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mercredi, 23 janvier 2013

La Thérèse

J'ai vécu mon enfance dans un village de Haute-Savoie.  C'était  un univers terriblement clos. Fermé, et cette finitude me désespérait. D'où le sentiment aujourd'hui d'avoir vécu une enfance ennuyeuse, pas malheureuse, mais ennuyeuse. D'aussi loin que je me souvienne je n'éprouvais qu'un seul désir : partir.

Être ailleurs... 

C'est sans doute la raison pour laquelle les gens que j'ai côtoyés dans ce périmètre limité à la maison, l'école et l'église, lesquelles étaient côte à côte, prennent dans les souvenirs un certain relief.

Nous vivions sous la coupe des adultes : pas tant celle de nos parents qui étaient finalement moins présents que les parents d'aujourd'hui, mais de tous les adultes que nous rencontrions dès que nous mettions le nez dehors.

Tous se sentaient autorisés à nous remettre dans le droit chemin. Il y avait les bienveillants et ceux qui l'étaient moins, voire pas du tout.

Comme la Thérèse.

Célibataire, elle vivait comme c'était la coutume à la campagne : chez ses parents, nos voisins. Séche, maigre, acariâtre, elle était redoutable la Thérèse. Régulièrement elle remplaçait la garde-barrière au passage à niveau. Passage obligé sur le chemin de l'école. Nous étions en bande et quand on arrivait devant la Thérèse qui nous attendait de pied ferme, plantée à côté de la barrière, c'était la panique dans nos rangs. Elle avait toujours une réflexion vacharde ou une taloche à distribuer... Cela rassurait nos parents ! 

mardi, 22 janvier 2013

Great man

Mandela a célébré ses 94 ans.

Je souhaite à mes amis Sud-Africains de le garder encore longtemps.

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lundi, 14 janvier 2013

Les manifs...

Avouez chers amis que tout se perd, même les manifs.

Je ne parle pas pas du nombre de participants à celle d'hier

financée, sponsorisée, organisée, médiatisée elle avait les moyens de faire accourir les populations vers la capitale. 

Je parle de l'esprit : les cathos ont tellement peur de ce qu'ils sont ou pensent qu'ils paraissent être, qu'ils sont allés chercher une ancienne reine de la nuit pour ne pas passer pour ringards.

Moi je suis catho et je l'assume même par mon look, pourtant ni Cyrillus ni Damart je vous rassure.

Au temps où je battais le pavé je me serais mal vue défiler derrière une telle égérie (furie ?).

Qui ne se dit pas homophobe mais présente son mec, people à outrance, bobo de droite (on les découvre) comme un "vrai homme" : entendu sur itélé.

Belle opération marketing pour la dame inconnue jusqu'alors qui maintenant court les plateaux de télévision, a déjà sorti un livre... bientôt un autre sans doute...

Elle peut remercier Hollande. Merci pour la promotion.

 

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dimanche, 13 janvier 2013

Un petit plaisir...

Aujourd'hui, je me suis offert mon petit plaisir traditionnel de janvier : faire de la confiture d'oranges amères...

Quoi d'autre d'autre par un dimanche à rester au chaud ?

De quoi ensoleiller l'hiver.

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vendredi, 21 décembre 2012

Une belle humanité...

La belle humanité existe : on a tendance à l'oublier...

J'ai lu récemment dans Le Progrès un article sur Georges Babel, ami résistant qui témoigne dans les écoles sur la déportation. C'est l'un des derniers, il a 93 ans et j'ai déjà parlé de lui.

Le Progrès a réalisé récemment un ouvrage très intéressant sur la Résistance en Rhône-Alpes dans lequel Georges Babel figure en bonne place.

Georges, était avant la guerre et son entrée en Résistance, germanophone et germanophile. Dans ces témoignages, il insiste toujours sur l'aide que cela lui a été de parler allemand dans les camps : pour lui et ses compagnons. De même, il ajoute que, germanophile, il n'a jamais éprouvé la moindre haine envers les Allemands même aux pires moments de son séjour dans le camp de  Mauthausen.  

Cette anecdote confiée au Progès en témoigne.

Le 21 avril 1945, le chef de camp camp réunit les prisonniers pour leur dire qu'ils vont être libérés. "Comme on connaissait les nazis, on s'est méfié. En rentrant, j'ai croisé un chef SS. Je savais qu'on n'avait pas le droit de leur parler, mais là, nous n'étions que nous deux, et je voulais vraiment savoir pour la libération. Alors je lui ai adressé la parole. S'en est suivie une conversation surréaliste. Je lui ai demandé si c'était vrai. Il m'a dit que oui, et m'a souhaité de retrouver ma famille et d'oublier toute cette guerre. Alors je lui ai souhaité la même chose, et que le peuple allemand devienne ami avec le peuple français. Il a changé de couleur, c'était un grand moment."

