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vendredi, 27 décembre 2013

Pourquoi j'étais venue...

Mon blogue a sept ans et chaque jour je me culpabilise un peu plus de le laisser en friches.

J'y pense souvent, ce qui signifie que je pense souvent à vous et aux bons moments, aux grandes joies que je dois à chacun d'entre vous, à  tous ceux qui ont laissé leur trace.

Je préfère ne pas les -vous- énumérer pour n'oublier personne.

Il y a ceux qui continuent courageusement comme Choubine, Noelle,  Louis-Paul... ceux qui ont quitté la blogosphère et que j'ai beaucoup regrettés, et hélas ceux qui sont morts.

Pourquoi j'étais venue.

Mes premières notes, d'ailleurs supprimées, je les avais écrites dans la douleur et les larmes.

 Noël 2066 : mon fils aîné alors jeune trentenaire et déjà marié, fait ce que les spécialistes nomment une crise d'errance, en fait symptôme d'une maladie psychique. Il était parti trois jours sans qu'on sache où le trouver.

Il avait fallu passer Noël avec ça.

Depuis Noël a toujours pour moi un goût amer.

Le blogue a été un refuge et la communauté d'amis que j'y ai trouvés un soutien inestimable. À l'époque, j'étais seule, Roso travaillait au Havre. Je passais presque mes jours et une partie de mes nuits devant cet écran, dans une relation fusionnelle avec tous ceux que je croisais sur la terra incognita qu'était pour moi la blogosphère.

Terra incognita et terre de l'oubli. De l'oubli bienfaiteur.

Au fil des années l'état de mon fils s'est stabilisé après d'autres crises analogues. Il ne tient plus de propos délirants mais n'est pas en état de travailler.

Nous avons fait le deuil d'un "fils normal" : il a la chance d'avoir conservé son épouse qui est adorable. C'est un homme plutôt calme, passionné d'arts et d'archéologie mais complètement déconnecté de la réalité.

Roso a ensuite pris sa retraite.

J'ai trouvé une nouvelle vie avec de nombreuses activités qui me passionnent, mais aussi des déplacements nombreux dans la famille et tous les travaux qu'exige une maison quand on l'a laissée dans son jus pendant vingt-ans.

Voilà chers amis...

Un petit passage... pour dire pourquoi j'étais venue et pourquoi je suis souvent partie.

 

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mercredi, 25 décembre 2013

Noël

Puer natus est


Dans la paix tiède de l'étable

Bêtes et gens se sont tus.

Le silence écoute le silence.

L'obscurité tend l'oreille à la nuit.


Le temps s'est installé

Bien au chaud

Pour quelques heures sans histoires.

Le sommeil exorcise

L'attente inquiète du jour.


Les pleurs d'un nouveau-né

Viennent

Tout à coup,

Importuner la nocturne routine.

Les choses sont ainsi faites :

C'est en pleurant

Que l'homme découvre le monde.

Le rire viendra plus tard,

Plus tard aussi,

Le regard enfin rassuré et confiant.


On posera l'enfant

Sur un petit tas de paille fraîche

Et le silence

Á ce moment là,

Saura ce qu'il veut dire.


J'ai pleuré ma vie

Moi aussi

En son temps

Et ne suis vraiment né

Que devant le sourire de ma mère!


samedi, 07 décembre 2013

Merci Alsa

Merci Alsa d'être revenu et d'y avoir pensé...

 

jeudi, 24 octobre 2013

Absence...

Peut-on justifier une absence ?

Faut-il d'ailleurs justifier quand la vie s'est passée ailleurs ?

Ai-je fait les mauvais choix ? 

J'ai retrouvé le chemin du blogue, de justesse j'ai récupéré dans ma mémoire mes codes d'accès.

Ce matin, un texte publié par mon cher ami poète,  Pierre Autin-Grenier m'a rappelée à l'ordre.

Je vous le livre...

aller au bout de ce carnet
me prendra-t-il le temps de vivre
je vois la menace précise
aujourd’hui qu’il pleut lentement

le temps d’écrire je l’avais
dépensé trop souvent avec
le temps de ne rêver à rien
(ou paresser comme un vieux chien)

de méditer à la façon du chat
et de somnoler dans ma tour
d’ivoire imaginaire
ou ma tombe de vampire vulgaire

mais le temps est venu du pire
qui rime opportunément
avec la perte d’un empire
que l’on situait hors du temps

*********

aller au bout de ce carnet
me prendra-t-il le temps de vivre
je vois la menace précise
aujourd’hui qu’il pleut lentement

le temps d’écrire je l’avais
dépensé trop souvent avec
le temps de ne rêver à rien
(ou paresser comme un vieux chien)

de méditer à la façon du chat
et de somnoler dans ma tour
d’ivoire imaginaire
ou ma tombe de vampire vulgaire

mais le temps est venu du pire
qui rime opportunément
avec la perte d’un empire
que l’on situait hors du temps

*********

on voit l’ombre des loups
se glisser près des haies
lorsque l’on est enfant

à l’heure où le sommeil
est censé nous saisir
on se dédouble enfin

on se regarde aller
dans la nuit froide et pure
aux confins d’un pays

où les louves accueillent
nos désirs et nos peurs
devient loup pour rire

dans la meute idéale
et le temps se renverse
on vit sous les étoiles

parmi les feulements
des bêtes maternelles
et les images bleues
des livres interdits.

