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dimanche, 15 août 2010

15 août

En Haute-Savoie, et plus particulièrement dans le Chablais, le 15 août est une fête toujours célébrée. Fêtes de village et feux d'artifice un peu partout.

Curieusement ce jour-là, en ce qui concerne le temps, c'est tout ou rien.

Chaleur accablante qui vous écrase certains étés... Le vin blanc, les bouteilles de Bourgogne et les grillades...Les guêpes s'agglutinent sur les tartes aux prunes. On sirote le café sous le poirier sans avoir la force de se lever pour faire la vaisselle.

Ou alors l'été nous joue des tours. Pluie et froid d'automne. Les nuages traînent dans les vallées, les sommets disparaissent dans la brume. On allume la cheminée...

C'était le scénario de cette année : vivement l'année prochaine.

mercredi, 11 août 2010

Savoie : la fin d'un mythe

Le foot reprend...et je reviens à mon blogue. Trouvez le lien de cause à effet !

J'avais le projet d'évoquer mon voyage en Turquie mais un sujet, pour moi d'actualité, m'a récemment titillé l'esprit.

Lecture du Dauphiné à l'occasion de mon dernier séjour à Allinges (Haute-Savoie). Deux articles sur la FIN des "cols rouges". Les manutentionnaires de l'Hôtel des Ventes de Drouot ont été pris la main dans le sac ! Malversations, détournements d'oeuvres d'art. Fini le monopole. La confrérie des "cols rouges" est interdite et la manutention de Drouot soumise à un appel d'offres.

Selon Antoine Chandelier, éditorialiste du quotidien savoyard, les "cols rouges" participaient à un mythe : celui du Savoyard courageux, endurant et ... honnête. Miroir dans lequel nous aimons nous regarder.

"C’est justement en 1860 que Napoléon III avait octroyé aux valeureux émigrés savoyards de la capitale, réputés durs au mal, le monopole du transport et de la manutention des œuvres qui s’échangent au célèbre Hôtel des ventes.

Au même titre que les écaillers mauriennais ou le petit ramoneur, les “cols rouges” de Drouot, en référence à la couleur du col qui ceint leur vareuse, complétaient l’image d’Epinal du bon petit Savoyard qui se lève tôt. Depuis 150 ans, la confrérie régnait en maître. "

"Les cols rouges", c'était une fierté pour les Savoyards. Ma mère qui est moitié savoyarde, moitié parisienne, ne manquait pas une occasion de les visiter quand elle voulait connaître les pièces intéressantes avant une vente. "C'est très difficile d'en faire partie" me disait-elle, "non seulement il faut être savoyard mais leur sélection est sévère". J'avais le sentiment que leur confrérie constituait une élite... comme quoi un jour toute élite se ...délite.

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jeudi, 29 juillet 2010

Il ne sera pas dit...

La honte au front je constate que je n'ai jamais laissé passer autant de temps sans écrire sur ce blogue.

Les occupations familiales sont nombreuses et envahissantes : l'esprit est peu disponible d'autant que des vieux neurones sont plus lents à entrer en activité. Mais il ne sera pas dit que je laisserai juillet se terminer sans une note...

Des textes sont prêts ou presque... un sur mes impressions sur la Turquie par exemplemais j'ai encore quelques déplacements prévus, avant le retour au clavier. Donc je vous laisse sur une impression du moment.

Hier, je suis allée voir une amie professeur d'espagnol qui m'a appris l'origine du film magnifique de Carlos Saura, "Cria Cuervos".

Il s'agit d'un proverbe espagnol, que, m'a-t-elle dit, elle répétait à ses enfants :

« Cría cuervos y verás cómo te sacan los ojos » qui signifie « Nourris/Élève des corbeaux et tu verras comment ils t'arracheront les yeux ».

De l'ingratitude des enfants...Plus ou moins grande... Les parents me comprendront...

Mais c'est l'occasion de réécouter...

jeudi, 10 juin 2010

Ma coupe du monde...

Je ne ragarderai pas les matchs mais j'écouterai cet hymne de l'Afrique du Sud chaque fois que j'en aurai l'occasion. Je réédite une note écrite pour la coupe du monde de rugby.

