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mardi, 24 juillet 2007

Coup de froid sur Les Xanthines

Le bistrot du commerce équitable des Xanthines que je vous ai déjà présenté est menacé dans son existence.
Comme toujours, les sales coups arrivent l'été.

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C'est ma copine Catherine, que vous voyez ci-dessus en photo qui m'a alertée hier. Notre présidente a connu la nouvelle sur son lieu de cure où, dit-elle, elle a reçu une douche froide au milieu des douches chaudes.
Alors voilà.
La propriétaire des lieux qui a été la fondatrice du bistrot veut dénoncer le bail de location. Elle avait dû abandonner l'animation du café quand son mari était tombé malade. Depuis, il est décédé. Restée membre du conseil d'administration, elle a depuis toujours eu une position négative et joué un rôle d'opposition. Comme si elle supportait mal que le café fonctionne bien sans elle. En particulier elle refusait le fonctionnement régulier imposé aus Associations de loi 1901. Elle a écrit à notre présidente alors qu'à la dernière réunion de CA (7 juillet) elle n'avait rien dit de ses intentions.
Mais je suis optimiste : nous trouverons des solutions. J'ai déjà des idées.

jeudi, 14 juin 2007

Berges du Rhône

Les berges du Rhône étaient, à Lyon, occupées par des parkings. Elles ont été réaménagées en promenades très agréables, inaugurées mi-mai.
Pourqoi pas un lieu de pique-nique entre blogueurs lyonnais (et leurs amis) ? Qu'en penses-tu Ashab ?

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Sur cette dernière photo, on aperçoit l'Hôtel-Dieu ancien hôpital du XVIème siècle où Rabelais a exercé comme médecin. L'hôpital est encore en activité avec un service de maternité très renommé, spécialisé dans les naissances à risques.

vendredi, 08 juin 2007

Des femmes pour la paix

Madina MAGOMADOVA, Présidente de l'association "Mères de Tchétchènie" était à Lyon, ce mardi 5 juin, invitée par le Comité Tchétchénie de Lyon, animé par Bleuenn Isambard.
C'est une femme d'exception que nous avons eu le privilège de rencontrer. Madina Magomadova est née en exil au Kazakhstan en 1954. Après des études d'agriculture elle a occupé différentes fonctions à la direction de l'Agriculture en Tchétchènie jusqu'à la guerre de 1994 qui a changé son existence.
Depuis, en tant que présidente des "Mères de Tchétchènie", elle consacre sa vie à la recherche des citoyens tchétchènes disparus. Membre à l'ONU de différentes commissions des Droits de l'Homme, de groupes inter-parlementaires à Strasbourg et membre d'd'honneur du bureau international de la Paix à Genève, elle parcourt le monde pour faire entendre la voix des femmes de Tchétchènie et pour que leur combat ne soit pas oublié.

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Photo de Anne-Sophie Zika
Photographe de presse


Devant les lyonnais, Madina Magomadova a commencé par un rappel historique des conflits endurés par la Tchétchènie. Ce petit peuple du Caucase souffre depuis la nuit des temps de son voisinage avec la Russie. Il a connu douze guerres en trois siècles et six déportations. Tous les 40/50 ans il subit une agression de ses voisins russes.
Pourquoi ?
D'après Madina Magomadova c'est un peuple libre, qui a toujours refusé l'esclavage. En langue tchétchène le mot d'accueil de bienvenue est "entre avec la paix".
En 1944 le peuple tchétchène a été déporté par Staline, cinquante ans plus tard, en 1994, éclate la guerre provoquée par Eltsine puis en 1999 une seconde guerre. Entre ces deux guerres, 35% de la population a été tuée. Mais aussi les livres ont été détruits, la mémoire du peuple tchétchène éradiquée.
Or toutes les difficultés de ces guerres ont été portées par les femmes : sauver la vie des hommes, trouver la nourriture et surtout rechercher les disparus.
Madina Magomadova consacre sa vie à cette recherche, aide et encourage les femmes à faire de même.
Elle a dû commencer par sa propre famille. L'un de ses deux frères a été tué par les Russes mais elle cherche toujours le second.
Dès qu'elle apprend la mise à jour de charnier, de cadavre ou même de cendres retrouvées, elle se précipite pour tenter de procéder à une identification.
Ces disparitions et l'ignorance qui s'ensuit provoque chez les femmes tchétchènes des blessures profondes. C'est une torture lente, affirme Madina Magomadova. D'autant que arrestations et les enlèvements se poursuivent aujourd'hui. Elle-même doit prendre des précautions, surtout depuis l'assassinat de la journaliste russe, Anna Politkosvskaya. Elle n'a plus d'appartement et ne dort jamais deux nuits de suite au même endroit.
Les disparus ne sont jamais retrouvés vivants. Pour récupérer leurs corps, l'association doit acheter les renseignements aux soldats russes qui les monnayent très cher.
En Tchétchénie, les femmes souffrent, développent des maladies, deviennent folles ou meurent de chagrin.
Partout où il y a la guerre décidée par les hommes, les femmes consolent, réparent, guérissent, enterrent les morts et maintiennent la vie.

