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vendredi, 04 février 2011

Hommage aux magistrats

Il existe à Lyon une association sans doute unique en France : le Conseil lyonnais pour le respect de Droits. Un de mes amis en fait partie et m'a  proposé récemment de l'accompagner au tribunal pour une séance de jugements en comparution immédiate.

J'ai été très impressionnée.

Impressionnée par la qualité professionnelle du travail de tous les intervenants du tribunal, que ce soit le président du tribunal ou le procureur général.

Fermeté et humanité, écoute et rigueur. On était là pour dire la Loi, la faire respecter mais en aucun cas enfoncer les accusés.

Mais j'ai pu comprendre les dysfonctionnements dont on accuse aujourd'hui les magistrats.

Tout d'abord la comparution immédiate n'est pas une justice expéditive : on prend son temps, on écoute, on travaille dans le respect.

D'autre part, il paraît évident que certaines affaires n'auraient pas dû venir encombrer un tribunal. La première audience s'est révélée être un conflit à l'intérieur d'un couple qui a été instrumentalisé.

Deux jeunes hommes-moins de trente ans- m'ont beaucoup étonnée. Des garçons qui auraient pu avoir été mes élèves, bien insérés socialement, comparaissant pour un délit semblable... par dépit amoureux, ils avaient commis du vandalisme. Le premier avait tenté de mettre le feu à la cage d'escalier dans l'immeuble où vivait celle qui l'avait quitté, et le second avait brûlé une voiture, à la sortie d'une boîte de nuit où son ex-amie avait refusé de revenir à lui.

Deux presque encore adolescents, auxquels on n'avait sans doute jamais dit non et qui entendaient peut-être  pour la première fois l'énoncé d'une règle de vie en société.

Oui les juges travaillent sérieusement et cela prend du temps.

ils traitent des affaires qui ne les concernent pas toujours et cela prend également du temps : cessons donc de mettre en cause leur professionnalisme.

 

 

mercredi, 26 janvier 2011

Kim En Joong, couleurs chaudes

"Comment fait-il pour marier aussi harmonieusement les couleurs foides et

les couleurs chaudes?"

Rony

 

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"C'est dans la vibration de la couleur que doit apparaître ce qui ne peut jamais être représenté."

Kim En Joong         

La réponse à la question de Rony se trouve dans le très beau livre que Christiane Keller a consacré à la basilique de Brioude, dont les vitraux sont l'oeuvre de Kim En Joong.

"Nous voici dans le vif du sujet : il n'y a pas de vérité transculturelle de la couleur (...) L'historien nous apprend que "l'opposition entre couleurs chaudes et couleurs froides est purement conventionnelle et fonctionne différemment selon les époques et les sociétés." Au Moyen-Âge, le bleu est une couleur chaude".

Puis Christiane Keller nous donne ses interprétations des couleurs de Kim En Joong.


"Le rouge

Voici une couleur dont la suprématie s'est imposée à l'Occident sans doute parce qu'elle est la couleur universelle du feu et du sang. (...) Du couchant rouge cuivré de sa nature natale au rouge argile de sa culture biblique, Kim En Joong n'esquive pas le sens qu'offre la racine hébraïque du rouge : rouge naissance relié à l'universel principe de vie. Ce rouge déjà présent dans les grottes paléolithiques et néolithiques. Il est encore celui de la mer Rouge, féminin symbolique du ventre maternel où passer de la mort à la vie, de la servitude à la liberté."

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Le bleu.

"Le bleu était absent de l'Antiquité et de la Bible, il fut longtemps une couleur de second plan en Occident. Couleur céleste la plus immatérielle et la plus profonde, la plus froide et la plus pure des couleurs, hors le blanc neutre, il attire vers l'infini. Très discret jusqu'à l'époque carolingienne, il va triompher à partir du XIIème siècle où la quête de la couleur et celle de la lumière vont devenir indissociables. Le bleu de Chartres où Kim En joong perçoit aujourd'hui encore comme un avant-goût du ciel".

 

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Le jaune

"Le jaune en revanche ne disputera jamais au bleu ses profondeurs. Pourquoi le jaune, valorisé dans les cultures non européennes, est-il la couleur la moins aimée en Occident ? Le XIIème siècle l'abandonnera, concurrencée par l'or."

 

Le vert

"Si Kim En Joong le lie directement à la nature... il remonte là à quelques références universelles. Comme le rouge l'est pour le feu et le sang, la lumière pour le blanc, et le noir pour la nuit, la couleur verte est celle de la végétation. (...) Couleur médiane, non violente, paisible dans les traditions romaines, médiévales et pour Goethe tout comme pour les théologiens qui ont codifié les couleurs liturgiques."

 

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Je ne sais Rony si cela répond à ta question

mais c'est ainsi que Chritiane Keller analyse les couleurs

des vitraux

de la basilique Saint-Julien

à Brioude.

Et comme je sais qu'elle connaît bien l'artiste...

