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vendredi, 25 avril 2008

En avril j'aurais dû...

Je termine la lecture d'un gros pavé romanesque passionnant dont je parlerai sans doute prochainement. L'action se déroule sur une année...entre 1913 et 1914.

Un petit extrait m'a plongée dans le doute...

 "...la maison était comme une ruche, avril étant le mois du grand ménage de printemps.(...) Il s'agissait de tirer dehors toutes les literies, de donner au matelassier celles dont la laine nécessitait un cardage, qu'il était venu checher en charrette, et les autres de les laisser s'aérer au soleil sur des tréteaux. Aussi les tapis et les rideaux décrochés, tendus sur les cordes, qu'on battait au balai de toute leur poussière d'hiver, et ceux de mousseline blanchis à l'eau  bleue, qui gonflaient au vent du verger.  Et dedans, il fallait  poncer, encaustiquer de cire fraîche les planchers et les meubles, raviver les miroirs, laver les marbres à la brosse ; nettoyer et fermer les cheminées qu'aucune cendre ne salirait plus jusqu'à l'automne; et encore inspecter les penderies, les ravages des mites ou des souris, renouveler les boules de naphtaline jusque dans les armoires."

Très, très lointains souvenirs. 

Et je me dis : voilà ce que j'aurais dû faire ce mois d'avril au lieu de

  • parcourir les blogues
  • plonger dans mes bouquins
  • batifoler dans la prairie de Bruno 
  • flâner en ville et passer à la librairie d'Aschab
  • prendre des leçons de grammaire avec Choubine
  • déjeuner avec mes copines
  • pousser ma petite-fille sur la balançoire
  • faire des gâteaux
  • ferrailler pour la Chine
  • rêver
  • buller
  • traîner sous la douche

Et vous ?

Vous le faites le ménage de printemps ? 

jeudi, 24 avril 2008

Les bons comptes font les bons amis

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J'ai reçu pour une nuit, une jeune femme venue passer à Lyon un concours dans la fonction publique.

Elle m'a été envoyée par le  réseau SAM qui permet aux demandeurs d'emploi d'être hébergés bénévolement, évitant une dépense que beaucoup d'entre eux ne pourraient pas se permettre. Pour le faible dérangement d'un repas et d'une paire de draps à laver, on peut aider quelqu'un à retrouver du travail. On peut aussi leur apporter un soutien pour lutter contre le stress de l'entretien d'embauche ou du concours. Avec cette jeune femme, historienne de formation, nous avons regardé le film de Moati sur Mitterrand à Vichy.

Mon invitée est actuellement bénéficiaire du RMI, après des années d'emplois précaires, elle avait pu recevoir une formation de grande qualité, préparant aux concours, dispensée par le Conseil général de son département.  Impossible pour elle de payer un hôtel d'autant qu'elle se déplace dans différentes villes de France.

Echangeant avec elle  sur sa situation, j'ai réalisé que tous les titulaires du RMI ne sont pas pris en compte dans les statistiques du chômage. Et pourtant combien sont-ils ?

De même que ceux qui travaillent à temps partiel.

Donc, quand on vous donne les statistiques du chômage, "foutage de gueule" comme dirait Aliscan. 

vendredi, 18 avril 2008

D'une île à l'autre

Il avait écrit un livre sur Toussaint Louverture.

C'était un ami d'André Breton.

Aimé Césaire

 

 

 

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Extrait de "Cahier d'un retour au pays natal" (1937) 


ô lumière amicale
ô fraîche source de la lumière
ceux qui n'ont inventé ni la poudre ni la boussole
ceux qui n'ont jamais su dompter la vapeur ni l'électricité
ceux qui n'ont exploré ni les mers ni le ciel
mais ceux sans qui la terre ne serait pas la terre
gibbosité d'autant plus bienfaisante que la terre déserte
davantage la terre
silo où se préserve et mûrit ce que la terre a de plus terre
ma négritude n'est pas une pierre, sa surdité ruée contre la clameur du jour
ma négritude n'est pas une taie d'eau morte sur l'œil mort de la terre
ma négritude n'est ni une tour ni une cathédrale

elle plonge dans la chair rouge du sol

elle plonge dans la chair ardente du ciel
elle troue l'accablement opaque de sa droite patience.

Eia pour le Kaïlcédrat  royal !