Les grandes rencontres sportives, comme la coupe du monde, sont l'occasion d'entendre des hymnes du monde entier.
Il en est un qui m'émeut plus que les autres, c'est celui d'Afrique du Sud que j'ai entendu dans des circonstances très particulières.
En 1989, je suis allée à Johannesburg : c'était encore l'apartheid pourtant la libération de Nelson Mandela était imminente. L'un de mes beaux-frères avaient créé une Alliance Française à Soweto, la township célèbre où Mandela avait vécu.
La première strophe de l'actuel hymne national de l'Afrique du Sud

"Nkosi sikelel 'iAfrica"

c'est là que je l'ai entendue. A l'époque, ce chant était interdit car il était l'hymne de  la lutte contre l'apartheid. Le seul endroit où on avait le droit de le chanter c'était dans les églises, en tant que cantique religieux :

"Que Dieu bénisse l'Afrique...
Que Dieu entende nos prières et nous bénisse, nous ses enfants d'Afrique."


C'était à l'occasion d'une messe dans une paroisse catholique tenue par un prêtre français, Emmanuel Laffont.
Les gens chantaient, soit la main sur le coeur, soit le poing levé. Très émouvant. Le texte a été composé au XIXème siècle par deux poètes, l'un Khosa (ethnie de Mandela) et l'autre soutou. Il a été chanté la première fois à l'occasion de l'ordination d'un pasteur.

L'actuel hymne sud-africain comporte ces deux strophes africaines, puis une strophe en africaans (ethnie des blancs d'origine hollandaise) et une en Anglais.


Ecoutez cet hymne avec recueillement : il signifie tant de choses.Il pourrait devenir l'hymne de tout le continent.

Que Dieu bénisse l'Afrique :
Elle en a tellement besoin.



 

 

 

Un drapeau multicolore pour un pays pluri-linguiste.

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Paroles officielles Sens des paroles en français

Nkosi Sikelel' iAfrika
Xhosa
Nkosi sikelel' iAfrika
Maluphakanyisw' uphondo lwayo,


Zoulou
Yizwa imithandazo yethu,
Nkosi sikelela, thina lusapho lwayo.


Sotho
Morena boloka setjhaba sa heso,
O fedise dintwa le matshwenyeho,
O se boloke, O se boloke setjhaba sa heso,
Setjhaba sa South Afrika - South Afrika.


Die Stem van Suid Afrika
Afrikaans
Uit die blou van onse hemel,
Uit die diepte van ons see,
Oor ons ewige gebergtes,
Waar die kranse antwoord gee,


Anglais (nouvelle adaptation)
Sounds the call to come together,
And united we shall stand,
Let us live and strive for freedom,
In South Africa our land.

Nkosi Sikelel' iAfrika (Dieu sauve l'Afrique)
Xhosa
Que Dieu bénisse l'Afrique,
Puisse sa corne s'élever vers les cieux,

Zoulou
Que Dieu entende nos prières
Et nous bénisse, nous ses enfants d'Afrique.

Sotho
Que Dieu bénisse notre nation,
Et qu'il supprime toute guerre et toute souffrance,
Préservez, préservez notre nation,
Préservez notre nation sud-africaine, l'Afrique du Sud.

Die Stem (L'Appel de l'Afrique du Sud)
Afrikaans
Résonnant depuis nos cieux d'azur,
Et nos mers profondes,
Au-delà de nos monts éternels
Où rebondit l'écho.

Anglais
Retentit l'appel à l'unité,
Et c'est unis que nous serons,
Vivons et luttons pour que la liberté triomphe
En Afrique du Sud, notre nation.

mardi, 08 juin 2010

Le temps...

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L'encombrement actuel de ma vie ne m'empêche pas de lire même si je ne relate pas toutes mes découvertes actuelles. Une fois de plus je mesure l'intérêt du livre en tant qu'objet qui se glisse dans les interstices de notre existenece ce qui n'est pas le cas de l'ordinateur... En tout cas pour moi.

À ce jour,  je fais un retour à la littérature chinoise qui reste ma préférence...41oO3Gcv8YL._SL500_AA300_.jpg

Après le dernier ouvrage De Yan Lianke, "Songeant à mon père", je dévorerai sans nulle doute le dernier roman Shan Sa "La cithare nue" puis celui de  Qiu Xiaolong "Les courants fourbes du lac Tai".

Yan Lianke était à Lyon pour les Assises du Roman... auxquelles cette année je n'ai pas pu assister...

Cette petite phrase comme mise en bouche, plus particulièrement dédiée à Rony qui écrit beaucoup sur le temps.

