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samedi, 29 septembre 2007
Les lunautes
Peut-être vous faudra-t-il aller sur les blogues de Gaspard, "Le grand pays"
http://le-grand-pays.hautetfort.com/
et de Bruno, "La prairie aux Lucioles"
http://anobon.over-blog.com/
pour comprendre cette note.
Le lunaute est un être poétique, imaginé par Gaspard, repris par Bruno, qui parle de notre rapport au temps.
Chez eux le lunaute est facétieux : embusqué sur les chemins du temps, il prend plaisir à vous égarer.
Chez moi, il risque d'être moins plaisant.
A une certaine époque de la vie, on peut se protéger des lunautes : un peu de vigilance, comme dit Gaspard, mais aussi l'abandon à une société qui se charge de mettre des barrières. Quand vous êtes dans la vie dite "active", terme abusif pour définir la vie professionnelle, vous êtes chaque jour bordé dans le lit de l'emploi du temps quotidien, immuable ou presque, avec ses rites et ses rythmes.
Arrive alors le jour , généralement plutôt attendu, où le temps devient cet espace rêvé, immense, quasi infini où l'on s'engage comme sur un trampoling espérant atteindre les nuages et posséder le temps.
Et c'est là que les lunautes attaquent, terriblement efficaces.
Ils sont partout et toujours avec vous et ne vous lâchent plus.
Ils dorment avec vous et vous captivent dès le réveil.
Vous croyez posséder le temps. Chaque jour vous enfournez tout un bri-à-brac dans votre sac de temps, et le soir, épuisé, vous constatez que les lunautes vous en ont confisqué la moitié.
J'ai entendu des moqueries sur une retraitée qui avait acheté un agenda pour la première fois au moment de sa retraite.
Il n'y a pourtant pas de quoi en rire.
Elle a seulement essayé de se procurer une arme contre les lunautes.
Et puis il se peut qu'un jour, comme pour ma belle-mère, ils colonisent complètement votre cerveau dans lequel ils ont creusé de si profonds sillons qu'ils sont repérés par les appareils médicaux.
Alors vous ne savez même pas que vous êtes leur otage et leur proie.
Gaspard, réjouis-toi de ne connaître les lunautes qu'à travers le retard de ton fils à l'école.
Il peut arriver un jour où on ne sait plus qu'on a un fils.
16:45 Publié dans Au jour le jour | Lien permanent | Commentaires (18) | Envoyer cette note
jeudi, 27 septembre 2007
Toujours là...
Il me semblait avoir compris que madame Bouttin devait partir aujourd'hui mais apparemment elle est toujours là.
Et les CRS aussi.
Cet après-midi c'était surréaliste;
Les tentes du ministère occupent la plus grande partie de la place Bellecour.
Dans les angles, des fêtes d'étudiants en plein bizutage.
Et reléguée à l'autre bout de la place
oubliée, dissimulée, quasiment invisible
la foire annuelle des produits de terroir de Rhônes-Alpes.
Le tout sous un crachin breton.
Inutile de dire la grogne des producteurs venus de tous les départements de la Région.
20:30 Publié dans Au jour le jour | Lien permanent | Commentaires (12) | Envoyer cette note
mercredi, 26 septembre 2007
Saveurs
Le temps a fraîchi...
Poème savoyard d'un presque cousin.
Quand les brumes tenaces
Quand les grands brouillards d'automne
Prennent leurs aises en nos vallées
Je reviens en moi-même.
Mon coeur bat la clarine
Mon haleine est joie du lait tiédi
Ma salive est rosée des matins clairs
Ma voix est murmure d'eaux sauvages.
Je rumine les saveurs engrangées
Je distille les herbes riches
Je délivre ce que j'avais volé au temps.
Quand les brumes tenaces
Quand les brouillards d'automne
Prennent leurs aises en nos vallées
Je me souviens de la montagne.
Alors
Je m'explique le fromage.
Bernard-Dominique Lacroix
J'aime bien les textes à chute et je regrette qu'ils deviennent si rares dans la poésie contemporaine.
22:30 Publié dans Au jour le jour | Lien permanent | Commentaires (9) | Envoyer cette note
vendredi, 21 septembre 2007
ça ressemble à...mais ce n'est pas...

Dans mon bistrot du commerce équitable,
Les Xanthines
nous recevons beaucoup d'étudiants.
Comme nous ne faisons pas de repas, ils viennent souvent avec leur sandwich ou leur salade (les filles).
Parfois ils débarquent chez nous avec une canette de la boisson qui a colonisé la planète.
Alors malgré notre sens de l'accueil et notre esprit d'ouverture (déjà que nous tolérons leur repas du restaurateur qui développe l'obésité sur la même planète)
poliment et gentiment, nous leur demandons de ranger la dite canette pour la boire ailleurs.
Nous leur proposons à la place un cola équitable
LE BEUK ("rot" en breton)
fabriqué par un limonadier breton, la coopérative Kan Ar Bed, "chant du monde en breton"...
ça ressemble à...ça a le goût du...mais ce n'est pas...
Vous connaissez les Bretons ?
