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samedi, 12 avril 2014

Adieu Pierre

L'ami poète, Pierre Autin Grenier dont j'ai souvent parlé sur ce blogue est décédé ce samedi 12 avril. Je suis encore dans l'émotion même si cette mort était prévisible. Je lui consacrerai donc une note plus tard...

"Mourir ne dure jamais très longtemps, vivre, guère plus.(...) 

On mène ainsi une vie à grands coups de galoches, ignorant des heures les plus précieuses minutes et que trahir s'avance au moindre souffle des vents. Jeunesse dure, mon amour, l'instant d'un incendie de poubelles ! 

On se retrouvera bientôt ventru à jouer au billard sous les lumières blafardes d'un bistrot de banlieue, avec pour habitude l'aube et ses poivrots apeurés. Chaque matin la mer te prendra dans ses bras avec ses nouveaux vertiges ; il me faudra cesser de fumer...

Enfin un jour tout tremble, la vie elle-même s'inquiète et pour un rien on prendrait froid aux pieds. A petits gestes froissés on court encore vers quelque chose bien sûr, mais déjà les oiseaux dans les arbres et leurs plumes vous laissent indifférents. La mémoire rend méconnaissables les anciens secrets, on meurt de son vivant. Alors vient un soir formidable où l'on s'endort, du sang plein les yeux.

Et pourtant : jamais sais-tu, personne de ceux que j'ai aimés n'est mort."

Jours anciens

2003

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samedi, 29 mars 2014

Passage chez Bruno

Avez-vous été inquiété ou intéressé ou perturbé, ou agacé voire exaspéré par tout ce qu'on a entendu ou lu sur cette théorie dite des genres ou encore des stéréotypes, vieux serpents de mer qui sortent leur nez quand la tempête menace ?

Rien de tout cela en ce qui me concerne, ni intérêt ni exaspération,

peu me chaut la stérilité du sujet.

Mais j'adore  le lire dans la Prairie aux Lucioles de Bruno. Pas sûr qu'on s'y retrouve... ça commence dans la poésie, comme une nouvelle de Pierre Autin-Grenier présidée par un ange et ça se termine dans le labyrinthe de la philosophie... Mais c'est pour ça que j'adore ! 

mercredi, 08 janvier 2014

Le Cap Vert

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Le Cap Vert est un ensemble de plusieurs îles : nous étions sur celle de Sao Vincente… L'île de Césaria Evora dont la ville principale Mindello, est la seconde du Cap Vert… L'aéroport porte le nom de la Diva aux pieds nus, comme on l'appelait.

J'ai été assez étonnée par ma découverte de cette île : bien que située près du Sénégal elle est fort peu africaine et m'a fait plutôt penser à Cuba, avec les maisons de couleur de type coloniale. Pour le reste le paysage montagneux est très aride.

La population est particulièrement accueillante tout en étant réservée et discrète, pas du tout exubérante. Le  niveau d'instruction est  supérieur à celui des pays africains. Et ô merveille le français est beaucoup parlé, même dans la rue...

 

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Césaria Evora a popularisé "la morna", musique capverdienne très nostalgique. La chanson la plus connue est "Sodade".


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La maison de Césaria Evora à Mindello

mercredi, 01 janvier 2014

Bonne année 2014

Dimanche 1er janvier

Jour de l'an

Est-ce bien la brise légère qui fait trembler l'eau du lac, ou n'est-ce pas plutôt la vieille coque du voilier bleu, engravée du côté des ajoncs ? Cette soudaine éclaircie dans le sombre du jour, la doit-on au soleil qui perce le silence ou à l'arbre nu dont les branches mortes un instant s'écartent, pour discrètement faire place à un pays plus lumineux ? Et les cailloux blancs, sur le bord du chemin, qu'attendent-ils si patiemment qui ne soit fervente promesse de lointains voyages ?

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C'est à force de mépris pour toutes ces choses insignifiantes d'apparences que nous sombrons dans la folie de l'immédiatement efficace. Vivre requiert alors des tempêtes évidentes, des canicules féroces et des routes sans cailloux, vite tracées à travers plaines et montagnes. Au reste nous n'accordons un seul regard, pressés de l'inscrire au calendrier du temps perdu.

C'est à force de mépris que toutes  ces choses insignifiantes d'apparences que nous sombrons dans la folie de l'immédiatement efficace. Vivre requiert alors des tempêtes évidentes, des canicules féroces et des routes sans cailloux, vite tracées à travers plaines et montagnes. Au reste nous n'accordons un seul regard, pressés de l'inscrire au calendrier du temps perdu.

Au coeur de quelques-uns seulement, l'impérieuse nécessités des choses inutiles d'elle-même s'impose. Ils veillent ; soupèsent l'impondérable et protègent l'éphémère. Ils savent trop, au fond de leur désespoir tranquille, comment s'écroulerait soudainement le monde une fois supprimé tout ce qui ne sert à rien.

Pierre Autin-Grenier

 "Les Radis bleus" 

 

À l'ami PAG

plus particulièrement cette année

je souhaite Joie, Santé et Sérénité.