"Le temps passe irrévocablement, le vaisseau solitaire du passé progresse au fil de l'eau, et les événements de ma jeunesse sont comme un faucon au maître disparu qui se dresse à la proue du navire." Yan Lianke

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dimanche, 30 mai 2010

Être dedans, être dehors

Obligations, contraintes, occupations : autant de raisons d'être extérieur à la blogosphère. Mais aussi ce constat... Quand on est "dedans", on y circule en oubliant le temps, voire parfois le monde extérieur, le monde réel. Espace clos où on se se déplace à loisir, évasion souvent. Quand on est "dehors"...on finit par ce demander ce qu'on faisait dedans... Décrocher de ce qui s'y passe... Considérer son blogue comme dérisoire et sans intérêt.

J'ai toujours eu des difficultés avec les entrées et le sorties, même dans la vraie vie.

Mais bien sûr à nouveau je pousserai la porte...

samedi, 08 mai 2010

La Rose blanche

Hier j'ai eu l'occasion de participer à une très belle cérémonie. Magnifique même. Au départ, je m'y suis rendue par amitié pour une de mes voisines, France, dont le frère Résistant, mort en déportation quelques mois avant la Libération, était honoré par le dévoilement d'une plaque commémorative.

C'est dans notre quartier qu'une résidence universitaire portera le nom de Jean Meygret, décédé à Dora à vingt-six ans. Mort d'épuisement car les prisonniers y travaillaient dans une usine souterraine.

La mairie du cinquième arrondissement de Lyon avait organisé une cérémonie riche en signification. Lieu symbolique : il s'agit de la reconversion d'un ancien hôpital lyonnais situé sur la colline de Fourvière, l'Antiquaille. Un des bâtiments devient  résidence universitaire pour des doctorants. Lieu particulièrement indiqué pour porter le nom d'un Résistant, marqué par la présence de   Saint-Pothin, martyr chrétien, lieu  dont se sont évadés des Résistants aussi connus que Raymond Aubrac.

Les organisateurs avaient eu l'excellente initiative d'associer écoles et lycées du quartier. Ils ont ainsi livré des messages préparés avec leurs enseignants.

hans-et-sophie-scholl-christoph-probst.jpgCelui qui m'a le plus impressionnée a été celui des élèves du lycée Jean Moulin, situé juste à côté et ce n'est peut-être pas un hasard.

Le professeur d'histoire qui les avait encadrés et avec lequel j'ai échangé après la cérémonie, avait fait le choix d'orienter ses lycéennes vers un mouvement de jeunes résistants allemands du groupe de la Rose blanche.

Nous connaissons mal la Résistance allemande au nazisme.


"Le groupe de résistance La Rose Blanche fut fondé au printemps 1942, à l'université de Munich, par Hans Scholl et Alexander Schmorell.

Les jeunes étudiants refusaient d'accepter le totalitarisme dans lequel avait sombré l'Allemagne, et voulaient sauvegarder leur indépendance d'esprit face au "nihilisme intellectuel" que représentait le nazisme. Ils parlèrent de la situation politique avec Kurt Huber, professeur à l'université de Munich, réputé pour ses cours de philosophie qui impressionnaient et influençaient beaucoup les étudiants. Kurt Huber les encouragea à résister et devint le mentor de la Rose Blanche.

Révoltés par  la dictature hitlérienne et les souffrances causées par la guerre, les étudiants se décidèrent à agir pendant l'été 1942. Hans Scholl et Alexander Schmorell rédigèrent les quatre premiers tracts ; ils les envoyèrent par la poste de la fin du mois de juin à la mi-juillet à des destinataires soigneusement choisis à Munich, principalement des intellectuels. Les étudiants se référèrent dans leurs tracts à d'éminents penseurs et écrivains comme Schiller, Goethe, Novalis, mais aussi Lao Tseu, Aristote, et citèrent également la Bible"

Les étudiants furent arrêtés et guillotinés en 1943. Le groupe était décapité.

Un sacrifice qui peut paraître inutile aux yeux de l'Histoire dont il n'a pas infléchi le cours. Sacrifice très important pourtant pour les jeunes allemands d'aujourd'hui car ils  peuvent  regarder leur passé avec plus de sérénité. Important également pour les jeunes européens d'aujourd'hui qui peuvent se dire que, même sous l'emprise du Mal, il est toujours possible de résister à la barbarie.

Merci au lycée Jean Moulin pour ce travail de mémoire.

C'est aux étudiants de la Rose blanche que je pense aujourd'hui pour le soixante-cinquième anniversaire de la Libération.