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Madina Magomadova avec Bleuenn et Catherine du Comité Tchétchénie.

"Lysistrata :
Je vais parler, car il ne faut pas que la chose reste secrète. Nous avons, ô femmes, si nous voulons contraindre nos maris à faire la paix, à nous abstenir....

- Cléonice :
De quoi ? Dis.

- Lysistrata :
Le ferez-vous ?

-Cléonice :
Nous le ferons, dussions-nous mourir.

-Lysistrata :
Eh bien, il faut nous abstenir... du membre."


Aristophane
(450 avant JC)

lundi, 04 juin 2007

Roman familial

A Lyon se tenaient les Assises Internationales du Roman, dans un lieu magnifique, un ancien fort restauré en bord de Saône : Les Subsistances.
J'avais réservé ma place pour la rencontre sur le roman familial, thème qui m'intéressait particulièrement.
Comble de l'ironie, j'ai expédié, ce dimanche, le repas de la fête des mères pour assister à cette table ronde où l'on a dit ... beaucoup de mal de la famille.
Première auteure intervenante, Zeruya Shalev, écrivaine très célèbre dans son pays : Israël. Passionnante.
En effet "Comment peut-on vivre dans un pays tellement politisé et écrire sur la vie de famille ?" nous a-t-elle dit. Pourtant là est sa quête : le couple, la famille, l'intime. En Israêl le modèle familial est imposé par la Bible et ses histoires familiales fondatrices. "Nous naissons et grandissons dans l'ombre d'une histoire familiale vieille de milliers d'années." Je pense que je lirai son livre :"Thèra"
Après elle intervention d'une autre écrivaine, l'américaine Rikki Ducornet. Alors là, je zappe. Je n'ai pas compris ses histoires présentées comme oniriques mais faisant large place à la scatologie.
Elle fut suivie par un Danois, Jens Christian Grondahl lui aussi très intéressant car, se confrontant à l'auteure israélienne, il a fait ressortir que son pays ayant, au contraire d'Israël, échappé à l'emprise de l'Histoire, la famille n'en avait pas été épargnée pour autant. L'individu doit fuir le cercle familial, contraignant, pour aller vers des affinités électives. Tout en reconnaissant que la famille est le lieu de rencontre de l'individu et de la société, car elle permet de défendre la langue individuelle contre la langue sociale. Remarque pour cet écrivain danois : il parlait un français excellent...
Enfin est intervenu le jeune écrivain français, un vrai surdoué : Christophe Honoré également cinéaste, auteur du film "Chansons d'Amour" dont j'ai parlé il y a quelques jours.
On a assisté à un changement de génération par rapport aux écrivains précédents. C'était le seul d'ailleurs dont j'avais lu le roman "Le livre pour enfants". Un curieux titre qui l'a amené à parler de son itinéraire, de lecteur d'abord. Hervé Guibert, dont les romans ont constitué sa "famille originelle", une famille de fantômes a-t-il précisé. Il s'est présenté comme un écrivain "fossoyeur" "vicieux et sentimental".
Il a expliqué son passage par la Littérature pour enfant, le livre pour enfant, rencontre d'un adulte et d'un enfant, crée d'autres liens que les liens du sang.
Je vous épargne les réponses aux questions sinon pour signaler deux échanges intéressants.
L'un entre le Danois et l'Israélienne par rapport au poids de l'Histoire sur la famille et leurs romans : apparemment Zeruya Shalev rencontre des critiques en Israël.
Le second échange, remarquable, a été entre l'Américaine Rikki Ducornet et Christophe Honoré. L'Américaine semble faire une large place dans ses livres aux enfants abusés. Christophe Honoré a dit préférer "les enfants qui abusent"... Ajoutant, qu'en tant que cinéaste il n'imaginait même pas faire tourner un acteur enfant dans le rôle de l'enfant abusé. J'ai trouvé que c'était lui qui, finalement, avait la vision la plus saine de la famille...
Il s'est présenté comme un fossoyeur et profanateur, la mort semble très présente dans son oeuvre : événement fondateur sans doute. Pour ma part dans son roman j'ai vu davantage Antigone, un enfant désemparé avec le cadavre de son père sur les bras ...
Curieuse fête des mères quand même !