08:50 Publié dans D'une génération à l'autre | Lien permanent | Commentaires (19) | Envoyer cette note
mercredi, 19 septembre 2007
Images
Vous connaissez, j'espère, parmi les blogues que j'ai mis en lien, ces deux très beaux blogues de photos : celui de Bruno "Carnet de voyage" et celui de Pierre "Pêle-Mêle".
Pour ma part je les aime particulièrement car la photo est chez eux, au-delà de la beauté de l'image, le point de départ d'une méditation dont les mots vous accompagnent même après avoir cliqué pour fermer la page.
Et pourtant nous sommes saturés d'images, jusqu'à la nausée.
Michel Tournier, dont malheureusement on parle moins, passionné de photo lui aussi, avait écrit sur les risques de l'image, dans ce roman où il confronte culture occidentale et culture orientale et qui s'appelle "La Goutte d'Or".
"En vérité l'image est bien l'opium de l'Occident. Le signe est esprit, l'image est matière. La calligraphie est l'algèbre de l'âme tracée par l'organe le plus spiritualisé du corps, sa main droite. Elle est la célébration de l'invisible par le visible. L'arabesque manifeste la présence du désert dans la mosquée. Par elle l'infini se déploie dans le fini. Car le désert, c'est l'espace pur, libéré des vicissitudes du temps."
Quand j'étudiais ce texte avec mes élèves, je les faisais ensuite travailler sur l'image devenue "icone" c'est-à-dire dotée d'un pouvoir quasi spirituel qui nous manipule. Comme support j'utilisais la photo mythique de Che Guevarra.
Certaines religions, le Judaïsme, le Protestantisme et l'Islam ont perçu le danger de l'image qu'elles ont exclue de leurs temples.
Mais pourtant, si nous étions tous devenus protestants, nous n'aurions pas eu Le Caravage et tous les grands peintres italiens de la contre-réforme puisque l'Eglise catholique a été, à cette époque, le principal mécène des peintres et sculpteurs.
Un monde sans images... Il a existé dans le passé, un passé pas si ancien finalement.
Je viens de terminer la lecture d'un roman intéressant : "Retour" de Anna Enquist.
La vie du navigateur James Cook, grand géographe du XVIII ème siècle. Dans ce roman, sa femme l'attend... Très beau personnage d'une femme, sensible et intelligente, qui souffre de ne pouvoir se représenter la vie de son mari à Tahiti malgré tout ce qu'il raconte ou écrit...Absence d'images. Je me demande ce que pouvait ressentir ces femmes de navigateurs ou autres voyageurs, en ces temps-là, privées de représentations.
Je me demande d'ailleurs pourquoi j'écris cette note moi qui passe beaucoup de temps au cinéma.
Peut-être à cause de mes dernières visites à "Pêle-Mêle" et "Carnet de Voyage".
09:20 Publié dans D'une génération à l'autre | Lien permanent | Commentaires (16) | Envoyer cette note
mardi, 18 septembre 2007
Sentence paysanne
Compte-tenu des caprices de mon ordi qui se bloque facilement au milieu d'un mot, je suis contrainte aux billets courts !
Voilà pourquoi j'espère que cette phrase lue dans un bulletin sur le folklore de mon Chablais natal vous fera sourire...
"Quand on voit ce qu'on voit, qu'on entend ce qu'on entend et qu'on sait ce qu'on sait, on a raison de penser ce qu'on pense."
On est loin de Montaigne mais voilà qui en dit long sur le goût de communiquer des Savoyards.
12:50 Publié dans Au jour le jour | Lien permanent | Commentaires (6) | Envoyer cette note
lundi, 17 septembre 2007
Visite honorifique
Lyon peut s'enorgueillir cette semaine d'accueillir le ministère de Christine Boutin.
Au centre de notre ville, sur la plus grande place, la Christine (comme on dit chez moi) a planté sa tente à côté de la statue de Louis XIV.
Tout un symbole.
Il paraît qu'elle sera au coeur des problèmes.
Nous les lyonnais, on n'a rien demandé.
Mais j'ai eu l'immense bonheur de constater, en prenant mon bus, que la place était entourée de cars de CRS.
Et ça, par contre, on s'en serait passé.
J'ai eu plus de plaisir à rencontrer les supporteurs des All Black dans les couloirs du métro.
21:25 Publié dans Au jour le jour | Lien permanent | Commentaires (17) | Envoyer cette note
samedi, 15 septembre 2007
Encore !
Ne vous étonnez pas si je suis moins présente sur ce blogue et sur les vôtres : j'ai de nouveau un problème d'ordi.
Pourtant il n'a qu'un an mon bel iMac.
Je ne sais pas si cela vient d'un défaut congénital ou d'ailleurs.
Je dois en plus lutter contre les soupçons de maltraitance de mon plus jeune fils : "Maman !!! Un ordi c'est pas un appareil à gaufres !" Toujours une bonne opinion des capacités de sa mère celui-là.
Je me console en faisant la liste de ce que je ferai si je blogue moins :
-mon ménage à fond (la dernière fois remonte à des lustres)
-de la gelée de coing (on m'en a offert cette fois)
-cours de gym...
-trier mes archives
etc...