Pour ma part je n'ai pas de  compétences ni en peinture ni en Histoire de l'art mais il me semble que ces vitraux non figuratifs sont un lien avec l'invisible, l'indicible, le mystère...

 

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vendredi, 21 janvier 2011

Passage vers un décodage utile...

Passage vers le blogue de Romain, élu lyonnais...

Depuis dimanche, d’aucuns voudraient faire accroire que le Front National a changé, qu’il est désormais rangé des panzers, que la peste blonde a chassé la brune, que nous aurions droit désormais à une version light de Jean-Marie, la gégène en moins, un œil en plus. Par parenthèses, quelle idée tordue d’affubler sa fille du prénom de « Marine » quand on a perdu son propre père en mer, éparpillé par petits bouts, façon puzzle, en taquinant de trop près les colliers de perles de la Kriegsmarine.

 Forcément, du côté hitlérophile de la force, on a sombré dans le déclinisme et on s’indigne déjà de la dérive gauchiste du parti, on crie à l’affadissement des fondamentaux : la fillasse s’est bien gardée des vilénies antisémites, des calembours-sturmfürher et des galéjades nauséeuses de papa.

 Et dans un élan médiatique qui n’est pas sans évoquer celui des ovins sur la route de l’estive, on nous rebat les oreilles avec une prétendue normalisation du Front National, l’avènement d’une extrême droite à visage humain, faisant de Marine Le Pen l’âme repentie des outrances coutumières de son géniteur.

 Et pendant que Marine joue à « Miss Nationale », on a le sentiment que peu nombreux sont les journalistes à l’interroger sur autre chose que son propre plan de communication, la dédiabolisation en sautoir. Peu nombreux semblent être ceux qui interrogent Marine Le Pen sur autre chose que les sujets qu’elle affectionne, masquant de fait l’indigence éclatante et l’opportunisme racoleur de sa pensée économique et sociale, la démagogie atroce qui exsude de ses déclarations

 Sans faire dans l’atavisme de comptoir, le casque d’or de la bien nommée laisse entrevoir de belles mèches brunâtres desquelles se dégagent ce fumet si caractéristique des andouillettes victimes d’une rupture de la chaine du froid.

 Au FN, on a changé la vitrine, on a repeint la façade. Mais l’arrière-boutique est la même. Les fondations idéologiques sont faites du même terreau putride, raciste, antisémite et négationniste dans lequel se vautre l’extrême droite depuis toujours. Elle est l’héritière de son père et jusqu’à preuve du contraire, elle a accepté cet héritage intégralement, sans renonciation, du « détail » à « Durafour crématoire », de la cave au grenier.

 Et à sauter à pieds joints dans le piège d'une prétendue normalisation, nous nous préparons à devoir subir encore une fois les derniers outrages d'un second tour douloureux.

Stéphane Nivet

jeudi, 23 décembre 2010

L'importance du Verbe...

51CPrxDCm7L._SL500_AA300_.jpg"Parle à ceux que tu n'aimes pas..."

c'est le précepte d'un linguiste qu'il justifie ainsi.

Selon Alain Bentolila,

la violence des cités vient de leur langage... qui n'est pas langue.

"La question est celle du langage des cités, que certains qualifient de langues (ils ne reculent devant rien). Je leur réponds que ces langues fonctionnent sur 8 à 10 fois moins de mots que celles que nous utilisons de façon générale. Ces langues de ghettos sociaux ne fonctionnent que dans le ghetto. Elles interdisent à ceux qui les parlent d'en sortir, de confronter leurs idées, d'aller les exposer à l'extérieur. Lorsqu'on en sort, on prend des risques considérables, soit d'être manipulé, soit de sombrer dans la violence, parce que la langue n'est plus là pour faire tampon.

"Parle à ceux que tu n'aimes pas", pour moi c'est la finalité du langage.

Il n'est pas fait pour parler à quelqu'un qui me ressemble, mais à quelqu'un qui est différent de moi. Avec ceux qu'on aime, on a moins besoin de langage, parce que la communion prend le pas sur la communication. Seule la distance nous impose un langage précis, fort, exigeant. La Langue est le dernier recours."

Noël, c'est le Verbe qui s'est fait chair...

Nous qui sommes dans le langage virtuel, souvenons-nous du langage incarné... où je suis peut-être trop restée ces derniers temps, d'où mon éclipse sur la toile...

Bon Noël à vous tous, fête du langage vrai...

mercredi, 20 octobre 2010

Chine, le retour...

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Il y a deux ans, à sa parution, j'avais présenté le livre consacré à une amie franco-chinoise qui avait vécu la page dramatique de la Révolution maoïste provoquant son retour en France. "Tu serais morte si tu étais restée" lui avaient dit ses amis à l'occasion de son dernier voyage.

 

Premier professeur de chinois à l'Université de Lyon, Danièle - Née poussière étant son prénom chinois- a consacré sa vie à son travail et à ses parents. Chrétienne très croyante elle était également très investie dans sa paroisse de Villeurbanne. À sa retraite elle avait beaucoup travaillé pour le fonds chinois de la bibliothèque municipale de Lyon qui est, je le rappelle, un des plus importants du monde.

