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vendredi, 15 juillet 2016

Fatiguée

J'avais préparé pour ce week-end une note sur mes lectures d'été. Mais hier soir, au retour du feu d'artifice lyonnais, l'horreur m'a à nouveau assommée comme elle a bouleversé tous les Français. 

Nous sommes sidérés, abasourdis, anesthésiés mais surtout fatigués par cette déferlante de haine.

Fatigués de pleurer, de nous émouvoir.

Fatigués de ces émotions inutiles en pensant et maintenant "à qui le tour, ça ne finira jamais." 

Fatigués d'en parler, d'analyser, de chercher à comprendre.

Éprouvés et sans voix.

donc je n'ai plus  la tête à mes lectures.

finalement je me suis réfugiée dans le dérisoire et j'ai fait de la confiture.

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mercredi, 22 juin 2016

Passage

Peut-on encore s'appeler "Passage" quand on n'y passe plus... A moins qu'une horloge cachée m'ait prescrit pour ce blogue, un rythme mensuel.

Inspirée par le soleil d'été enfin présent ? Pas sûre. Cela inciterait plutôt à sortir. Le manque ? Pas vraiment non plus.

Je suis plutôt bonne dormeuse mais en cas d'insomnie j'écris sur ce blogue. Je devrais me lever mais j'ai des insomnies plutôt brèves et  beaucoup de peine à quitter le lit. Donc le matin, soit j'ai oublié soit je trouve que c'est nul.

Mon ami Pierre Autin Grenier le poète s'astreignait à écrire tous les jours. Mais il faut croire que ce n'est pas ma vocation.

Ma vocation ce serait plutôt de déménager chaque jour une sorte de bric-à-brac que les temps, les autres ou je ne sais qui déposent à ma porte.

Mon incapacité à dire non : quelle tare.

Avec la venue de l'été un peu de temps disponible s'installe.

Un peu de temps pour moi, un peu de temps pour vous : enfin j'espère.

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La Ferme du Pecheur

 

mardi, 24 mai 2016

Hier et aujourd'hui

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J'ai renouvelé mon abonnement à Hautetfort.

Chaque année la même impression d'un engagement, de signer un pacte.

Et pourtant je mesure que c'est plus difficile qu'hier.

La vie quotidienne prend le dessus, dévore ce modeste jardin de ses lianes et de ses herbes folles, étouffant les mots et l'écriture.

Il y a toujours urgence pour quelque chose ou quelqu'un.

Je m'agite trop sans doute.

Mais quand je me poserai, ne sera-t-il pas trop tard ?

lundi, 23 mai 2016

Quand est-ce qu'on s'y met ?

Pour Organza...

Quand je serai vieille, je m’habillerai de mauve
Je mettrai un chapeau rouge qui jure avec ma robe
Je dépenserai ma pension en cognac et en gants de dentelle
En sandales de satin et je dirai que
Nous n’avons pas les moyens d’acheter du beurre

Je m’assoirai sur le trottoir quand je serai fatiguée
Je tirerai les sonnettes d’alarme
Je ferai courir ma canne sur les barreaux des clôtures
Je rattraperai le temps perdu quand j’étais jeune et sérieuse

Je sortirai en pantoufles sous la pluie
Je cueillerai des fleurs dans les jardins des autres
J’apprendrai à cracher très loin
Mais peut-être devrais-je m’exercer un peu avant
Afin que mes amis ne soient pas surpris et choqués
Quand tout à coup je serai vieille
Et que je m’habillerai de mauve

Rose in the afternoon, Jenny Joseph, 1963

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mercredi, 06 janvier 2016

Quand le monde s'illumine

Hier.  matin, 9 heures, sur le quai du tramway. 

Le tram arrive, la porte s'ouvre. Un jeune homme devant moi, mieux placé pour monter le premier, s'efface et me fait signe d'entrer avec un grand sourire.

Ce jeune homme ne le sait pas mais son geste devenu rare, et donc précieux, a illuminé le début de ma journée.

 Scène suivante. La réunion de début d'année de mon association de grands-parents. Parmi nos nombreuses activités nous avons la distribution de tricots confectionnés avec goût, amour , passion par des grands-mères que nous distribuons dans les maternités ou aux restos du cœur. Ce matin nous découvrons la très belle lettre de la responsable d'un des centres pour bébés mais aussi les remerciements des mamans bénéficiaires. Certains mots sont écrits quasiment en phonétique mais ils nous réjouissent profondément. 