Eia pour ceux qui n'ont jamais rien inventé
pour ceux qui n'ont jamais rien exploré
pour ceux qui n'ont jamais rien dompté

mais ils s'abandonnent, saisis, à l'essence de toute chose
ignorants des surfaces mais saisis par le mouvement de toute chose
insoucieux de dompter, mais jouant le jeu du monde
véritablement les fils aînés du monde
poreux à tous les souffles du monde
aire fraternelle de tous les souffles du monde
lit sans drain de toutes les eaux du monde
étincelle du feu sacré du monde
chair de la chair du monde palpitant du mouvement même du monde !
Tiède petit matin de vertus ancestrales

Sang ! Sang ! tout notre sang ému par le cœur mâle du soleil
ceux qui savent la féminité de la lune au corps d'huile
l'exaltation réconciliée de l'antilope et de l'étoile
ceux dont la survie chemine en la germination de l'herbe !
Eia parfait cercle du monde et close concordance !

Écoutez le monde blanc

horriblement las de son effort immense
ses articulations rebelles craquer sous les étoiles dures
ses raideurs d'acier bleu transperçant la chair mystique
écoute ses victoires proditoires trompeter ses défaites
écoute aux alibis grandioses son piètre trébuchement
Pitié pour nos vainqueurs omniscients et naïfs !

 

Un autre très beau texte chez Noelle.

Mais c'est surtout l'homme politique que j'admire : avec son départ une page se tourne, celle des vraies convictions et des vrais engagements. 

jeudi, 17 avril 2008

Le Résistant et les Haïtiens

Il y a deux semaines, nous avons reçu, au musée de la Résistance de Lyon, un groupe de lycéens haïtiens. Mon ami Georges, ancien Résistant, qui fut déporté à Mauthausen et témoigne dans les lycées, a de nouveau été mis à contribution.

Ces lycéens sont en classe de Première au lycée français Alexandre Dumas de Port-au-Prince, bien sûr des privilégiés. Dans ce lycée où se côtoient aujourd'hui descendants d'esclaves et descendants d'esclavagistes, le professeur d'Histoire organise chaque année un voyage sur les lieux de Mémoire, de l'esclavage, mais aussi, thème de cette année, de la dernière guerre mondiale.

Ainsi le groupe arrivait du fort du Joux, dans le Doubs, où est mort Toussaint Louverture, le grand héros haïtien libérateur. Auparavant les lycéens avaient visité Auschwitz.

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Ce musée  est situé dans les murs où le sinistre Barbie, chef de la Gestapo lyonnaise, torturait les Résistants , dont Jean Moulin. On y projette un film avec des extraits de son procès, constitué des dépositions de témoins faites à la barre. C'est particulièrement dur et émouvant, impossible ou presque de voir ce film sans pleurer. Pour ma part je l'ai regardé une fois et serais incapable de le revoir. Ce sont donc des adolescents très bouleversés que nous avons retrouvés après la séance. Notre "jeune homme" de 89 ans a détendu l'atmosphère en racontant  sa vie dans la Résistance et en concentration. Il est toujours très pudique sur les souffrances endurées se concentrant essentiellement sur ce qui l'a aidé à survivre.

 Il a même fait sourire les jeunes avec des anecdotes comme celle du vélo volé.

Quand il est entré dans la Résistance, on a exigé de Georges qu'il ait un vélo. Ne sachant comment s'en procurer un, il l'a volé à un soldat allemand sur les conseils d'un ami. Ainsi toute son activité de résistant, écourtée par son arestation, s'est faite avec un vélo de l'armée allemande.

 On a terminé par une séance de photos, notre Georges ayant, malgré son âge, toujours plaisir à se trouver en compagnie de jolies filles.

 

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Le groupe poursuivait sa route sur Nantes, la ville qui a eu le courage d'assumer son passé esclavagiste. L'an dernier, une élève a dit à l'un de ses professeurs : "j'espère ne pas retrouver le nom de ma famille", dans la liste des noms d'esclavagistes.

Les jeunes Haïtiens  sont rentrés chez eux pour  être confrontés aux émeutes de la faim, la pire des atteintes aux Droits de l'Homme. Le lycée français est fermé.

vendredi, 04 avril 2008

Hommage à Blachon

 

 

 

1282419221.jpgJ'avais pris l'habitude, au fil des ans, de regarder son dessin humoristique à la dernière page de l'Équipe magazine que mon mari lit chaque semaine. Un dessin au graphisme très soigné, plein d'humour mais aussi de poésie et de tendresse. Il lui arrivait de tourner les sportifs en dérision mais aussi  leurs admirateurs.

