Ok

En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l'utilisation de cookies. Ces derniers assurent le bon fonctionnement de nos services. En savoir plus.

mercredi, 19 mars 2014

Sans nostalgie

Voilà le clocher de l'église de mon village, qui n'en est plus un, décrit dans "Dimanche".  Cette photo doit avoir plus de cinquante ans, soixante-dix environ. Pas question de faire de la nostalgie, "la nostalgie est un poison" comme l'a écrit mon ami Michel Quesnel. Et pourtant, voilà ce que j'ai connu dans mon enfance et le même point de vue aujourd'hui ci-dessous.

Le village s'appelait Saint-Didier. Aujourd'hui ce n'est plus qu'un quartier d'une commune plus importante, Bons-en-Chablais, en Haute-Savoie.

C'est une région qui a été  autrefois pauvre mais qui a connu en 50 ans un incroyable développement et une grande prospérité, grâce à sa position à moins de dix kilomètres de la frontière suisse.

St Didier autrefois.jpg

Voilà la vue d'aujourd'hui au même emplacement  : la cour en premier plan est celle d'un mécanicien spécialisé en matériel agricole.

Inutile de regretter. Il y a en France des villages qui conservent leur paysage mais ce sont souvent des villages qui meurent... et on se lamente alors sur la désertification des campagnes.

photo.JPG

lundi, 17 mars 2014

Et si le blogue était un truc de vieux ?

Vous allez dire que je m'interroge beaucoup, trop peut-être sur la raison d'être, l'évolution, le devenir de nos blogues.

D'abord je m'interroge beaucoup, et sur tout.

Le blogue a tenu, tient encore, une place importante dans ma vie.

Mais je dois reconnaître que mes objectifs de départ sont complètement dépassés. J'ai ouvert ce blogue au début de ma retraite pour continuer autrement le dialogue que j'avais pratiqué avec les jeunes générations quand j'étais enseignante.

Le passage de témoin, en quelque sorte.

Au début j'ai en effet rencontré de jeunes blogueurs... Je les recherchais dans la blogosphère. Pas des adolescents car ils  avaient déjà délaissé les blogues après en avoir fait le succès. Les jeunes blogueurs ont eux aussi  ont disparu. 

Tout se passe comme si les jeunes générations abandonnaient les applications d'internet quand les vieux les investissent.

J'ai lu récemment que les adolescents se détournaient de  FB parce que leurs parents y étaient devenus trop présents et utilisaient  des applications nouvelles dont je n'ai même pas retenu le nom.

Il ne faut donc pas compter sur internet pour les rencontres intergénérationnelles.

Mais finalement peu importe, on y retrouve finalement des amis avec lesquels on a des affinités : n'est-ce pas l'essentiel ?

J'ai donc supprimé,  la mort dans l'âme, ma description initiale et la phrase de Rutebeuf

"Ieunes et vieulx soyons tous d'ung accort" Rutebeuf.

Blogue d'une passeuse entre générations. 

dimanche, 16 mars 2014

Dimanche

Je réédite ce texte que l'AFP m'avait interdit de publier parce que j'y utilisais leurs statistiques sur le travail du dimanche. Mais j'aime bien ce souvenir, et il me permet de retrouver des commentaires d'amis "disparus". J'espère que l'AFP me laissera tranquille ! 

J'arrive en retard à l'église avec ma grand-mère toute déhanchée par l'artrose. Nous avons traversé le village, calme. Je passe le seuil de l'église. Au fond, les bancs des hommes. ils se sont rasés ce matin mais leurs cravates sont de travers. Puis ceux des femmes, assises droites en bord de bancs. J'arrive à ceux des filles du cathéchisme. Tout devant, les garçons sont dans des chapelles latérales et nous regardent sournoisement. Une religieuse nous surveille, pas question de parler ni même de se retourner. Elle n'hésite pas à  vous faire sortir du banc et à vous placer à ses côtés en cas de mauvaise conduite. La honte. De la tribune descend la musique de l'harmonium, on entend presque les doigts sur les touches et complètement les grincements à chaque note. Puis la chorale où perce la voix de Philomène, tellement plus haute, on se demande jusqu'où elle va monter et surtout si elle va pouvoir redescendre. Je jette un coup d'oeil subrepticement. On dirait qu'Yvonne, la chef de choeur va passer par dessus la barrière. Les choristes ont le privilège de pouvoir défiler les premiers à la communion. Ils savent qu'on les regarde, les femmes mains jointes et confites en dévotion, les hommes à l'allure dégagée. Enfin éclate le chant final "Chez nous soyez reine...". Libérateur. Les hommes sont déjà dehors et se dirigent vers le café. Les femmes chantent encore à pleins poumons. Mais dès la dernière note, elles se hâtent pour préparer le repas. Mon père va retrouver ses conscrits au café, chaque dimanche, à la même table.