Je pourrais ainsi continuer ma journée.

Notre vie quotidienne est remplie de belles personnes comme on dit aujourd'hui, de gens positifs, d'actions utiles et généreuses.

 Je ne pense pas vivre dans un cocon, c'est une question de regard.

Cet été j'ai eu l'occasion d'écouter le témoignage d'un journaliste écrivant dans notre quotidien local : Le Progrès.

Il avait fait pour nous un très intéressant retour sur sa carrière. Débutant dans un journal de la presse nationale, il avait été envoyé sur un terrain de guerre, en Irak je crois. Il était rentré traumatisé par ce dont il avait dû rendre compte dans ses articles.

Au point d'en faire une dépression. Raison pour laquelle il avait choisi de travailler au Progrès. Ses articles concernent la vie quotidienne, loin certes des grands débats et des grandes idées qu'on peut se toute façon trouver ailleurs.

Mais des articles qui changent le regard.

Comme il l'avait souligné dans son témoignage, nous sommes finalement davantage entourés de gens positifs et génèreux que de salauds. 

Changer de regard n'est pas être dans le déni de ce qui va mal, mais pour ce qui va mal on ne manque pas de moyens d'en être informés. 

Mais des actes justes, bons ou tout simplement attentionnés, qui s'en charge ? 

dimanche, 03 janvier 2016

Nostalgie

" Pour  un flirt avec toi je ferais n'importe quoi..."

c'est le début d'une des chansons les plus célèbres de Michel Delpech qui vient de nous quitter.

nous sommes sans doute nombreux à l'avoir en tête ce matin.

Une chanson légère qui porte en elle toute l'insouciance de notre génération et de l'amour dans les années 70. 

Le flirt ça n'engageait pas et ça n'allait pas toujours jusqu'au 

"petit tour au petit jour entre tes draps".

une sorte d'entraînement à l'amour en quelque sorte. Une préparation. 

Pour ma génération le flirt c'était "avant" la relation amoureuse sérieuse et engagée. 

Aujourd'hui le mot ne s'emploie plus.

Peut-être parce que cette relation serait devenue la seule relation amoureuse normale, banalisée. 

D'où la nostalgie quand surgissent ainsi certains mots de notre jeunesse qui nous renvoient à une époque vraiment disparue.

jeudi, 02 juillet 2015

Amitié virtuelle, amitié éternelle...

1623703_10203118278215060_2122123558_n.jpgAlsacop devenu Alsa, un de mes premiers amis de la blogosphère est parti.

Au-delà des nuages, des blogues, de sa famille.

Vraiment parti.

Il s'appelait Mario dans la vraie vie.

Je l'ai connu ainsi que Doume, mes deux amis alsaciens, fin 2006.

Je savais qu'il était lourdement handicapé, en fauteuil roulant à l'extérieur, avec deux béquilles dans sa maison.

La blogosphère heureusement est un territoire où le fauteuil est inutile. Avec Yves, Noelle, Doume, Alsa nous avions, initiée par Yves, suivi une Transate virtuelle sur un bateau que nous avions baptisé l'Utopie. Yves aussi soignait un cancer et il est parti lui aussi.

Des décennies de  souffrance et de lutte. Un magnifique combattant Mario.

Des heures de travail sur son corps, au quotidien, pour rester tonique. Et il l'était parfaitement tonique. Plus tonique dans son fauteuil que certains  valides sur leurs deux jambes.

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Je peux l'écrire   car je l'ai rencontré chez lui il y a juste un an. Avec Roso nous avions eu l'opportunité d'un séjour en Alsace en juin 2014.

Alsa et Doume nous avaient accueillis, ainsi que leurs épouses, de façon splendide et chaleureuse. Nous avions fêté leurs deux anniversaires car tous deux sont né en juin.

 

Cette année  Mario est parti  en soins palliatifs juste après ce nouvel anniversaire.

Son dernier séjour à l'hôpital.

J'avais publié le très beau texte qu'il avait écrit sur une journée à l'hôpital car il en avait connu beaucoup.

Adieu donc Alsa, Adieu Mario : ami virtuel et ami réel.

Quel réconfort de t'avoir rencontré l'an dernier.

Amitié virtuelle, amitié réelle dont il me restera une image charnelle.

 

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Photo prise et envoyée par Doume