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vendredi, 23 mai 2014

Il est toujours là

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Hier, à Saint-Bonaventure à Lyon, messe à la mémoire de Pierre Autin-Grenier en présence d'Aline, son épouse et de ses anciens et fidèles amis lyonnais. PAG nous avait accordé en 2013, à l'occasion du printemps des poètes, une très belle rencontre dans ce sanctuaire...

samedi, 12 avril 2014

Adieu Pierre

L'ami poète, Pierre Autin Grenier dont j'ai souvent parlé sur ce blogue est décédé ce samedi 12 avril. Je suis encore dans l'émotion même si cette mort était prévisible. Je lui consacrerai donc une note plus tard...

"Mourir ne dure jamais très longtemps, vivre, guère plus.(...) 

On mène ainsi une vie à grands coups de galoches, ignorant des heures les plus précieuses minutes et que trahir s'avance au moindre souffle des vents. Jeunesse dure, mon amour, l'instant d'un incendie de poubelles ! 

On se retrouvera bientôt ventru à jouer au billard sous les lumières blafardes d'un bistrot de banlieue, avec pour habitude l'aube et ses poivrots apeurés. Chaque matin la mer te prendra dans ses bras avec ses nouveaux vertiges ; il me faudra cesser de fumer...

Enfin un jour tout tremble, la vie elle-même s'inquiète et pour un rien on prendrait froid aux pieds. A petits gestes froissés on court encore vers quelque chose bien sûr, mais déjà les oiseaux dans les arbres et leurs plumes vous laissent indifférents. La mémoire rend méconnaissables les anciens secrets, on meurt de son vivant. Alors vient un soir formidable où l'on s'endort, du sang plein les yeux.

Et pourtant : jamais sais-tu, personne de ceux que j'ai aimés n'est mort."

Jours anciens

2003

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dimanche, 06 avril 2014

Les années passent !

Il fut un temps, les premiers temps de ce blogue, où un groupe de jeunes enseignants me ravissaient par leur publications : c'était la bande de Myster. Ils ont disparu vers d'autres cieux du web... 

Je retrouve parfois Naturella, l'un des sourires du groupe.

Professeure des écoles, elle a récemment publié sur FB cette anecdote que je trouve particulièrement savoureuse.

Ce n'est pas un hasard si je vous la livre aujourd'hui, jour de mon anniversaire.

C'est vrai qu'à 40 ans j'étais déjà une "vieille prof" donc que dire à plus de 60...

"Dans ma classe, Olivia a commencé sa rédaction : "une très vieille dame âgée de 42 ans traversait la route...". 

Quand elle a vu ma tête à la lecture de sa production, 
elle a dit "ouh là, maîtresse, je vais peut-être enlever le 'très' ..." 
é_è"

 

dimanche, 30 mars 2014

"LE" derby

Comme l'a bien subodoré Doume, ce soir Roso va être à cran devant son écran pour "LE DERBY",  match de foot Lyon-Saint-Etienne. Le parler "gaga",  (langage stéphanois) contre celui de Guignol et Gnafron. Ou encore  la culture populaire contre la culture bourgeoise, les miniers contre les soyeux... 

On comprend l'enjeu.

Pour moi, soit une sortie au cinéma soit m'enfermer  pour regarder l'émission concernant les municipales sur une petite télévision d'appoint.

Mais il me vaudrait mieux sortir car à chaque but marqué par les stéphanois j'entendrai un hurlement qui ébranlera la maison...

Aujourd'hui c'est aussi  l'anniversaire d'une figure du foot stéphanois. Robert Herbin a 75 ans.

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mercredi, 19 mars 2014

Sans nostalgie

Voilà le clocher de l'église de mon village, qui n'en est plus un, décrit dans "Dimanche".  Cette photo doit avoir plus de cinquante ans, soixante-dix environ. Pas question de faire de la nostalgie, "la nostalgie est un poison" comme l'a écrit mon ami Michel Quesnel. Et pourtant, voilà ce que j'ai connu dans mon enfance et le même point de vue aujourd'hui ci-dessous.

Le village s'appelait Saint-Didier. Aujourd'hui ce n'est plus qu'un quartier d'une commune plus importante, Bons-en-Chablais, en Haute-Savoie.

