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mercredi, 01 août 2012

Hommage... à une héroïne de JO.

A Pierre Ulm et Maryse...

Cet hiver, nous avons eu l'occasion de nous envoler en Afrique du Sud en compagnie d'une partie de l'équipe de France de natation. Une partie seulement car il n'y avait ni Manaudou ni Lacour... C'était dans le gros porteur d'Airbus qui est en fait assez compartimenté, de sorte que, paradoxalement on se retrouve dans des espaces restreints. Camille Muffat était à quelques sièges de moi... Simple, discrète, effacée... J'avoue que je ne la connaissais pas, c'est Roso, grand lecteur de l'Equipe qui me l'a signalée... Je lui ai demandé un autographe (que j'ai perdu depuis) pour avoir l'occasion d'échanger quelques mots... Elle a rougi ! A la récupération des bagages nous étions à côté du grand Agniel, lui aussi très réservé. Nous leur avons souhaité bonne chance pour ces J.O. Aussi quelle n'a pas été notre déception en lisant la presse avant la compétition de natation  de n'y trouver que le nom de Manaudou... Deux pages complètes dans l'Equipe sur "l'ancienne" championne... Le manque de flair de ce journal spécialisé est assez ahurissant. 

Je ne suis pas  compétente mais j'ai le sentiment que Camille Muffat aura peut-être une carrière plus longue que Manaudou et qu'on en parlera autrement que comme d'une "people".

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mardi, 10 juillet 2012

Louis-Paul dans le passage...

Mon ami Louis-Paul est dans le passage...

Pour lui cet extrait de Montaigne.

 Le monde n’est qu’une branloire pérenne. Toutes choses y branlent sans cesse : la terre, les rochers du Caucase, les pyramides d’Egypte, et du branle public et du leur. La constance même n’est autre chose qu’un branle plus languissant. Je ne puis assurer mon objet. Il va trouble et chancelant, d’une ivresse naturelle. Je le prends en ce point, comme il est, en l’instant que je m’amuse à lui. Je ne peins pas l’être. Je peins le passage : non un passage d’âge en autre, ou, comme dit le peuple, de sept en sept ans, mais de jour en jour, de minute en minute. Il faut accommoder mon histoire à l’heure. Je pourrai tantôt changer, non de fortune seulement, mais aussi d’intention.

vendredi, 20 avril 2012

Rencontre inattendue...

Cet après-midi au centre de Lyon.

Arrêt devant l'ancienne  vitrine des Xanthines... La devanture aux couleurs éclatantes a été repeinte en gris : quelle tristesse ! Je pousse la porte ... deux bureaux tout aussi gris que l'encadrement de la vitrine  et je fais l'innocente : "qu'est devenu l'ancien bistrot ?" Une entreprise d'activité immobilière" madame. Rien ne l'indiquait en effet.

Je poursuis ma route... J'arrive Place Carnot, près de Perrache où une grosse averse me tombe dessus : je me précipite à la seule place libre en terrasse d'un bistrot et commande un café. À côté de moi, un monsieur très distingué est filmé par un cameraman... Je reconnais Jacques Cheminade, candidat à l'élection  présidentielle  de dimanche prochain... Je l'interpelle et nous buvons nos cafés en bavardant. Il est flanqué d'un gorille, debout, et accompagné de deux jeunes gens très sympathiques. On est loin de la campagne électorale agitée et vociférante ! Son programme ? Vous l'avez entre les mains... L'ennemi c'est la finance mondiale et, faute de la combattre efficacement, le futur président de la république ne pourra rien faire... À son avis, il faudrait créer une Union nationale contre les banques,  surtout contre la  City et Wall Street, avec des gens venant d' horizons politiques différents comme on l'a fait pour la Résistance en 1940.

La pluie s'est arrêtée...

Jacques Cheminade a quitté le bistrot  pour un meeting en plein air, rue de la République, car il n'a aucun moyen financier... Le jeune homme qui l'accompagnait m'avait assuré : "La politique, c'est comme le foot, il faut des sponsors..."

Je garderai le souvenir d'un  homme souriant et  très humain loin de la caricature qu'ont tendance à en donner les médias...

Mais je regrette de n'avoir pas eu le temps de lui poser cette question : pourquoi ne défend-il pas ses idées dans un parti existant ? Un homme d'expérience et compétent dans le domaine de la finance : pourquoi n'en fait-il pas profiter ceux qui ont la possibilité d'exercer le pouvoir ?

lundi, 12 mars 2012

Printemps des poètes : qu'est-ce que la poésie ?

Toujours de Jean-Pierre Lemaire, ce texte court et très touchant... Je n'ai pas osé le publier le 8 mars : journée de la femme oblige ! 

Pourtant, comment ne pas être émerveillé par cette simple image des grains de poussière dans un  rayon de soleil ?  Dans l'Antiquité déjà Démocrite semble y avoir été sensible ! 

La ménagère

Quand elle a fini de cirer les meubles

d'essuyer les vases, le dos des vieux livres,

elle s'assied la tête vide.

Les grains de lumière ont partout remplacé

les grains de poussière

mais qui verra la différence ?

Le soleil seul

la félicite.


Jean-Pierre Lemaire


Jeanmi, s'interroge et nous interroge, dans un récent commentaire, sur le lien entre qualité de l'écriture et notoriété de l'éditeur : vaste question à laquelle il suggère d'ailleurs sa réponse.

À MON TOUR DE VOUS INTERROGER  : QUELLE EST POUR VOUS LA VRAIE POÉSIE, CELLE QUE VOUS AVEZ VRAIMENT ENVIE DE LIRE ?


mercredi, 15 février 2012

Glace et chaleur...