*********

la tempête ne dit pas son nom
ni n’annonce les désastres
un homme crie le cyclone
a renversé l’église

un jour la forêt pétrifiée
retrouvera les oiseaux
mais qui dira que l’avenir
est juste un monde englouti

*********

travaille prends de la peine
fais des vers de mirliton
le travail amuse, le ton
donne du sel à la peine

tu dis qu’il neige écris-le
il neigera doublement
tu dis qu’il vente le vent
s’emparera de la ville

tu n’en as plus pour longtemps
mets de l’ordre dans le temps
c’est l’hiver - or le printemps
te refusera l’asile


Jean-Claude PIROTTE
extrait de « Le très vieux temps »
éditions Le temps qu’il fait, 2012.

mardi, 13 août 2013

Départ pour un pays civilisé...

Cette fois je pars ! 

Pour un pays "civilisé", très même ! L'Angleterre. Nous allons au baptême de notre seconde petite-fille près de Stradford -ville de Shakespeare- car notre belle-fille est anglaise.

Voilà un voyage qui me convient mieux ! 

 

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dimanche, 11 août 2013

Le voyage que je n'ai pas fait...

Cette année, en juin,  Roso est parti seul en voyage, seul avec un petit groupe d'amis... Destination l'Islande. Je ne l'ai pas accompagné dans ce pays qui l'attirait depuis longtemps. Quant à moi, un pays dont le seul intérêt est la beauté des paysages ne me motive pas... Il faut dire aussi  que les conditions de voyage à la Paul-Émile Victor ne me tentaient guère... Une semaine de randonnée avec des gués à passer pieds-nus dans une eau à 0°, ce n'est pas trop pour moi, de même que les deux semaines à quatre dans un camping-car. Je préfère dormir sous les tentes mauritaniennes. Je l'ai donc attendu à Lyon... Les photos m'ont suffit... Et le compte-rendu d'une copine du groupe m'a confortée dans l'idée que j'avais eu raison.

Donc, des photos de Roso ! 

 

2 blocsvolcaniques ds désert noir.jpg

désert d'eau.jpg

glace qui fond.jpg

 

lac ss la neige.jpg

pluie au loin.jpg

 

ferme 1.jpg

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samedi, 03 août 2013

Vacuité du monde

Entendu ce jour alors que nous sommes écrasés par la chaleur estivale. Un texte connu mais qui perturbe, dérange, étonne, interroge... Un texte qui colle mal avec le monde dans lequel on vit...

Vanité des vanités, dit l'Ecclésiaste, vanité des vanités, tout est vanité.

Quel avantage revient-il à l'homme de toute la peine qu'il se donne sous le soleil?

Une génération s'en va, une autre vient, et la terre subsiste toujours.

Le soleil se lève, le soleil se couche; il soupire après le lieu d'où il se lève de nouveau.

Le vent se dirige vers le midi, tourne vers le nord; puis il tourne encore, et reprend les mêmes circuits.

Tous les fleuves vont à la mer, et la mer n'est point remplie; ils continuent à aller vers le lieu où ils se dirigent.

Toutes choses sont en travail au delà de ce qu'on peut dire; l'oeil ne se rassasie pas de voir, et l'oreille ne se lasse pas d'entendre.

Ce qui a été, c'est ce qui sera, et ce qui s'est fait, c'est ce qui se fera, il n'y a rien de nouveau sous le soleil.

S'il est une chose dont on dise: Vois ceci, c'est nouveau! cette chose existait déjà dans les siècles qui nous ont précédés.

On ne se souvient pas de ce qui est ancien; et ce qui arrivera dans la suite ne laissera pas de souvenir chez ceux qui vivront plus tard.

Moi, l'Ecclésiaste, j'ai été roi d'Israël à Jérusalem.

J'ai appliqué mon coeur à rechercher et à sonder par la sagesse tout ce qui se fait sous les cieux: c'est là une occupation pénible, à laquelle Dieu soumet les fils de l'homme.

J'ai vu tout ce qui se fait sous le soleil; et voici, tout est vanité et poursuite du vent.

Ce qui est courbé ne peut se redresser, et ce qui manque ne peut être compté.

J'ai dit en mon coeur: Voici, j'ai grandi et surpassé en sagesse tous ceux qui ont dominé avant moi sur Jérusalem, et mon coeur a vu beaucoup de sagesse et de science.

J'ai appliqué mon coeur à connaître la sagesse, et à connaître la sottise et la folie; j'ai compris que cela aussi c'est la poursuite du vent.

Car avec beaucoup de sagesse on a beaucoup de chagrin, et celui qui augmente sa science augmente sa douleur.

L'Ecclesiaste 1, 1-18