Je rentre avec ma grand-mère qui claudique en bavardant avec les voisines.

Aujourd'hui le dimanche on va chez Conforama...

 

samedi, 15 mars 2014

Où est passé le nain jaune ?

Retour d'une semaine en Haute-Savoie et en famille... Famille élargie d'ailleurs, huit enfants pour sept adultes. 

Du ski bien sûr -plus pour moi !- mais aussi de "l'avant" et de "l'après" ski... Jusqu'à cette année, l'occupation de ces temps était assez rituelle : un peu de devoirs scolaires, à doses homéopathiques, les douches et surtout les jeux de société.

Aux dernières vacances passées ensemble, à Toussaint ce n'est pas vieux,  le jeu de société qui avait triomphé était le nain jaune. Jeu ancien et intergénérationnel, inventé en Lorraine en 1760.

Cette année, plus de nain jaune ni d'autres jeux de société d'ailleurs. 

Si  les parents ont sauvegardé les séances scolaires, les jeux de société ont été remplacés par les "tablettes" dans les chambres. Certes tranquillité pour les parents auxquels, nous, les vieux, nous ne nous sommes bien gardés de faire des remarques, mais

quelle tristesse ! 

280px-Nain_jaune.jpg

mercredi, 01 janvier 2014

Bonne année 2014

Dimanche 1er janvier

Jour de l'an

Est-ce bien la brise légère qui fait trembler l'eau du lac, ou n'est-ce pas plutôt la vieille coque du voilier bleu, engravée du côté des ajoncs ? Cette soudaine éclaircie dans le sombre du jour, la doit-on au soleil qui perce le silence ou à l'arbre nu dont les branches mortes un instant s'écartent, pour discrètement faire place à un pays plus lumineux ? Et les cailloux blancs, sur le bord du chemin, qu'attendent-ils si patiemment qui ne soit fervente promesse de lointains voyages ?

IMGP0869.JPG

C'est à force de mépris pour toutes ces choses insignifiantes d'apparences que nous sombrons dans la folie de l'immédiatement efficace. Vivre requiert alors des tempêtes évidentes, des canicules féroces et des routes sans cailloux, vite tracées à travers plaines et montagnes. Au reste nous n'accordons un seul regard, pressés de l'inscrire au calendrier du temps perdu.

C'est à force de mépris que toutes  ces choses insignifiantes d'apparences que nous sombrons dans la folie de l'immédiatement efficace. Vivre requiert alors des tempêtes évidentes, des canicules féroces et des routes sans cailloux, vite tracées à travers plaines et montagnes. Au reste nous n'accordons un seul regard, pressés de l'inscrire au calendrier du temps perdu.

Au coeur de quelques-uns seulement, l'impérieuse nécessités des choses inutiles d'elle-même s'impose. Ils veillent ; soupèsent l'impondérable et protègent l'éphémère. Ils savent trop, au fond de leur désespoir tranquille, comment s'écroulerait soudainement le monde une fois supprimé tout ce qui ne sert à rien.

Pierre Autin-Grenier

 "Les Radis bleus" 

 

À l'ami PAG

plus particulièrement cette année

je souhaite Joie, Santé et Sérénité.

Avec toute la fidélité de mon amitié.

Mais aussi bonne année à tous...

mercredi, 25 décembre 2013

Noël

Puer natus est


Dans la paix tiède de l'étable

Bêtes et gens se sont tus.

Le silence écoute le silence.

L'obscurité tend l'oreille à la nuit.


Le temps s'est installé

Bien au chaud

Pour quelques heures sans histoires.

Le sommeil exorcise

L'attente inquiète du jour.


Les pleurs d'un nouveau-né

Viennent

Tout à coup,

Importuner la nocturne routine.

Les choses sont ainsi faites :

C'est en pleurant

Que l'homme découvre le monde.

Le rire viendra plus tard,

Plus tard aussi,

Le regard enfin rassuré et confiant.


On posera l'enfant

Sur un petit tas de paille fraîche

Et le silence

Á ce moment là,

Saura ce qu'il veut dire.


J'ai pleuré ma vie

Moi aussi

En son temps

Et ne suis vraiment né

Que devant le sourire de ma mère!


samedi, 07 décembre 2013

Merci Alsa

Merci Alsa d'être revenu et d'y avoir pensé...