Comme partout en France Lyon a été pris dans les glaces... La Saône gelée, pour moi c'était une première !

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Photo du Progrès

"Si c'est dans Le Progrès

c'est que c'est vrai"

comme dit Roso.

On peut aussi revivre aux Antilles la vie de Toussaint Louverture sur France 2. Le grand libérateur d'Haïti, première île à connaître l'abolition de l'esclavage. J'ai eu le plaisir de suivre le premier épisode en compagnie de ma belle-soeur, Geneviève, revenue d'Haïti  en France. Malgré les critiques qui lui ont été faites, le film est très proche de la vérité historique... Il a surtout le très grand mérite de faire découvrir un héros méconnu. Donc je retrouverai le second épisode ce soir.

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mercredi, 02 novembre 2011

Littérature et colonisation

C'est donc Alexis Jenni qui a obtenu le Goncourt pour "L'Art français de la guerre": mon opinion négative n'a pas changé pour autant... 

Ashab doit être content ...

Ce n'est pas mauvaise foi de ma part : d'ordinaire je n'évoque jamais les livres qui m'ont déplu.

Je vais essayer d'expliquer mon aversion, sans scrupules, puisque le monsieur aura plein d'éloges, d'acheteurs qui ne seront pas forcément des lecteurs, mais le bruit des sous n'a jamais empêché de dormir, surtout l'auteur d'un premier roman (publié).

L'histoire : un bobo lyonnais quadra, qui s'ennuie et traîne ses états d'âme, rencontre un vieil aquarelliste qui a fait les trois dernières guerres; la grande et les deux coloniales. Donc le récit alterne entre les problèmes de couple de notre malheureux quadra, épanchements  qui dégoulinent à n'en plus finir- en tant que narrateur il justifie d'ailleurs sans complexes son épandage sentimental-   et les aventures du guerrier Salagnon devenu un peintre du dimanche.

Cela pourrait être original et où est le problème ?

Pour moi il y a maldonne dans la distribution du vécu des personnages.

D'un côté le  narrateur bobo qui étale ses tripes -et même au sens propre, au cours d'un repas délirant où il sert des abats crus pour choquer la province- et de l'autre un soldat qui vit trois guerres, racontées à travers des actions, dans le genre archi- vu et revu, lu et relu mais  dont on ignore toutes les réactions face aux violences, aux tortures, à la mort qu'il a dû donner ou voir opérer...

Et qui finit sa vie tranquillement en peignant des aquarelles : vous y croyez vous ?

Ce qui m'aurait intéressée, c'est de lire ce qui était  dans la tête et dans le coeur de Salagnon le soldat...

mathieu-belezi-rentree-litteraire-flammarion.jpgD'autant que pour cette rentrée littéraire est justement paru un superbe roman sur la colonisation française en Algérie.

Je ne l'ai pas tout à fait terminé mais je le trouve magnifique.

"Les Vieux fous" de Mathieu Belezi.

J'avais déjà beaucoup aimé son ouvrage précédent "C'était notre terre", saga d'une famille de colons, racontée par des récits croisés entre les différents membres de la famille.

Dans "Les Vieux fous", il raconte un colon, qui est "le" colon. Belezi flirte avec l'irrationnel puisque son personnage barricadé  au moment de l'indépendance dans son immense domaine, des milliers d'hectares,  avec une poignée de légionnaires, a 145 ans...l'âge de l'Algérie française. Le personnage est un mythe. Il fait défiler tout son  passé colonial... La conquête par la force, les viols nombreux évoquent le viol de la terre, puis les visites des hommes politiques français de la quatrième république, qui viennent profiter, participer à ses festins et à ses gabegies, puisque c'était "notre terre". 

L'écriture de Belezi est tout simplement somptueuse : lyrique, poétique, fulgurante avec des intonations rabelaisiennes surtout dans la première partie, que je trouve particulièrement savoureuses.

Mais surtout, comme dans "Les Bienveillantes", on saisit l'intérieur, on découvre les racines... Du génocide ou de la colonisation pour Bélezy et les racines sont multiformes, s'enchevêtrent dans l'Histoire.

Donc il faut lire Bélezi plutôt que Jenni... 

La colonisation étant  à la mode en littérature, et pourquoi pas, concernant l'Indochine rien ne vaut Jean Hougron que j'ai déjà cité et dont je viens de terminer les cinq volumes de sa "Nuit indochinoise", primée par 'Académie française dans les années soixante.

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vendredi, 21 octobre 2011

Précarité

Décidément, c'est ma semaine des mots...

Jean Furtos est un psychiatre connu à Lyon, notamment pour son travail avec les SDF à l'hôpital psychiatrique du Vinatier. Il est le créateur de l'Observatoire national des pratiques en santé mentale et précarité à l'Université Lyon 1. En tant que tel il organise un congrès qui se tient actuellement : le congrès des Cinq continents où on travaille sur la relation entre mondialisation et pathologies mentales.

 

Grâce à lui j'ai découvert un autre sens au mot "précarité" que celui admis couramment.

"Si on se base sur l'étymologie, la précarité signifie avoir besoin des autres pour vivre. Nous sommes tous précaires, nous sommes tous des mammifères qui mettent plus longtemps à nous développer. La dépendance est évidente chez le bébé, le vieillard, le malade mais elle existe pour chacun de nous. Qu'êtes-vous sans les autres ? La déclaration de Lyon, que nous publierons le 22 octobre, rappellera cette différence entre la précarité positive et la précarité négative, engendrée par le néolibéralisme incontrôlé, dont les effets peuvent être aussi dramatique que la torture ou l'esclavage." Jean Furtos

Propos recueillis par Sylvie Montaron pour Le Progrès.