Mais depuis 1995, année de la mort de sa mère, elle avait du mal, malgré ses nombreux amis et  activités passionnantes, à trouver la vraie paix intérieure.

Elle avait toujours le sentiment d'avoir trahi la Chine en l'abandonnant. Elle se sentait une chinoise et déracinée.

Il y a quelques jours, un message m'a appris qu'elle était partie dans le Fujian où elle a encore des amis. Au moins pour l'hiver, car cette région bénéficie d'un climat très agréable.

Peut-être pour le restant de ses jours : qui sait...

L'écriture de sa biographie l'aura certainement aidée à prendre cette décision : une boucle est bouclée comme on dit familièrement.

À 83 ans, Danièle, née poussière, amorce un retour vers les lieux de sa naissance. Un retour dont ses parents auraient rêvé...

Le Fujian est une région que j'ai toujours désiré visiter...Célèbre pour sa douceur de vivre... Si Danièle s'y installe, ce sera peut-être l'occasion...

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vendredi, 15 octobre 2010

Un aquarelliste lyonnais...

(Actuellement je suis plus ou moins en panne d'informatique, l'alimentation de notre boîte ADSL faisant quelques caprices...)

Ma nouvelle bannière, mise en oeuvre par Doume, est composée de ponts lyonnais, peints par un artiste dont j'ai fait la connaissance récemment, devant rédiger un article à son sujet.

 Claudius Pralus, est un charmant vieux monsieur,  aquarelliste très connu à Lyon où il est né, à La Guillotière. Un vrai gone.

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Il peint depuis soixante ans. Pour le plaisir bien sûr car pour le métier, il faut aller chercher du côté des TPE, entreprise dans laquelle il a fait carrière. Pourtant même du point de vue professionnel,  il dit avoir toujours dessiné, dans le travail, comme pour le plaisir.

« Pour ma génération, reconnaît-il, il n’était pas question d’envisager des études aux Beaux-Arts, c’était mal vu. »

Passionné de montagne et habitué de Champagny en Vanoise où il passe ses vacances depuis plusieurs décennies, il a animé dans ce village un groupe de peintres auxquels il donnait des cours. « J’aurais aimé enseigner » avoue-t-il. Il a d’ailleurs terminé sa carrière dans la formation, Au Bureau des temps élémentaires, BTE.

(Le Bureau des temps élémentaires (BTE) est une association interprofessionnelle pour l'étude du travail. Elle a pris son origine en 1938 au sein du CNOF (Comité national de l'organisation française). Elle s'en détache en 1942 pour devenir une association loi 1901. Le sujet principal de cette association est l'étude du travail, et en particulier les temps, les méthodes et l'ordonnancement.)

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 Puis il est devenu secrétaire de la Société des aquarellistes lyonnais, pendant dix ans.

Pourquoi cette prédilection pour l’aquarelle ? L’aquarelle ? on va plus vite, on a moins besoin de matériel, on se déplace facilement. Il aime pourtant la peinture à l’huile.

cristal Pralus.jpgMais l’aquarelle, c’est la lumière et … l’eau, thème de prédilection de l’artiste. Son travail actuel porte sur les cristaux de neige et de glace que le peintre traque avec ses pinceaux, rêvant qu’ils se livrent complètement à lui.

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« La neige, les cristaux de glace m'obsèdent. C'est l'image de la transfiguration éphémère et éternelle. En l'occurrence, je suis un peu pêcheur de lune! Mais je poursuis. »

 

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Son site mérite une visite

belle promenade dans Lyon

avec le regard d'un artiste.

 

 

 

mardi, 28 septembre 2010

Chambéry, capitale des rebelles...

Aujourd'hui, passage à Chambéry, chez les rebelles savoyards...

Un documentaire, des rencontres et des tables rondes autour du thème de la résistance, c’est le retour du festival Paroles rebelles à Chambéry. De quoi apprendre comment prendre le maquis ?

Jeudi 30 septembre, la 6ème édition du festival Paroles Rebelles, dont La Voix vous donne aujourd’hui le programme, va s’ouvrir à Chambéry avec la projection de Walter, retour en résistance. Un film qui avait beaucoup fait parler à sa sortie, notamment parce qu’il avait mis Bernard Accoyer hors de lui. On saisit cette occasion pour aller déterrer une chronique enthousiaste sur le docu de Gilles Perret, parue au printemps dernier dans le magazine Technikart et signée de la main de Nico Santolaria, notre collaborateur from Paname. C’est que ce film avait séduit jusqu’à la Bastille. Alors, à tous ceux qui ont l’esprit rebelle et souhaitent maintenant passer à l’acte, et si vous vous faisiez une dernière toile… avant de prendre le maquis ?

Pour en savoir plus, c'est sur "La voix des Allobroges".