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dimanche, 09 novembre 2008

Passage

Sur le blogue de Frasby et grâce à Marc, découverte d'un poète québécois.

Merci à eux.

Dans les lointains de ma rencontre des hommes
le cœur serré comme les maisons d'Europe
avec les maigres mots frileux de mes héritages
avec la pauvreté natale de ma pensée rocheuse

j'avance en poésie comme un cheval de trait
tel celui-là de jadis dans les labours de fond
qui avait l'oreille dressée à se saisir réel
les frais matins d'été dans les mondes brumeux

Gaston Miron

samedi, 08 novembre 2008

L'invité de la soirée

Je sais que plusieurs d'entre vous aiment le rugby.

J'invite donc notre ami Pierre Ulm, le passionné, à venir commenter le match de ce soir.

Puisque lui-même se considère comme un invité.

Permanent, Pierre, faut-il le préciser.

Pour ma part je me contenterai de citer Charles Juliet.

"Mais tu ne veux pas te laisser sombrer. Ta passion pour le rugby a supplanté ta passion pour la boxe. Tu es le capitaine d’une équipe qui ne remporte que des victoires, ce qui vous vaut à l’intérieur de l’école une indéniable considération. Quand le colonel t’aperçoit dans la cour, il arrive qu’il t’appelle pour te féliciter et te prodiguer ses encouragements.

Pendant les matches, tu te livres à fond, oublies tout, et lorsque vous êtes de retour au vestiaire, tu es à ce point vidé que tu dois t’accorder quelques minutes de récupération avant d’être à même de délacer tes chaussures. Ces moments où tu t’entraînes, où tu joues, les seuls où tu adhères à toi-mêrne. Les seuls où tu échappes à ce qui te tourmente. Les seuls qui aient le pouvoir de t’arracher au temps.

En dehors de ces moments, tu traînes ta mélancolie."

Extrait de Lambeaux.

 

mercredi, 05 novembre 2008

Chicago et Marilyne Monroe

http://uk.youtube.com/watch?v=AJ6CSOLxbeM

Ma chanson préférée, pour ceux qui ne le savent pas encore.

La Complainte du Phoque en Alaska

Cré-moé, cré-moé pas
Quéqu' part en Alaska
Y a un phoque qui s'ennuie en maudit
Sa blonde est partie
Gagner sa vie
Dans un cirque aux États-Unis

Le phoque est tout seul
Y r'garde le soleil
Qui descend doucement sur le glacier
Y pense aux États
En pleurant tout bas
C'est comme ça quand ta blonde t'a lâché

Ça vaut pas la peine
De laisser ceux qu'on aime
Pour aller faire tourner
Des ballons sur son nez
Ça fait rire les enfants
Ça dure jamais longtemps
Ça fait plus rire personne
Quand les enfants sont grands

Quand le phoque s'ennuie
Y r'garde son poil qui brille
Comme les rues de New York après la pluie
Y rêve à Chicago
À Marilyn Monroe
Y voudrait voir sa blonde faire un show

(musique)

C'est rien qu'une histoire
J' peux pas m'en faire accroire
Mais des fois j'ai l'impression qu' c'est moé
Qui est assis sur la glace
Les deux mains dans la face
Mon amour est partie pis j' m'ennuie

Ça vaut pas la peine
De laisser ceux qu'on aime
Pour aller faire tourner
Des ballons sur son nez
Ça fait rire les enfants
Ça dure jamais longtemps
Ça fait plus rire personne
Quand les enfants sont grands

Ça vaut pas la peine
De laisser ceux qu'on aime
Pour aller faire tourner
Des ballons sur son nez


 

Demain est ailleurs

Rose par Rosa.jpg

mardi, 04 novembre 2008

Souvenir d'un poète

Louis-Paul, en citant Lamartine sur son blogue, m'a donné envie de relire ce poète. Je l'avais vénéré à une époque puis renié et peut-être retrouvé. Signe de vieillissement ?

lamarti.jpg
Milly, la maison d'enfance que le poète a dû vendre.

Milly ou la terre natale

Pourquoi le prononcer ce nom de la patrie ?
Dans son brillant exil mon coeur en a frémi ;
Il résonne de loin dans mon âme attendrie,
Comme les pas connus ou la voix d'un ami.

Montagnes que voilait le brouillard de l'automne,
Vallons que tapissait le givre du matin,
Saules dont l'émondeur effeuillait la couronne,
Vieilles tours que le soir dorait dans le lointain,

Murs noircis par les ans, coteaux, sentier rapide,
Fontaine où les pasteurs accroupis tour à tour
Attendaient goutte à goutte une eau rare et limpide,
Et, leur urne à la main, s'entretenaient du jour,

Chaumière où du foyer étincelait la flamme,
Toit que le pèlerin aimait à voir fumer,
Objets inanimés, avez-vous donc une âme
Qui s'attache à notre âme et la force d'aimer ?...

(...)

Voilà le peuplier qui, penché sur l'abîme,
Dans la saison des nids nous berçait sur sa cime,
Le ruisseau dans les prés dont les dormantes eaux
Submergeaient lentement nos barques de roseaux,
Le chêne, le rocher, le moulin monotone,
Et le mur au soleil où, dans les jours d'automne,
Je venais sur la pierre, assis près des vieillards,
Suivre le jour qui meurt de mes derniers regards !
Tout est encor debout; tout renaît à sa place :
De nos pas sur le sable on suit encor la trace;
Rien ne manque à ces lieux qu'un cœur pour en jouir,
Mais, hélas ! l'heure baisse et va s'évanouir.

Alphonse de Lamartine

lundi, 03 novembre 2008

Les folles de la Salpêtrière

à Léopold

Comme le livre d'Enquist m'a marquée, je vous en propose un nouvel extrait.

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Conduite des filles de joie à la Salpêtrière au XVIIIème siècle.

"En 1657, la mendicité fut interdite à Paris, les mendiants furent arrêtés et conduits à la Salpêtrière, qui au XVIIIè siècle devint le plus grand hospice d'Europe avec plus de huit mille patients et prisonniers.

Personne n'arrivait à distinguer ces deux notions, patient t prisonnier. On finit par se mettre d'accord pour dire patient.

Les vieux, les sans-ressources, les mendiants, les prostituées atteintes de maladies vénériennes, les paralysés, les malades chroniques, les spastiques, les malades mentaux et les enfants abandonnés, tous furent réunis là. Aussi ceux qui n'entraient dans aucune de ces catégories mais qu'on avait fini par définir ainsi. Ceux qui se trouvaient tout en bas de l'échelle séjournaient dans le ventre du Château, la cavité abdominale qu'on appelait les Loges des Folles : des caves avec sol en terre battue destinées aux  femmes aliénées démentes, ou les patientes les plus faibles étaient rapidement mises à mort par des hordes de rats belliqueux qui dans le noir engageaient la lutte pour la survie, une lutte qu'ils remportaient généralement face à ces intruses d'un âge avancé."

Pendant la Révolution française, l'aliéniste Philippe Pinel, esprit marqué par les Lumières, devient directeur de la Salpêtrière. Il tente d'humaniser le lieu et de libérer les femmes.

"Citoyen Pinel serais-tu fou pour libérer ces femmes animales !"

Il obtient gain de cause.

"Quelques centaines de femmes furent alors remontées à la lumière du jour. Une foule révoltée effrayée par l'aspect physique de ces femmes se jeta sur Pinel. Celui-ci fut sauvé par un soldat du nom de Chevigne, qu'il venait de libérer de dix années aux fers."