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jeudi, 22 mars 2007

Histoire de fils...

On a un fils...Adulte dit-il. Il part découvrir le vaste monde. Il fait le fier. Condescendant et protecteur avec sa mère "maman, tu n'y connais rien...Ne va pas sur Internet, c'est dangereux pour toi"
Hier soir : le fils au téléphone depuis Londres
"maman ! Tu étais où...Ton portable était fermé ! J'ai essayé de te joindre toute la journée...
J'ai perdu ma carte bleue, il faut absolumentque tu m'envoies de l'argent par Western Union"
C'est mon fils !

lundi, 19 mars 2007

Photos de famille

A l'occasion de mes flâneries sur les blogues, je regarde, j'apprécie et j'admire les superbes photos, cadeaux de nos amis blogueurs...
Et pourtant !
Les photos qui m'émeuvent le plus sont les photos de familles.
Ces photos modestes qu'on cache dans les albums comme si elles n'avaient rien à dire. C'est tellement vrai que je peux être touchée par des photos de famille de gens que je ne connais pas, comme ceux qui pleurent aux enterrements d'inconnus : si, si ça existe !
La photo de famille arrête le temps, généralement sur des instants heureux. Certes à les regarder dans des moments difficiles, on peut y arrimer sa souffrance et détester les revoir. Mais on peut aussi se souvenir que le bonheur à croisé notre route et qu'il n'y a pas de raison pour qu'il ne revienne pas.
Jeter un coup d'oeil aux photos de ceux qui nous ont précédés c'est se dire qu'ils ont eux aussi connu des périodes noires et qu'ils en sont sortis.
Donc regarder des photos de famille, quand on est dans un tunnel, c'est retrouver la lumière en les suivant comme le petit poucet avec ses cailloux.

dimanche, 11 mars 2007

Dimanche

Dans mes souvenirs de dimanche il en est un auquel je suis très attachée...
Dans mon village natal, nous avions des cousins que nous visitions de temps en temps le dimanche après-midi, pas assez souvent à mon goût.
Une grande ferme, une grande cour et une grande cuisine...
Les gens y venaient le dimanche après-midi, comme ça sans être invités : la famille, les voisins, les amis...
Sur la table, qui occupait presque toute la pièce, des gâteaux et des tartes aux fruits quand c'était la saison. On s'asseyait autour, les hommes étaient en bras de chemise, les femmes papotaient...
Ma mère, qui n'était pas de la campagne, n'aimait pas trop mais mon père adorait.
Aujourd'hui, le dimanche, on nous propose d'aller pousser des caddies dans les supermarchés.

samedi, 10 mars 2007

Négocier le temps qui passe (Fin)

Le temps dit libre fait peur. A tel point qu'il ne l'est jamais, libre. Vite on le remplit, au hasard, de tout ce qu'on a à portée de main... Il ne faut pas qu'il reste vide, le temps, sinon il devient inutile.
Expérience faite en Mauritanie. Au cours d'un premier voyage, nous étions arrivés un vendredi (leur dimanche)
Les Mauritaniens qui nous ont reçus, sont restés l'après-midi entier sans rien faire, sinon bavarder et boire du thé.
Les Français n'en pouvaient plus : on va se promener... Faire quelque chose... On n'est pas venus pour traîner dans un salon. On est partis marcher, les Mauritaniens sont restés : eux marchent par obligation toute la semaine.
Toujours en Mauritanie.
Cette fois c'est une excursion de trois jours dans le désert.
Premier jour, départ à huit heures dans les dunes, en caravane, au rythme des chameaux.
Midi, arrêt sous le seul épineux aperçu à la ronde et fin de la marche jusqu'au lendemain matin. Panique générale : qu'est-ce qu'on va faire dans ce désert jusqu'à demain ? Il n'y a rien à faire...
Ce furent des heures merveilleuses à rêver, parler, somnoler, regarder, écouter...
Finalement je choisis l'épicurisme : goûter chaque instant.

