de "Passages" de Georges NaveL
Les photos des tableaux ont été trouvées sur le blogue de Bernard.
Je ne serais pas non plus allée voir ce dernier film de Manoel de Oliveira, tourné par un jeune centenaire. "Miroir magique", film presque sans action, texte sublime, images magnifiques. Intériorité, lenteur, contemplation. L'histoire d'une belle jeune femme, dans une belle demeure qui est prise d'une dévotion éperdue pour la Vierge et attend son apparition. Une atmosphère plus proche des films de Bunuel que de celle des films actuels. Mais il a juste cent ans Manoel de Oliveira.
Le temps passe, le présent nous bouscule, l'avenir nous inquiète, le passé nous rassure.

10:43 Publié dans D'une génération à l'autre | Lien permanent | Commentaires (28) | Tags : lyon, vive la vie, littérature |
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mercredi, 14 janvier 2009
Sa bohème
Rimbaud inspire Aliscan, Aliscan et Aliscan...
Ma bohème fut vide
Sans éclat ni Pont-Neuf
Mes poches étaient solides
Et mon pantalon neuf...
Mon ciel à la maison
Ne portait pas d'étoile
Mais la mouvante toile
Des ombres d'un plafond...
Et j'allais infidèle
J'allais sous la grande-ourse
Mais jamais sous le ciel
je n'ai suivi sa course.
16:18 Publié dans Coups de coeur | Lien permanent | Commentaires (10) | Tags : vive la vie, poésie |
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Le capitaine de l'Utopie parle aux Olibrius

Yves, capitaine virtuel d'un bateau virtuel engagé dans le Vendée-Gloge...virtuel, fait le point sur sa navigation que suivent un certain nombre d'entre vous.
"Depuis ma dernière vacation, Pap'Yves, rebaptisé Utopie par une bande de joyeux z'olibrius, a continué son petit bonhomme de chemin. Quelques journées d'euphorie grisantes succédées par des erreurs d'appréciation du Skipper trop gourmand en gain de place. Il s'en suit toujours un moment de profonde dépression et puis, le vent monte, sa direction change, je trouve un couloir favorable et c'est repartit mon Kiki.
Actuellement, je suis au 109W et 44 S, à 8 717 Milles des Sables d'Olonne. Je ne suis que 53 369 ème / 270 000, lorsque je me compare à des voisins d'avant erreurs, je pourrais être 5 000 ème et avoir passé le Cap Horn à 7 000 milles de l'arrivée mais bon c'est la vie et la prochaine fois je tacherai de partir le jour du départ et de rester avec les premiers. D'autant que les prochaines courses seront plus courtes, 3 mois d'addiction c'est long. Mais le petit phoque que j'ai rencontré hier après-midi m'a dit que c'était bien alors je suis content.
Pour revenir à la vraie course, Desjoyaux est toujours en tête mais les suivants sont décimés à tel point qu'il a décidé de lever le pied pour éviter l'avarie.
Une formidable histoire de Mer entre Le Cam et Riou, le deuxième ayant sauvé le premier mais en abiment son gréement puis en perdant son mat. Ils sont rentrés à Ushuaia. Devant l'acte de solidarité la direction de course a décidé de classer Riou troisième exaequo, classement qu'il avait lors de son sauvetage. Eh ! les Alsaciens vous avez déjà connu ça dans le Futbol ?
A propos d'Alsacien, figurez vous que dans quelques jours, je vais vous laisser à vos frimas pour aller passer un mois sur un petit archipel de Guadeloupe, j'ai nommé Les Saintes.
Bien sur, il y a, peut-être car aux Antilles c'est toujours peut-être, internet sur l'Île. Mais j'ai pensé qu'Alsa pourrait prendre la barre de l'Utopie, s'il arrive à nous trouver ! Qu'en pense-t-il ? Nous devrions être arrivés fin Février. Comme je n'ai pas trouvé de contact sur son site, il peut me répondre chez Rosa ou par le mail de Rosa.
Il parait que je dois entrer dans la blogosphère à mon retour, bien sur je vous raconterai les Saintes.
Bon en attendant, ça hume bon dans la cambuse, Nono a encore fait des siennes !!!"
Yves, le Capitaine
Et plus particulièrement pour Noelle
10:12 Publié dans Au jour le jour | Lien permanent | Commentaires (10) | Tags : lyon, vendée-globe |
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mardi, 13 janvier 2009
Quand les objets du passé tendent la main au présent
Coincée dans un embouteillage du vendredi soir, j'ai entendu à la radio des préconisations pour éviter les deux épidémies du moment, la grippe et la gastro-entérite dispensées par l'hygiéniste de service sur France-Info.
Les hygiénistes ont remplacé les religieux d'antan : comme avec les bonnes soeurs de ma jeunesse, il faut toujours suivre la pente qui monte pour assurer son Salut, ne pas boire, se fatiguer à courir, se priver de tout ce qu'on aime et j'en passe.
Pour éviter les contagions, il faut donc, et c'est entré dans nos moeurs, utiliser un mouchoir à "usage unique." Je ne sais pas pourquoi, ont défilé dans ma tête, les images des paysans de mon enfance. Je les revois, avant de se moucher, en un geste lent et solennel, ils dépliaient leur grand mouchoir à carreaux copieusement maculé, et cherchaient un coin un peu moins sale pour soulager leurs narines en soufflant bruyamment. Avec le même calme, ils le repliaient et le fourraient dans leur poche. L'opération durait un certain temps même si je l'allonge un peu par le souvenir. Avaient-ils plus la grippe qu'aujourd'hui ?
Récemment, je me suis trouvée dans ma chambre avec ma petite-fille qui a éprouvé une envie urgente de se moucher.
J'ai pris un mouchoir sur une pile que je conserve dans un placard. Pile de mouchoirs récupérés, ceux de mon enfance, ceux de mon père qui n'a jamais pu s'habituer au mouchoir en papier-c'était un cadeau traditionnel le mouchoir brodé à nos initiales et on ne peut dire qu'il nous ravissait. Celui-ci, en photo, est d'une arrière grand-tante. Elle l'a brodé elle-même et il a plus de cent ans. L'ourlet, un très fin roulotté dont on ne voit pas les points, est une merveille.
Je tends donc un mouchoir à ma petite-fille, un joli avec une dentelle au bord, et voilà qu'elle m'interroge :
- Qu'est-ce que c'est ça mamie ?
Moi interloquée.
- C'est un mouchoir ma chérie, tu peux te moucher dedans.
Elle s'exécute puis, l'ayant replié, se dirige vers la poubelle de la salle de bains avec l'intention de l'y jeter. Je rectifie le geste à temps pour l'orienter vers la corbeille à linge sale.
Ouf ! "l'usage unique" a été respecté et ma petite-fille a découvert un objet de patrimoine.
10:37 Publié dans Des objets et des mots..., D'une génération à l'autre | Lien permanent | Commentaires (16) | Tags : lyon, vive la vie |
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