C'est une région qui a été  autrefois pauvre mais qui a connu en 50 ans un incroyable développement et une grande prospérité, grâce à sa position à moins de dix kilomètres de la frontière suisse.

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Voilà la vue d'aujourd'hui au même emplacement  : la cour en premier plan est celle d'un mécanicien spécialisé en matériel agricole.

Inutile de regretter. Il y a en France des villages qui conservent leur paysage mais ce sont souvent des villages qui meurent... et on se lamente alors sur la désertification des campagnes.

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lundi, 17 mars 2014

Et si le blogue était un truc de vieux ?

Vous allez dire que je m'interroge beaucoup, trop peut-être sur la raison d'être, l'évolution, le devenir de nos blogues.

D'abord je m'interroge beaucoup, et sur tout.

Le blogue a tenu, tient encore, une place importante dans ma vie.

Mais je dois reconnaître que mes objectifs de départ sont complètement dépassés. J'ai ouvert ce blogue au début de ma retraite pour continuer autrement le dialogue que j'avais pratiqué avec les jeunes générations quand j'étais enseignante.

Le passage de témoin, en quelque sorte.

Au début j'ai en effet rencontré de jeunes blogueurs... Je les recherchais dans la blogosphère. Pas des adolescents car ils  avaient déjà délaissé les blogues après en avoir fait le succès. Les jeunes blogueurs ont eux aussi  ont disparu. 

Tout se passe comme si les jeunes générations abandonnaient les applications d'internet quand les vieux les investissent.

J'ai lu récemment que les adolescents se détournaient de  FB parce que leurs parents y étaient devenus trop présents et utilisaient  des applications nouvelles dont je n'ai même pas retenu le nom.

Il ne faut donc pas compter sur internet pour les rencontres intergénérationnelles.

Mais finalement peu importe, on y retrouve finalement des amis avec lesquels on a des affinités : n'est-ce pas l'essentiel ?

J'ai donc supprimé,  la mort dans l'âme, ma description initiale et la phrase de Rutebeuf

"Ieunes et vieulx soyons tous d'ung accort" Rutebeuf.

Blogue d'une passeuse entre générations. 

dimanche, 16 mars 2014

Dimanche

Je réédite ce texte que l'AFP m'avait interdit de publier parce que j'y utilisais leurs statistiques sur le travail du dimanche. Mais j'aime bien ce souvenir, et il me permet de retrouver des commentaires d'amis "disparus". J'espère que l'AFP me laissera tranquille ! 

J'arrive en retard à l'église avec ma grand-mère toute déhanchée par l'artrose. Nous avons traversé le village, calme. Je passe le seuil de l'église. Au fond, les bancs des hommes. ils se sont rasés ce matin mais leurs cravates sont de travers. Puis ceux des femmes, assises droites en bord de bancs. J'arrive à ceux des filles du cathéchisme. Tout devant, les garçons sont dans des chapelles latérales et nous regardent sournoisement. Une religieuse nous surveille, pas question de parler ni même de se retourner. Elle n'hésite pas à  vous faire sortir du banc et à vous placer à ses côtés en cas de mauvaise conduite. La honte. De la tribune descend la musique de l'harmonium, on entend presque les doigts sur les touches et complètement les grincements à chaque note. Puis la chorale où perce la voix de Philomène, tellement plus haute, on se demande jusqu'où elle va monter et surtout si elle va pouvoir redescendre. Je jette un coup d'oeil subrepticement. On dirait qu'Yvonne, la chef de choeur va passer par dessus la barrière. Les choristes ont le privilège de pouvoir défiler les premiers à la communion. Ils savent qu'on les regarde, les femmes mains jointes et confites en dévotion, les hommes à l'allure dégagée. Enfin éclate le chant final "Chez nous soyez reine...". Libérateur. Les hommes sont déjà dehors et se dirigent vers le café. Les femmes chantent encore à pleins poumons. Mais dès la dernière note, elles se hâtent pour préparer le repas. Mon père va retrouver ses conscrits au café, chaque dimanche, à la même table.

Je rentre avec ma grand-mère qui claudique en bavardant avec les voisines.

Aujourd'hui le dimanche on va chez Conforama...