vendredi, 09 mars 2007

Négocier le temps qui passe (suite)

Hédonisme ou épicurisme pour s'arranger le temps qui reste ?
N'étant ni philosophe ni helléniste donc connaissant mal la différence je prends les deux.
Parmi les plaisirs nouveaux que donne l'âge il en est un qui, à ce jour, me convient plus que les autres, c'est la liberté de parler...
Plus de concessions à faire...
Plus de collègues ni de supérieurs à ménager...
Sauf la famille encore un peu
Et vraiment ça fait du bien...

mardi, 06 mars 2007

Négocier le temps qui passe

Des proches ont, a plusieurs reprises, critiqué le nom de mon blogue qui annonce trop la couleur, à savoir l'appartenance à une génération, donc l'âge, donc la prise en compte du temps qui passe...
La plupart de mes copines préfèrent nier ou oublier ou encore "faire comme si".
Le "toujours jeune" semble le mot d'ordre de mes contemporains, ce que j'appelle comportement d'autruche.
En fait cette période, très particulière, de la fin d'activité professionnelle n'est pas sans évoquer la période de l'adolescence pour son côté transition : on quitte une forme de confort, la vie bien règlée et bien structurée pour une plongée dans l'inconnu. Tout est une première fois, activités nouvelles, plages de temps qu'il faut organisr soi-même.
Mes copines, pour la plupart, répondent par un "comme avant" et nient le changement : pas toutes heureusement...
Dans la course au "toujours jeune" c'est donc le jogging quotidien, les trekking au Népal pour "la forme", les sudoku et les conférences de l'Université tous âges pour les neurones, le jardin et la garde des petits-enfants pour être utiles... J'oubliais la consommation de produits culturels, cinés, théâtre... Mais peu de temps de pause simplement pour profiter du temps qui passe... Car contrairement à la transition de l'adolescence, qui est une entrée dans l'avenir, notre passage de retraités débouche sur un compte à rebours même si on peut encore le chiffrer en décennies. Il faut donc plus que jamais goûter l'instant.
Je suis ainsi très méfiante vis-àvis de toute frénésie superflue pour entretenir l'illusion du "toujours jeune"...

jeudi, 22 février 2007

La fruitière

Mon séjour en Haute-Savoie, où la neige faisait défaut, m'a permis de reprendre contact avec des villages de mon enfance, débarrassés de leurs skieurs...
Je suis ainsi passée devant des coopératives laitières, cette région vivant encore du lait et du fromage.
Autrefois, on les appelait "fruitières", appellation réservée je pense à la Haute-Savoie...
La fruitière, ou "partage du fruit", était régie par un système très ancien. Le "fruitier" signait un bail annuel avec les porteurs de lait, fabriquait le fromage et le vendait pour son propre compte.
Mais dans mon enfance on appelait aussi "fruitière" le lieu où était collecté le lait, ensuite revendu aux particuliers.
Le soir, les paysans apportaient le lait dans de gros bidons appelés "boilles" (le mot étant patois ne s'écrit pas, prononcer comme le mot anglais "boy" mais avec l'accent savoyard). Nous allions le chercher avec de petits bidons également en métal...
L'ordre de passage des producteurs à la fruitière étant immuable et connu de tous, les ménagères étaient vigilantes et veillaient à éviter qu'on leur vende le lait provenant d'étables d'hygiène douteuse...
Cette mission "d'aller au lait" m'était confiée car j'étais l'aînée...
Ce lieu, mal éclairé, permettait également aux garçons et aux filles du village de se rencontrer dans l'ombre pour des ébats furtifs.
Lesquels ébats étaient régulièrement dénoncés en chaire par le curé du village : "je sais tout ce qui se passe derrière la fruitière"....
Aujourd'hui les adolescents n'ont plus besoin de la fruitière pour leurs premières amours et j'achète mon lait en bouteilles de plastique au supermarché.