Puis un jour ses dessins ont disparu.

Je ne me suis pas trop posé de questions, j'ai juste cessé d'ouvrir l'Équipe magazine.

 

Hier soir j'ai appris qu'il était mort à 66 ans.

Il  avait  été professeur de dessin et  illustré des livres pour enfants dont cet album que mes enfants aimaient beaucoup.589636995.jpg

mardi, 25 mars 2008

Crève-coeur

Aujourd'hui je vais être obligée de supprimer le lien d'un blogue ami.

C'est un crève-coeur car c'est celui d'un poète, le seul blogue de poésie que je fréquentais car différent de tous ceux que j'ai pu rencontrer jusqu'à ce jour.

Un poète loin de la mièvrerie comme de l'écriture dite automatique ou apparentée. 

Une poésie travaillée, musicale et fluide, sans métaphores vides et inutiles.

Hommage à Aliscan qui s'en va.

J'aimais aussi sa thématique sur le temps, sa sensibilité à l'enfance

-dans ce domaine heureusement il nous reste Bruno-

la sobriété et l'élégance de sa présentation.

Je le regrette, mais je comprends le sentiment d'usure et de lassitude.

Le départ d'Aliscan pour moi renouvelle cette question :

pourquoi bloguons-nous ? 

Pour qui ?

Et pourquoi cessons-nous de le faire ? 

jeudi, 06 mars 2008

Jouons...

Il y a quelques semaines, Laurence m'a taguée sur son blogue pour m'inviter à un jeu dont voici la règle.

" Dans ce jeu très simple et pas évident en pratique, il faut écrire dans son prochain article, 7 choses sur soi, bien sûr et secrètes évidemment ! Mais ce n'est pas tout! On doit ensuite recopier la règle du jeu, puis laisser à la fin de l'article les noms de 7 blogueurs et les prévenir du tag ainsi commis."

C'était une période plutôt de blues et comme je n'aime pas trop les jeux j'ai eu du mal à me décider. Mais j'aime bien Laurence alors c'est fait !

1- Je suis d'une distraction maladive. C'était le grand sujet de plaisanterie en salle des profs même si je n'ai, en fait, jamais perdu une seule copie d'élève.
Un exemple : à l'occasion de mon premier voyage en Mauritanie, j'ai décidé d'ôter des vêtements à l'arrivée à Nouakchott. J'ai oublié sur le siège de l'avion ma pochette avec passeport, argent et billet de retour. Bien sûr je m'en suis aperçue au contrôle de l'arrivée. Comme c'est un petit aéroport, j'ai couru comme une malade sur le tarmac, sous les yeux ébahis de tout le monde et dans l'avion j'ai tout retrouvé.
Il m'est arrivé aussi de mettre un chèque à la poubelle sauvé in extremis.

2-Je suis plutôt désordonnée, pas dans ma tête, car je ne perds jamais rien. C'est ainsi que je compense les problèmes liés au point 1

3- J'ai l'art de procurer à mon mari des excuses plausibles pour les "pocs" que je fais sur la voiture, même quand on voit les traces de la peinture du portail. Mais il n'est sans doute pas dupe.

4- Quand je suis seule j'adore lire en mangeant.

5- J'ai des rites pour me coucher, comme les enfants, mais je n'irai pas jusqu'à dire lesquels. Pourtant j'aime dormir !

6- Je déteste la voiture, j'adore le train et les gares ferrovières.

7- Mon blogue a eu un article dans les pages Lyon de Marie-Claire avec une belle photo d'Anne-Sophie Zicka. il soulignait que j'étais atypique dans la blogosphère lyonnaise, dont le blogueur-type est un homme de moins de 40 ans et très branché informatique. Voilà pourquoi je regrette de ne pas rencontrer plus de Lyonnais sur les blogues.

Et maintenant, qui taguer ?

Alors là ! Choix difficile ! Car il y a certains blogues que j'aime beaucoup mais dont les auteur(e)s risqueraient de ne pas apprécier ce genre d'amusement et n'auraient pas envie de participer.
J'espère que les tagués accepteront de jouer le jeu sans m'en vouloir !

Je propose :
Stéphane, Choubine, Bruno des Lucioles, Fanchon, Rony, Noelle, Louis-Paul.