J'espère quand même que ce n'est qu'une fausse alerte car, malgré tout, ce que je préfère...
c'est papoter avec vous !
10:55 Publié dans Au jour le jour | Lien permanent | Commentaires (10) | Envoyer cette note
mercredi, 12 septembre 2007
La maraude
Dans mon village de Haute-Savoie, quand j'étais enfant, l'un de nos sports favorits était la maraude.
Maraude innocente, les pommes à cidre que de toutes façons personne ne mangeait mais parfois maraude plus sérieuse quand nous allions dans les champs de framboises-spécialité du coin-nous régaler de ces fantastiques fruits rouges. Une fois les producteurs ont débarqué dans notre école pour retrouver les maraudeurs, dont j'étais bien entendu. Pour nous les framboises ce n'était pas de l'argent, c'était dans la nature.
Bref ! J'ai été maraudeuse dans le passé...
Le passé m'a-t-il rejoint ?
Aujourd'hui, aux Xanthines, dans le bistrot du commerce équitable dont j'ai déjà parlé et où je sers des cafés aux gentils étudiants de la fac voisine,
bistrot d'où nous devons être expulsés en janvier, la propriétaire résiliant son bail,
j'ai aperçu un magnifique cognassier chargé de fruits magnifiques.
Oui, mais l'arbre n'est pas sur la partie que nous louons, il est dans le jardin de la propriétaire qui habite ailleurs...
Comme je ne peux voir des fruits sans penser confiture
je me suis glissée subrepticement dans le jardin interdit. (ça vous rappelle quelqu'un ?)
J'ai ramassé une bonne douzaine de coings tombés au sol...
Oh ! m'ont-dit les copines ! Tu es une voleuse... (mdr)
Et allons-donc ! Pourquoi pas "racaille" ! Maraudeuse est plus joli...
Les coings sont déjà en pots, en gelée et en pâte.
Mais la pâte de coing retournera aux Xanthines où nous l'offrirons aux clients.
23:20 Publié dans D'une génération à l'autre | Lien permanent | Commentaires (11) | Envoyer cette note
lundi, 10 septembre 2007
Quand les Chinois cesseront de rire...
Il y a longtemps que je n'avais pas parlé de la Chine.
Aujourd'hui je vous propose un article d'un ami appartenant à mon association : Chine-Service.
Rosa
"Vous connaissez certainement l’auteur, qui par le passé a conquis un large public par les séries Le disque de Jade, L’Impératrice de la soie et L’Empire des larmes. Vous l’avez probablement vu à la télévision ou entendu sur une radio lors de la sortie récente de son dernier ouvrage : "Quand les Chinois cesseront de rire le monde pleurera".
Ce dernier ouvrage, un essai, se distingue de ses romans précédents les plus connus. La Chine, empire millénaire et immense, nous a toujours interpellés soit par curiosité soit par crainte, et c’est pour y répondre que José Frèches nous fait part de sa connaissance de la Chine passée et actuelle, de l’évolution qu’il y observe, des conséquences possibles sur le plans des relations économiques, politiques et même militaires entre la Chine et le reste de la planète.
L’essai est constitué d’une première partie fort documentée et très intéressante sur ce qui fait, ou a fait, la culture individuelle des chinois : ils vivent pour une grande partie d’entre eux dans des régions très peuplées depuis plus de 20 siècles, dans des conditions qu’un européen d’aujourd’hui trouverait pesantes et peu enviables. L’auteur développe les sources culturelles du bonheur personnel de l’individu chinois pour équilibrer la pression démographique et sociale : la religion (bouddhisme), les philosophies (taoïsme et confucianisme), l’équilibre personnel interne et externe avec la nature, l’adaptation à la perpétuelle mutation de tout ce qui nous entoure grâce au Yin et Yang, l’économie des moyens lorsque l’on en a peu… et la capacité de rire pour se protéger.
Aujourd’hui la Chine voit apparaître une espèce d’un genre nouveau, le consommateur, qui pour satisfaire plus de confort matériel cherche à s’enrichir (démarche constatée universellement). Une nouvelle classe sociale chinoise moyenne émerge et l’auteur nous fait prendre conscience dans une seconde partie de l’évolution comportementale de ce chinois citadin. « Les rites ancestraux sont solubles dans la société de consommation », les comportements individuels se modifient, le rapport entre le citoyen chinois consommateur et ses dirigeants politiques est en train d’évoluer, avec risques de crises en cas de déceptions. Dans cette société de consommation où le bonheur est souvent en relation avec la possession, le rire des chinois pourrait se diluer et disparaître, alors les sociétés des pays nantis pourraient souffrir, d’où le titre de l’ouvrage. Aussi l’auteur nous interpelle sur les nouvelles relations que l’Occident pourrait développer avec la Chine. Il invite en plus le lecteur occidental à une interrogation et une révision de sa conception du bonheur.
En conclusion un essai qui cependant reste optimiste. Ecrit par un amoureux de la Chine, il est intéressant à lire."
Jean-François Laguarrigue de Chine-Service
22:10 Publié dans Âme chinoise | Lien permanent | Commentaires (7) | Envoyer cette note