Avec toute la fidélité de mon amitié.

Mais aussi bonne année à tous...

samedi, 28 décembre 2013

Repos et rando...

Quelques jours, une semaine, au soleil au Cap-Vert, qu'il ne faut pas confondre avec Presqu'Île du Cap-vert. La presqu’île du Cap-Vert (appelée plus simplement le cap Vert à l'origine) est une presqu'île située dans l'océan Atlantique.

 

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Le Cap-Vert, officiellement la République de Cabo Verde2 (en portugais Cabo Verde et República de Cabo Verde), est un pays insulaire de l'océan Atlantique au large de l'AfriqueColonie portugaise à partir de 1456 (arrivée des premiers colons sur l'archipel alors inhabité), le pays accéda à l'indépendance en 1975. Il tire son nom du cap Vert. Le pays fait partie de la CEDEAO.

 

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Une semaine pour farnienter, bouquiner, marcher, dormir, rêver et refaire le monde car nous partons avec de vieux amis...

 

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vendredi, 27 décembre 2013

Pourquoi j'étais venue...

Mon blogue a sept ans et chaque jour je me culpabilise un peu plus de le laisser en friches.

J'y pense souvent, ce qui signifie que je pense souvent à vous et aux bons moments, aux grandes joies que je dois à chacun d'entre vous, à  tous ceux qui ont laissé leur trace.

Je préfère ne pas les -vous- énumérer pour n'oublier personne.

Il y a ceux qui continuent courageusement comme Choubine, Noelle,  Louis-Paul... ceux qui ont quitté la blogosphère et que j'ai beaucoup regrettés, et hélas ceux qui sont morts.

Pourquoi j'étais venue.

Mes premières notes, d'ailleurs supprimées, je les avais écrites dans la douleur et les larmes.

 Noël 2066 : mon fils aîné alors jeune trentenaire et déjà marié, fait ce que les spécialistes nomment une crise d'errance, en fait symptôme d'une maladie psychique. Il était parti trois jours sans qu'on sache où le trouver.

Il avait fallu passer Noël avec ça.

Depuis Noël a toujours pour moi un goût amer.

Le blogue a été un refuge et la communauté d'amis que j'y ai trouvés un soutien inestimable. À l'époque, j'étais seule, Roso travaillait au Havre. Je passais presque mes jours et une partie de mes nuits devant cet écran, dans une relation fusionnelle avec tous ceux que je croisais sur la terra incognita qu'était pour moi la blogosphère.

Terra incognita et terre de l'oubli. De l'oubli bienfaiteur.

Au fil des années l'état de mon fils s'est stabilisé après d'autres crises analogues. Il ne tient plus de propos délirants mais n'est pas en état de travailler.

Nous avons fait le deuil d'un "fils normal" : il a la chance d'avoir conservé son épouse qui est adorable. C'est un homme plutôt calme, passionné d'arts et d'archéologie mais complètement déconnecté de la réalité.

Roso a ensuite pris sa retraite.

J'ai trouvé une nouvelle vie avec de nombreuses activités qui me passionnent, mais aussi des déplacements nombreux dans la famille et tous les travaux qu'exige une maison quand on l'a laissée dans son jus pendant vingt-ans.

Voilà chers amis...

Un petit passage... pour dire pourquoi j'étais venue et pourquoi je suis souvent partie.

 

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jeudi, 28 mars 2013

La semaine sainte avec Frédéric Boyer

aut-boyer.jpgFrédéric Boyer est un écrivain pour lequel j'ai la plus grande admiration. Une écriture sublime associée à une culture d'une érudition impressionnante.

C'est un traducteur de textes anciens : je l'ai découvert grâce à sa traduction des "Confessions de Saint-Augustin", "Les Aveux". C'est un traducteur littéraire et on lui doit une très belle version du Roi Richard II de Shakespeare. 

Mais c'est aussi un superbe écrivain d'essais, de romans et de poèmes dont un recueil magnifique consacré aux Vaches, qui m'a beaucoup touchée en tant que fille d'un vétérinaire rural.

Enfin c'est un chrétien qui revisite le christianisme avec des perspectives vertigineuses.

Raison pour laquelle  je le présente jusqu'à Pâques.

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Des extraits d'un essai : "Sexy lamb". Le titre est emprunté à un vers d'un  poète américain, associé à la beat generation,  Allen Ginsberg

"The revolution of the sexy lamb." Voilà pour un penseur chrétien des fonds baptismaux inédits. 

Un livre aux croisées de la littérature, de 

la théologie et de l'Histoire.

 

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"Je fais une hypothèse. Il est possible que ce que nous appelons le christianisme ne soit d'abord qu'une formidable performance narrative. performance littéraire à partir de multiples greffes. Et créatrice de métamorphoses et de transformations atteignants les corps individuels et collectifs. Je devrais alors emprunter aux ressources du poème, de l'histoire, de la fiction, pour tenter de raconter le christianisme comme événement littéraire."