 

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jeudi, 06 décembre 2012

La classe de rhéto

31T39SW9rKL._SL500_.jpgPour Pierre Ulm

Découvert dans une bonne librairie de Lyon, Le Bal des Ardents, un livre qui m'a enchantée : "La Classe de rhéto" d'Antoine Compagnon.

Il s'agit d' un récit autobiographique mais très romancé. Le narrateur fait émerger de sa mémoire une année de son adolescence qui a bouleversé sa vie. On est en 1965 : il a quinze ans, sa mère vient de mourir, et il doit quitter les Etats-Unis avec ses frères et soeurs pour rejoindre la France où il sera interne dans une école militaire. Il entre en classe de première mais on dit encore, dans cet établissement militaire d'un autre âge, classe de rhétorique. 

Le choc est très fort pour le jeune orphelin : il vient d'une "école très libérale. Sans mur d'enceinte, cernée de pelouses et de terrains de sport, riche d'une bibliothèque lumineuse..." et se retrouve dans une école archaïque, interne, dormant dans un dortoir avec des lits de fer qu'il faut défaire chaque

matin et refaire tous les soirs. L'hygiène est douteuse, les uniformes usés, et la discipline... militaire. Le narrateur est vite repéré comme élève brillant mais indocile : il lit L'Express, très mal vu dans l'armée. L'ambiance de l'école   d'emblée intéresse. 1965 : une année cruciale pour l'armée française qui doit à la fois perdre ses effectifs et se transformer. Un  général assez caricatural vient l'expliquer à l'occasion de l'inauguration d'une piscine : on n'est plus au temps des baroudeurs mais au temps des techniciens. Ce sont précisément les anciens baroudeurs qui encadrent les élèves : des sous-officiers aigris, ayant mal vécu la fin des guerres coloniales. Ils se sentent au rebut : on peut trouver mieux pour éduquer des adolescents encore très idéalistes. Les élèves eux-mêmes deviennent  désabusés car ils savent qu'ils ne marcheront pas sur les traces de leurs pères, pour la plupart militaires. 

Le récit de souvenirs se focalise  en cours de route sur une très belle histoire humaine. Le narrateur est confronté à deux camarades complètement opposés. D'un côté un bizut comme lui, incorporé en rhéto, fils de colonel. Par son père il est programmé pour entrer à Polytechnique : c'est le premier de classe, bosseur acharné, docile voire "fayot". L'autre camarade, le Grand Crep's est au contraire une tête brûlée, un rebelle, un chef de bande. C'est à lui que se liera le narrateur, lui-même garçon sensible et réfléchi. Une amitié passionnée se noue entre eux... 

L'art de l'auteur est de faire intervenir avec une étonnante habileté des retours en arrière comme des anticipations sur le futur : il ne s'agit pas d'un récit linéaire sur une année scolaire mais d'une page de vie de personnages passionnants. Et  ceux qui ont été adolescents dans ces années là  retrouveront avec le plus grand bonheur toute la vie de cette époque. 


A lire ou à (se faire) offrir pour Noël ! 

 

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mercredi, 31 octobre 2012

Devoir de mémoire

Je pars en Haute-Savoie pour le devoir de mémoire traditionnel. Rite que j'accomplis avec joie. Au cimetière, je connais tout le monde... Je les vois, tous ceux qui ont entouré mon enfance, je peux leur parler. Le dernier défunt a été un compagnon de jeux. Mais quand je parcours les rues, je ne connais plus personne. Voilà pourquoi je préfère le cimetière...

La servante au grand coeur dont vous étiez jalouse,
Et qui dort son sommeil sous une humble pelouse,
Nous devrions pourtant lui porter quelques fleurs.
Les morts, les pauvres morts, ont de grandes douleurs,
Et quand octobre souffle, émondeur des vieux arbres,
Son vent mélancolique à l'entour de leurs marbres,
Certes, ils doivent trouver les vivants bien ingrats,
A dormir, comme ils font, chaudement dans leurs draps,
Tandis que, dévorés de noires songeries,
Sans compagnon de lit, sans bonnes causeries,
Vieux squelettes gelés travaillés par le ver,
Ils sentent s'égoutter les neiges de l'hiver
Et le siècle couler, sans qu'amis ni famille
Remplacent les lambeaux qui pendent à leur grille.

Baudelaire

La servante au grand coeur